Évolution holocène de la partie centrale de la plaine de Macédoine centrale – Grèce
étude géoarch éologique
Matthieu Ghilardi 1
Introduction
Les recherches géoarchéologiques employant des techniques paléoenvironnementales se sont particulièrement développées au cours des dernières décennies dans les aires deltaïques des littoraux grecs (Kraft et al. 1977 ; Fouache 1999 ; Fouache et al. 2005 ; Vött 2007 ; Vött et al. 2003, 2004 ; Pavlopoulos et al. 2007). Il semble cependant que la plaine de Thessalonique, pour sa part, pâtisse d’un manque d’études précisant l’évolution du trait de côte à l’Holocène récent. Au cours du xxe s., d’importants travaux ont été menés par des historiens (Strück 1908 ; Hammond 1972 ; Bintliff 1976) pour tenter de cerner l’évolution paléogéographique de la plus vaste plaine littorale de Grèce en s’appuyant principalement sur l’exégèse des sources historiques délivrées par les auteurs antiques. Ces textes renferment de nombreuses descriptions s’échelonnant du viiie s. av. J. ‑C . au iiie s. ap. J. ‑C . et les travaux les plus remarquables sont redevables à Hérodote (VII, 122, 123, 127) et à Thucydide (T. 2, II, 99) qui, au ve s., mentionnent la ville de Pella en position littorale, sur la rive septentrionale du golfe Thermaïque. Un siècle plus tard (première moitié du ive s.), les récits de voyage du Pseudo-Skylax (chap. 66) soulignent une mobilité des paysages et un enclavement progressif de la capitale du Royaume de Macédoine à l’intérieur des terres. Entre le iie s. av. J.-C. et le
ier s. ap. J.-C., les descriptions de Tite-Live (XLVI, 44, 4, 5, 6, 7) et de Strabon (VII, 23) indiquent que Pella est alors située sur la marge d’un lac, communiquant toujours avec la mer par le biais d’un canal, le Loudias. L’interprétation spatiale de ces sources historiques a favorisé l’établissement de scénarii paléogéographiques mettant en avant un comblement rapide de la partie occidentale du golfe Thermaïque entre l’époque archaïque et l’époque impériale, c’est-à-dire entre le ve s. av. et le ve s. ap. J.-C (Strück 1908 ; Hammond 1972 ; Bintliff 1976 ; fig. 1). Les différentes reconstitutions établies présentent, cependant, de nombreuses contradictions dans les rythmes d’alluvionnement, et, depuis, peu de travaux utilisant des données chrono-stratigraphiques (Bottema 1974) ont permis de révéler les différentes phases de comblement de cette ancienne baie marine. Le présent travail se propose donc d’apporter des éléments de réponse complémentaires.
1. GEON AT EA 435 / UMR 8591, Département de géographie, Université Paris 12 Val-de-Marne, matthieughilardi@ wanadoo. fr

















