Jacques JOUANNA
LE VIN ET LA MÉDECINE DANS LA GRÈCE ANCIENNE
Pour effacer le chagrin de la disparition d'êtres chers, Hélène verse dans le cratère où l'on puisait à boire un remède ingénieux provenant d'Egypte, pays des médecins les plus savants du monde qui descendent de Péon, le médecin des dieux. Ce passage de YOdyssée (IV, v. 219 sqq.), qui offre la première attestation dans la littérature grecque d'un médicament contre la douleur de l'âme, est fort connu. Mais, ce qui est moins connu, c'est la lecture qu'en a faite un médecin grec qui se situe entre Hippo- crate et Galien, Rufus d'Ephèse (ier siècle après J.-C), dans un exposé sur le vin conservé par Oribase l :
«Je loue le vin en vue de la santé plus que toute autre chose; mais celui qui en boit a besoin de sagesse, s'il ne veut pas subir quelque mal irrémédiable ; car le vin peut développer la chaleur, remplir le corps de force, et digérer les aliments dans toutes leurs parties; et il
(1) Oribase, Coll. Med. V, 7, 1-2 (éd. Raeder I, 126, 26-33).
REG tome 109 (1996J2). 410-434.


















