DEUX MONUMENTS DES CULTES SOLAIRES
PAR M. FRANZ CUMONT
Nous devons à d'aimables prévenances de M. Henri Seyrig de pouvoir publier ici deux monuments intéressants, récemment découverts en Syrie et qui sont entrés au Musée de Damas. Avec une libéralité scientifique dont nous nous plaisons à le remercier, il nous en a transmis successivement l'année dernière les photographies en nous invitant à les commenter. L'un de ces monuments est un bas-relief votif, l'autre une épitaphe, mais nous les réunissons ici parce qu'ils apportent chacun une preuve nouvelle de la puissance du culte du Soleil, qui à l'époque romaine absorbe ou domine tous les autres dieux en Orient.
I. — Bas-relief mithriaque d'Arsha-wa-Qibar.
Les monuments mithriaques découverts en Syrie sont jusqu'ici très peu nombreux et tous de date tardive. Lorsque, à la fin du siècle dernier, je m'occupai de les réunir, je ne pus recueillir de preuves de la présence du dieu perse que sur la côte de Phénicie, où il paraît avoir été introduit sous l'empire romain par les marchands : le beau mithréum de Sidon, dont les marbres, datés de 188 ap. J.-C, ont passé dans la collection De Clercq (1) ; une inscription des environs de Tortose, où le nom de Mithra a été restitué avec vraisemblance par Kenan, et qui est de Tan 208 (2>. Pour Antioche, on ne pouvait citer que le témoignage douteux d'une légende hagiographique (3). Les noms de Mithrès ou de Mithradate, portés par des Syriens, étaient des indices encore moins sûrs(4).
La découverte que fit connaître Butler, en 1916, d'un bas-relief de Mithra
(*) De Ridder, Marbres de la collection De (3) Confession de Saint Cyprien. Cf. Mon.
Clercq, 1906, p. 52 ss. Myst. Mithra, II, p. 54.
(2) Renan, Mission de Phénicie, p. 103. Cf. (♦) Cf. Mon. Myst. Mithra, I, p. 242, n. 2.
mes Mon. Myst. de Mithra, II, inscr. n° 5.
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