Notes sur le De motu tractatus de Michel Varro
Ni Duhem, ni Dugas, ni Mach n'ont noté l'apparition de Michel Varro, à la fin du xvie siècle, dans la famille des esprits à laquelle appartiennent Benedetti, Stevin, Cardan. A l'occasion, Whewell, Rosenberger, Wohlwill ou A. Koyré ont indiqué quelques aspects de l'œuvre de ce mécanicien dont l'importance historique n'a pas été très grande. A vrai dire, nous ne savons pas quelle a été sa portée exacte, il faudrait remonter à des sources très sûres, manuscrits et œuvres inédites, retracer une biographie dont nous ne possédons aucun indice marquant. Par cette voie, l'érudition et l'histoire pourraient éventuellement projeter de nouvelles lumières sur le xvie siècle, époque de transition dont nous connaissons mieux les sources et l'aboutissement que le cheminement propre. Non pas pour découvrir des précurseurs, toutes les époques et tous les grands esprits en ont, mais pour analyser d'une manière satisfaisante ce qui constitue une caractéristique essentielle de ce siècle : la naissance de ce qu'on pourrait appeler l'esprit « archi- médien ». Dans cette perspective, Varro, n'étant pas un penseur de l'envergure de Stevin ou de Cardan, représente un exemple privilégié ; il nous est en effet possible d'étudier, à travers le seul ouvrage qu'il ait laissé, la conception d'un mécanicien « à l'aube de la science classique ». On constatera, à cette occasion, que certains principes auxquels on s'efforce de donner un nom ou dont on cherche à fixer la date précise d'apparition font souvent partie du fonds commun d'une époque ou s'intègrent dans un mode courant de réflexion sur les questions essentielles de la science.
Propos d'un ouvrage et histoire d'un esprit
Le De motu tractatus a été achevé le 6e jour des calendes de juin 1584 et imprimé la même année chez Jacobi Stoer à Genève. Il est dédié à Carolus, Baron Azerotin, seigneur de Brindisi. Michel

















