Jean-Michel SERVET*
LE TROC PRIMITIF, UN MYTHE FONDATEUR D'UNE APPROCHE ÉCONOMISTE DE LA MONNAIE
Le XVIIIe siècle a été un moment fort de rencontres des mondes, dans des terres alors encore inconnues des Européens, par exemple pour les trappeurs anonymes du grand Nord canadien, de l'Alaska et de la Sibérie ou dans le Pacifique avec l'illustre capitaine Cook, comme ailleurs en Amérique, aux Indes, en Orient ou en Afrique avec la multiplication des comptoirs et l'extension des implantations. Alors que les trappeurs devaient se conformer aux façons locales d'échanger, les colonisateurs du nouveau et des anciens mondes déstructuraient les systèmes et pratiques d'échange et les circuits locaux et développaient la troque et la traite \ Cette rencontre
* Centre Auguste et Léon Walras Université Lumière Lyon 2/CNRS-ISH. 14, avenue Berthelot 69363 Lyon CEDEX 07 (France). 1. Voir : J.-M. Servet, Occidentalisation du monde et rencontre des imaginaires monétaires : une double illusion, dans Comment penser l'argent ?, R.-P. Droit (éd.), Paris, Le Monde Editions, 1992, p. 44-57 et Josette Rivallain, Echanges et monnaies en Afrique du XVe au XIXe siècle d'après les récits de voyageurs, Paris, Musée de l'Homme ; Lyon, Musée de l'Imprimerie et de la Banque, 1994 et Démonétarisation et remonétarisation en Afrique. XIXe et XXe siècle, dans M. Aglietta, A. Orléan (éd.), La monnaie souveraine, Paris, Odile Jacob, 1998, p. 289-324.
RN2001,p. 15-32

















