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Henri Laoust. — Le Traité de droit public d'Ibn Taimïya.

[compte-rendu]

Année 1950 27-1 pp. 174-175
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SYRIA

noir mort en 1226, enfin un Tombeau anonyme.

R. D.

Henri Laoust. — Le Traité de droit public d'Ibn Taimïya. Traduction annotée de la Siyâsa sar%iya. (Institut français de Damas). Un vol. in-8° de xlviii et 223 pages. Beyrouth, 1948.

Cet important travail n'intéressera pas seulement les jurisconsultes, mais aussi tous ceux qui portent attention à l'histoire politique et culturelle de l'Islam. M. Henri Laoust est un spécialiste de l'œuvre d'Ibn Taimïya. C'est lui qui a fixé en 693/1294 la première manifestation de l'auteur dans la vie politique, à la veille de l'avènement du sultan Katbogha. Il place entre 709 et 712 de l'hégire la composition du traité qu'il vient de traduire et dont le titre exact est : « Traité de politique juridique (as-siyâsa ash-sharHyà) pour la réforme du berger et de son troupeau. »

Ibn Taimïya n'a pas usé ici de sa polémique ardente; mais son projet est ambitieux, car il s'agit de « promouvoir, en exprimant l'opinion que sa conscience et son expérience lui dictent, une réforme générale de la communauté et de l'État. Les critiques que la Siyâsa formule portent sur tout le fonctionnement du régime des premiers Mara- louks : exercice des fonctions publiques, régime fiscal et régime pénal, rapport de l'État et de la religion, gihad, problèmes minoritaires, application du droit privé, mode de participation des sujets à la vie de l'État, etc.. Les allusions à peine voilées qu'on y rencontre

presque à chaque page devaient prendre, pour les contemporains, une acuité d'autant plus vive qu'elles évoquaient des faits dont le souvenir est aujourd'hui en grande partie perdu et mettaient en cause des personnages connus W. » Son objectif est de restaurer la loi révélée (sharïa) en faisant pénétrer les principales dispositions dans la politique (siyâsa) de l'État.

Ibn Taimïya appartenait à l'école dogmatique et juridique connue sous le nom de Hanbalisme. L'école han- balite de Syrie-Palestine a jeté un éclat particulier avec Ibn Taimïya qui fut associé en 687/1297 à l'expédition de la Petite Arménie, en qualité de légiste et de propagandiste. De 699 à 702, lors des invasions de la Syrie par les Mongols, il devint « l'un des chefs les plus actifs du parti de la résistance, il dénonça avec énergie la foi suspecte des envahisseurs mongols avec lesquels de nombreux Damascains, et non des moindres se sentaient prêts à pactiser W ». Il participa aussi en 699/1300 aux expéditions qui devaient mettre fin à l'indépendance du Kesrawàn.

Ibn Taimïya a combattu le Kharid- jisme démocratique et égalitaire; il a repoussé le légitimisme idéaliste des chi'ites et l'obéissance totale à l'imam, en ce que ce dernier usurpait ainsi les fonctions du prophète. Mais il ne se prive pas non plus de critiquer les doctrines classiques du califat unique et universel. En réalité, M. Laoust estime qu'au cours de ses discussions, Ibn Taimïya a repensé sa formation tradition-

(x) Laoust, op. cit., p. xn. (2) Ibid., p. xxvi.

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