Gisèle MATHIEU-CASTELLANI, Emblèmes de la mort. Le dialogue de l'image et du texte, Paris, Nizet 1988, 1 vol. de 167 p. et 18 illustrations.
Le but de cette étude est double : élucider les relations du texte et de l'image dans un certain nombre de recueils et, en même temps, préciser ce que peut être l'idéologie ou plutôt l'imaginaire de la mort au XVIème siècle.
En reprenant les théories de Ménétrier et les préfaces des différents recueils, Gisèle Mathieu établit d'abord les similitudes et les différences entre les genres voisins, hiéroglyphes (Horus Apollon), blasons (Holbein/Vauzelles), emblèmes proprement dits (Alciat, La Perrière, Corrozet, Scève), icônes (Ripa) auxquels elle ajoute les planches anatomiques de Vesale, les Douze fables de Pontus de Tyard et un traité de Ménétrier Des décorations funèbres (1683). Ceci lui permet d'élargir la notion d'emblème qui a déjà été souvent étudiée et d'analyser, avec une extrême précision, les variations du rapport entre l'image et les textes (inscriptions et épigrammes ou même inscriptions, quatrains, récits en vers). Dans les Douze fables de Pontus de Tyard, l'image est remplacée par une description de peintures à la manière de Philostrate. Récit, description, tous deux en prose sont complétés par un sonnet.
Dans les emblèmes proprement dits, la relation entre les trois éléments inscription, image et épigramme est rarement simple. Tantôt c'est l'inscription qui ne s'explique que par l'épigramme, tantôt c'est l'image. Il peut y avoir contradiction apparente entre l'inscription et l'image que l'épigramme s'efforce de réduire.
Souvent l'image déborde le texte. Certains signes, par exemple deux dauphins entourant une tête de Méduse sur le tombeau d'une jeune morte, ne sont pas expliqués dans les premières éditions des emblèmes d' Alciat, de là, ce qu'a négligé Gisèle Mathieu, à la fin du XVIème siècle (édition de 1601) un commentaire érudit qui multiplie les références à des textes anciens et nous explique que le dauphin ami de l'homme signifie l'amitié et la tête de Méduse la mort.

















