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Éléonore VRILLON

104 l’informatique, comparativement aux domaines plus généraux que recouvrent les Sciences et Technologies et les SHS. Il semble ainsi proposer une offre de formation à part entière, qu’elle soit professionnelle ou initiale, pour des publics déjà diplômés, alors que le second type de MOOC «profane » , en s’adressant au grand public, sans nécessiter de prérequis ou d’investissement temporel élevé, produit par des universités et touchant au domaine des SHS, parait davantage s’inscrire dans une démarche plus large de vulgarisation scientifique, d’accessibilité et de diffusion de la connaissance. Si le MOOC «profane » semble satisfaire un certain idéal de diffusion et d’accessibilité de la connaissance tel qu’il avait pu accompagner le développement du phénomène MOOC, le MOOC «spécialiste » parait répondre à des besoins plus spécifiques en matière de formation. La mise au jour des types de MOOC spécialisés et généraux par la seconde dimension invite à penser que le MOOC «généraliste d’approfondissement » semble davantage pensé comme un support à la poursuite de l’apprentissage dans un domaine général déjà connu. Dans cette logique d’approfondissement, il mènerait plus volontiers à la délivrance de formes de reconnaissance, alors que l’on peut supposer que le MOOC spécialisé introductif s’insère davantage dans une logique de découverte d’un domaine où l’apprenant n’a pas de connaissances. Ne menant pas à l’obtention d’attestation, on peut penser qu’il serait un support efficace à l’orientation des individus dans leur parcours formatif. Nous postulons que, de son côté, le MOOC «spécialisé exploratoire » , en présentant un contenu disciplinaire spécialisé sans pour autant nécessiter beaucoup de temps ni mener à une certification, tend à être mobilisé en renfort d’autres ressources formatives. Ce MOOC serait alors une ressource complémentaire, alors que l’on peut penser que le MOOC «spécialisé intermédiaire » serait, quant à lui, un moyen de développer des compétences préalablement acquises par l’individu, d’où l’importance de la possibilité d’obtenir une certification. Le MOOC «spécialisé intensif » , sans délivrer de certificat, semble être une ressource à part entière de formation. En s’adressant au grand public, sur un temps long, et demandant un investissement important, ce MOOC semble être une véritable ressource de formation non formelle visant l’acquisition de connaissances pointues pour des néophytes. Enfin, on peut supposer que le MOOC «spécialisé intermédiaire spécialiste » , proche du MOOC «spécialisé intermédiaire » , mais s’en distinguant en ciblant spécifiquement étudiants et professionnels, peut incarner les prémisses de l’émergence de nouveaux modules de formation formelle. L’articulation