Sch émas d’occ upation d’une enclave semi-aride
Le Leja (Sy rie du Sud) de l’âge du Bronze à la veille de l’annexion à Rome (3600 av. J.-C. – fin du Ier s. ap. J.-C.)
Hélène Criaud, Jérôme Rohmer1
Introduction
Le Leja est un plateau rocheux semi-aride enclavé au milieu des plaines agricoles du Hawran (Syrie du S ud), à environ 50 km au sud de Damas. Depuis 2003, cette microrégion, bien individualisée par ses caractéristiques géologiques et climatiques, a fait l’objet d’une série de prospections archéologiques dans le cadre de la mission franco-syrienne «Atlas des sites pré-et protohistoriques de Syrie du Sud » , dirigée par Frank Braemer et Michel al-Maqdissi 2.
La prospection terrestre s’est révélée être une méthode particulièrement adaptée aux conditions géologiques et climatiques du terrain. Du fait de la nature rocheuse des sols et d’une sédimentation très faible, de nombreux vestiges sont visibles en surface, et le matériel céramique peut être présumé plus représentatif qu’ailleurs. Aussi les prospections du Leja ont-elles permis de détecter une quantité jusque-là insoupçonnée de vestiges, allant du Néolithique à l’époque ottomane. Elles permettent donc d’entreprendre une étude de l’occupation humaine de la région dans la longue durée, en individualisant les différentes stratégies d’occupation élaborées par les occupants du Leja, à diverses périodes, pour faire face à des contraintes environnementales très spécifiques. Nous aimerions définir ici quelques pistes de réflexion en vue d’une telle étude, dans un cadre chronologique restreint. Soulignons que les résultats présentés ici restent largement préliminaires, dans l’attente de la fin du traitement des données de terrain et d’une publication finale.
Le Leja : caractéristiques géologiques et climatiques
Caractéristiques géologiques
Le Leja est un plateau basaltique en forme de triangle de 30 km de côté, se démarquant nettement de la plaine environnante du fait de ses caractéristiques géologiques particulières. (fig. 1). En effet, il résulte de coulées de lave récentes (Holocène), non décomposées, qui forment un ressaut topographique de 5 à 15 m par rapport à la plaine. D’où une topographie très mouvementée, où alternent «bulles » de basalte, failles et dépressions. Ces reliefs marqués entravent lourdement les déplacements, qui doivent s’accommoder de sentiers caillouteux et tortueux, et réduisent considérablement la visibilité.
1. UMR 7041 Arscan, Université Paris 1, hcriaud@ yahoo. fr, Jerome. Rohmer@ univ-paris1. fr. 2. C e projet visait à compléter la prospection initiée en 1993 par Michaël Kalos dans le nord de la région.

















