NOUVEAUX MONUMENTS SACRES DE LA SYRIE ROMAINE
PAR
ERNEST WILL
(PL V-VI)
Les trouvailles occasionnelles, non moins que les fouilles méthodiques, viennent enrichir notre connaissance de la vie religieuse dans la Syrie romaine : l'exposé qui suit est consacré à la publication de quelques monuments découverts au cours des deux années qui viennent de s'écouler; les uns appartiennent à un culte local, celui de Jupiter Dolichenus; les autres à la religion impériale de Mithra (1).
Les stèles dolichéniennes de Khaltan. — De Khaltan, dans la vallée de l'Afrin, à 20 kilomètres de la localité du même nom, proviennent deux stèles portant l'image d'un dieu et d'une déesse (pi. V). Les figures sont sculptées chacune sur un bloc de basalte noir, au sommet vaguement arrondi, sur la face antérieure duquel elles se détachent en léger relief; le revers et les côtés sont restés frustes. Les dimensions très voisines des deux pièces (2), le mouvement des personnages tournés l'un vers l'autre, le lieu de la découverte ne permettent pas de doute sur l'union des deux monuments. La matière insolite dans laquelle ils sont exécutés, le basalte noir, n'est pas inconnue en Syrie du
(x) Je tiens à exprimer à cette place mes plus vifs remerciements à M. Selim Abdul Hak, Directeur du Service des Antiquités de Syrie, et à M. Soubhi Saouaf du Musée d'Alep pour les facilités qu'ils m'ont procurées dans l'étude de ces monuments ainsi que pour les renseignements fournis et les documents photographiques mis à ma disposition.
<2) Les stèles ont été transférées au Musée
d'Alep. Stèle du dieu, hauteur : 1 mètre; largeur : 0 m. 60; épaisseur : 0 m. 60; stèle de la déesse, hauteur : 1 mètre; largeur : 0 m. 75; épaisseur : 0 m. 24. La conservation de ces deux monuments est pratiquement parfaite (seul le nez de la déesse est brisé, accident dû probablement à la chute de la stèle) ; ils sont couverts de taches blanchâtres provenant sans doute d'un contact prolongé avec le sol calcaire.


















