Liège, 1986 ; un vol. in-8°, 269 p. (Bulletin de la Société Royale des Sciences de Liège. Tome 55, fasc. 1). - À l'occasion du tricentenaire de la mort de R.-F. de Sluse, le Comité qui porte son nom a organisé un colloque dont R. Halleux (Liège), dans l'introduction des Actes, relate la genèse. Afin de mieux cerner la personnalité et les activités du savant liégeois, une riche documentation inédite — archives locales, correspondances, manuscrits scientifiques — a été exploitée. Les interventions ont été regroupées autour de quatre thèmes : Les Sluse à Liège, Sluse et l'Europe, l'œuvre mathématique, un homme curieux de tout
Quatre dates marquent la carrière ecclésiastique de Sluse : en 1651, il est élu chanoine tréfoncier de Saint-Lambert et, quatre ans plus tard, directeur du même chapitre ; en 1673, on le nomme abbé d'Amay et, en 1676, vice-prévôt de la cathédrale. Parallèlement, il occupe à Liège plusieurs charges civiles et judiciaires : en 1659, il prend le titre de conseiller privé du prince-évêque et exerce, dès lors, la fonction de ministre d'État ; enfin, sept ans plus tard, il devient conseiller ordinaire, c'est-à-dire membre du tribunal d'appel de tous les jugements rendus en matière civile par les Êchevins, les cours féodale et allodiale de Liège.
J. Knaepen (Visé) suit tout d'abord l'ascension de la famille Sluse et retrace l'histoire de son patrimoine. Si, en règle générale, l'évolution d'une société et le développement de sa culture paraissent liés, E. Hélin (Liège) explique pourtant qu'à Liège, la sclérose du milieu intellectuel fut peu proprice à l'épanouissement des trois frères Sluse, qu'il s'agisse de René-François, le savant, mais aussi de Jean-Gautier, le cardinal (1628-1687) et de Pierre- Louis, le baron mécène (vers 1635-1710).
Les correspondances restent une source privilégiée pour l'histoire intellectuelle. En 1674, Sluse fut élu membre de la Royal Society de Londres dont, pendant quinze ans, Henry Oldenburg (vers 1618-1677) fut secrétaire. A. R. et M. Hall (Londres) consacrent une intéressante communication aux rapports scientifiques entre les deux hommes. Construites sur une amitié de jeunesse, les relations épistolaires de Sluse avec Peter Lambeck (1628-1680) ont un caractère beaucoup plus intime. Ce dernier devint successivement professeur d'histoire à Hambourg, historiographe de l'empereur Leopold Ier et conservateur de la bibliothèque de Vienne. Leurs missives donnent des informations sur le séjour de Sluse à Rome entre 1642 et 1650. Elles permettent aussi — et c'est ce qui en fait tout l'intérêt aux yeux d'A. Kleinen (Hambourg) — d'observer à la loupe l'existence quotidienne de deux savants du dix-septième siècle. À l'inverse, Sluse et Pascal ne se sont jamais rencontrés ; d'ailleurs, les lettres qu'ils ont échangées ne sont guère nombreuses : elles couvrent la période qui va de l'automne 1657 au printemps 1660. Du point de vue de l'historien des idées et de celui de l'historien des sciences, J. Mesnard (Paris) et KL Hara (Osaka) étudient, à tour de rôle, les temps forts de cette correspondance.
Logiquement, la plus grande partie du colloque devait être consacrée à la contribution de Sluse aux mathématiques de son temps. Deux exposés encadrent ce chapitre. Pour commencer, P. Butzer et A. Schaffrath (Aix-la-chapelle) donnent un aperçu de l'histoire des mathématiques entre le neuvième et le dix -septième siècle dans le territoire de l'actuelle

















