Le Sinaï iiioiitacfiie de feu dans un désert de ténèbres
Le désert où nous transportent les deux séries de topo- nymes sinaïtiques, ceux du pèlerinage et ceux des pérégrinations des Hébreux de l'exode, diffère complètement des autres déserts connus des anciens Israélites1. Sa singularité est extrême. On n'en aperçoit pas d'emblée le rapport avec les allusions de l'Ancien Testament au paysage sinaïtique, parce que ces allusions sont dispersées et peu explicites, et que plusieurs sont contenues dans des textes qui sont restés incompris. Mais, si l'on entreprend de les regrouper et de procéder à une comparaison systématique entre le cadre géographique des localisations et les traits descriptifs que l'on relève dans les textes, l'identité des deux paysages devient manifeste. La région délimitée grâce aux toponymes est bien celle qui a inspiré les évocations littéraires du Sinaï, de son site, des déserts qui l'environnent et des manifestations théo- phaniques dont il a été le théâtre. A la convergence des deux itinéraires s'ajoute la convergence de la tradition toponymique et de la tradition littéraire : cette dernière jonction confirme à la fois la localisation et l'homogénéité des indices descriptifs et théophaniques dispersés dans les textes.
La caractéristique la plus importante de ce paysage, tel qu'il transparaît à travers les allusions littéraires de l'Ancien Testament, est, sans contredit, l'activité volcanique à l'époque
1) Voir l'analyse des toponymes en rapport avec la région du Sinaï et les deux itinéraires du pèlerinage et des pérégrinations nomades, dans Itinéraires sinaï- tiques en Arabie,, Revue dt :V Ilisloire, des lieli'jinns, 1%-t. Carte dans La localisation du Sinaï et les traditions des scribes, '2e partie, Пегие ďllisloire et de Philosophie religieuse*, НИИ, р. '«10.4.

















