Retour au fascicule

Pieltain (Paul). Le Cimetière marin de Paul Valéry. Essai d'explication et commentaire. Structure, mouvement et moyens d'expression de poème. Critique des interprétations

[compte-rendu]

Walzer P. O. Pieltain (Paul). Le Cimetière marin de Paul Valéry. Essai d'explication et commentaire. Structure, mouvement et moyens d'expression de poème. Critique des interprétations. In: Revue belge de philologie et d'histoire, tome 60, fasc. 3, 1982. Langues et littératures modernes — Moderne taal- en letterkunde. pp. 712-714.

www.persee.fr/doc/rbph_0035-0818_1982_num_60_3_5874_t1_0712_0000_2

doc-ctrl/global/pdfdoc-ctrl/global/pdf
doc-ctrl/global/textdoc-ctrl/global/text doc-ctrl/global/imagedoc-ctrl/global/image doc-ctrl/global/zoom-indoc-ctrl/global/zoom-in doc-ctrl/global/zoom-outdoc-ctrl/global/zoom-out doc-ctrl/global/bookmarkdoc-ctrl/global/bookmark doc-ctrl/global/resetdoc-ctrl/global/reset
doc-ctrl/page/rotate-ccwdoc-ctrl/page/rotate-ccw doc-ctrl/page/rotate-cwdoc-ctrl/page/rotate-cw
Page

. Bruxelles, Palais des Académies, 1975. - L'explication classique du Cimetière marin, professée par Gustave Cohen en 1933, comptait en tout 60 pages de modeste format. Il en aut 324 de grand in-8° à M. Paul Pieltain pour faire aujourd'hui le tour du même sujet. On n'arrête pas le progrès. On peut rêver du temps où le Cimetière sera publié dans un gros in-folio, chaque vers étant disposé au centre de la page, toute la place restante étant occupée par une glose perpétuelle en caractères minuscules, comme les versets de l'Ecriture dans les manuscrits d'exégèse du xive siècle.

Pour Gustave Cohen, un poème comme le Cimetière marin est une construction de formes verbales et mythiques derrière lesquelles se cache la pensée de l'auteur, sa philosophie de la vie. Le rôle du glossateur sera donc de traduire les formes, d'éclairer les images et les recherches rythmiques ou sonores pour aboutir à en donner en clair le résidu conceptuel. Ainsi procédait l'ancienne critique, et les épigones de Cohen ne purent guère qu'apporter des corrections de détail à son schéma critique directeur, lequel avait d'ailleurs reçu l'aval du poète lui-même (... «le contentement de voir que les intentions et les expressions d'un poème réputé fort obscur étaient ici parfaitement entendues et exposées»).

Mais cette bénédiction, qui est peut-être un peu de complaisance, ne doit pas nous faire oublier que Valéry a affirmé cent fois que le poème est son et sens, et que le sens ne doit pas offusquer le son. Expliquer un poème c'est le détruire. La critique plus récente prétendra donc éclairer essentiellement la genèse formelle du poème, ce à quoi l'encourageaient bien des déclarations explicites de Valéry lui-même : «Je n'ai pas voulu dire mais voulu faire et ... ce fut l'intention de faire qui a voulu ce que j'ai dit». Voilà qui devrait engager à considérer le poème comme une simple création formelle, née de l'invitation d'un rythme, ou d'un mot.

Entre les deux voies, M. Pieltain choisit une voie mitoyenne non révolutionnaire et, ce faisant, il reste fidèle, peut-on penser, à la poétique de l'auteur de Charmes, qui a utilisé maintes fois la distinction entre fond et forme. S'il s'attaque au Cimetière marin, c'est que le poème, entouré de l'admiration universelle, lui apparaît avec raison comme un des monuments de notre poésie, et l'un des plus complets - encore qu'il le trouve «moins valéryen que Ra Jeune Parque», ce qui est bien un peu paradoxal. Après avoir retracé les grandes lignes de l'histoire du poème, rappelé qu'il est né d'une incitation rythmique, que

doc-ctrl/page/rotate-ccwdoc-ctrl/page/rotate-ccw doc-ctrl/page/rotate-cwdoc-ctrl/page/rotate-cw
doc-ctrl/page/rotate-ccwdoc-ctrl/page/rotate-ccw doc-ctrl/page/rotate-cwdoc-ctrl/page/rotate-cw