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L'encre et le sang. Récits de crimes et société à la Belle Époque (Dominique Kalifa)

[compte-rendu]

Fait partie d'un numéro thématique : Les usages d'internet

Tsikounas Myriam. L'encre et le sang. Récits de crimes et société à la Belle Époque (Dominique Kalifa). In: Réseaux, volume 14, n°77, 1996. Les usages d'internet. pp. 196-198.

www.persee.fr/doc/reso_0751-7971_1996_num_14_77_3747

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Dans ce gros livre, issu d'une thèse, Dominique Kalifa se fixe pour objectif d'étudier, dans une perspective historique et non « linguistique ou anthropologique », les différents récits de crimes racontés aux Français à la Belle Époque. Pour parler autrement, il ne tente pas de traquer, dans les faits divers, les romans, les chansons ď apaches ou les films policiers diffusés durant la période, des invariants, des « structures figées », mais des modulations au gré des bouleversements socio-politiques et culturels.

L'auteur s'intéresse d'abord à la production de ces œuvres et nous convainc, statistiques à l'appui, de « l'irrésistible essor du crime » au tournant du siècle. Il nous explique comment, pour enrayer la baisse des tirages, toute la presse, à la seule exception des journaux libertaires, se laisse emporter par la tornade, dans un mouvement régulier et continu. Il nous expose la façon dont, à partir de 1910, les affaires criminelles, qui n'épargnent pas même les publications enfantines, s'auto- nomisent dans des feuilles spécialisées puis dans des collections populaires. Dominique Kalifa examine ensuite les trames narratives et nous démontre que celles-ci, sous l'influence du « policier » ď outre-Manche et relativement à l'évolution des reporters, glissent subrepticement de la description sauvage et pittoresque du meurtre - héritière des Canards - à l'enquête méthodique et raisonnée. Il nous dit pourquoi le détective, incarnation moderne de l'aventurier, vole la vedette à l'assassin et à la victime. Dans un troisième chapitre, l'auteur brosse le portrait de ces journalistes en quête de sensationnel - au besoin inventé -, que le roman ou le cinématographe naissant vont métamorphoser en Rouletabille et autre Fandor. Il souligne l'hétérogénéité de cette profession, presque exclusivement masculine, qui va des piètres correspondants locaux aux brillants « tribunaliers », juristes de formation. Au terme de cette analyse extrinsèque : des échotiers, des colonnes de plus en plus nombreuses dont ils disposent..., Dominique Kalifa entre de plain-pied dans le récit pour en planter le décor et en suivre les antihéros dont les mobiles restent généralement ignorés. L'action se situe essentiellement en France, le plus souvent dans les faubourgs parisiens, à moins qu'elle ne s'enferme dans un château provincial comme dans Arsène Lupin. Le tueur d'enfant, le jeune Apache fainéant, le nomade et l'ouvrier d'origine étrangère se partagent la scène, trahissant les craintes, les obsessions et les dénis de l'époque : l'attention croissante portée aux petits, la peur de l'adolescence criminelle, le refus de s'interroger sur les causes profondes de la délinquance. . .

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