Éléonore VRILLON
106 selon les types identifiés dans ce travail, une certaine variation des établissements concernés. Par exemple, le MOOC «spécialisé intensif » est plutôt le fait d’acteurs «classiques » de l’enseignement supérieur : les universités, grandes écoles et écoles. Ce MOOC propose ce qui semble être une formation à part entière pour novices, sans mener à la délivrance d’attestation, signe potentiel de la prévalence et de la défense des diplômes académiques. Le MOOC «spécialisé intermédiaire spécialiste » est, quant à lui, produit par d’autres types d’établissements et des instituts de recherche, faisant ainsi pénétrer dans le champ de la formation des acteurs jusque-là plus marginaux, qui participent ainsi à la délivrance de nouvelles formes de certifications, concurrentes à celles préexistantes. L’engagement dans les MOOC pourrait ainsi se comprendre en termes de positionnement défensif ou offensif dans le champ des institutions de production des savoirs «légitimes » pour reprendre l’expression du sociologue Pierre Bourdieu (1979). On peut aussi supposer que ces formes typiques sont à saisir au prisme du registre d''engagement et de positionnement des établissements dans le phénomène MOOC. En effet, hétérogène, la prise de décision de production d’un MOOC semble relever de stratégies et d’enjeux variables selon la nature des établissements concernés (Hollands et Tirthali, 2014). Bien qu’elle soit peu étudiée en tant que telle jusqu’à présent, nous pouvons supposer que la production de MOOC entre dans des registres de justifications variables. Pour certains, elle s''apparenterait à un investissement stratégique de mise en visibilité de l’établissement sur un marché éducatif concurrentiel (Ospina-Delgado et al., 2016), faisant alors du MOOC un véritable outil de markéting, d’appel d''offre, un support communicationnel de recrutement (Davis et al., 2014). Le MOOC serait alors utilisé comme une «vitrine » des savoir-faire ou champ d''excellence de l''établissement en question. Pour d’autres, la création de MOOC pourrait relever d’un investissement moins clairement défini. En dehors d’un positionnement volontaire stratégique et compétitif, la production d’un MOOC pourrait tout autant s''apparenter à un effet de mode, à une production qui prendrait son sens en creux par le souhait de ne pas «manquer le train en marche » . Enfin, il faut souligner que l’articulation des MOOC dans l’offre de formations préexistantes des établissements relève elle aussi de situations variables. Certains, à l’image des Mines Télécom, intègrent les MOOC dans les cursus institués de leur école, menant à l’hybridation progressive des parcours formatifs. D’autres séparent tout à fait cette production de
