• Wanda Bannour, Les nihilistes russes. Un vol. 21,5 x 14 de 451 pp. Paris, Éditions Anthropos, 1978. Prix: 90 FF.
Alain Besançon, Les origines intellectuelles du léninisme (Archives des sciences sociales). Un vol. 23 x 15 de 328 pp. Paris, Calmann-Lévy, 1977. Prix: 59 FF.
H. A. Schwarz-Liebermann von Wahlendorf, Positions internationales de la Russie soviétique. Tradition et idéologie. Un vol. 22,5 x 13,5 de 312 pp. Paris, Librairie des Cinq Continents, 1977. Prix: 54 FF.
Ces trois ouvrages étudient le phénomène soviétique et plus profondément l'âme russe. Il est en ce domaine relativement facile de constater des résultats, tout en essayant d'en rechercher les causes et d'en analyser les multiples conditionnements, dévoilés par la sociologie, la théorie politique, l'histoire de la pensée et l'histoire tout court. «Qu'en est-il de nos hommes nouveaux? En a-t-on fini avec le mythe du bonheur, l'idéologie du couple, la pureté du révolutionnaire?», telle est la thèse générale, chaque auteur se plaçant à un point de vue personnel.
A. Besançon donne à Lénine deux modèles, les nihilistes Tchernichewski et Tkatchev. Plutôt que des Encyclopédistes, de Hegel et de Marx, dont il conserve certainement beaucoup de traces, le matérialisme dialectique de Lénine, si l'on considère sa structure et son fonctionnement, se rapproche des multiples gnosticismes connus depuis Mané jusqu'à l'illuminisme du xvine siècle et du romantisme. La gnose est un mode de pensée intermédiaire entre la science et la religion, qui surgit comme un pullulement de systèmes dans un climat monothéiste. L'A. en met à jour les traits généraux: révolte interne contre le mal emboîtée avec la rédemption du monde, qui se développent dans un appareil de


















