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Un œil à l'écoute : l'univers sonore d'Italo Calvino

[article]

Année 1999 116 pp. 59-82
Fait partie d'un numéro thématique : Passage et langage
  • Lefebvre Frédéric. Un œil à l'écoute : l'univers sonore d'Italo Calvino. In: Littérature, n°116, 1999. Passage et langage. pp. 59-82.

    DOI : https://doi.org/10.3406/litt.1999.1645

    www.persee.fr/doc/litt_0047-4800_1999_num_116_4_1645

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    Page 59

    FRÉDÉRIC LEFEBVRE,

    PARIS

    Un œil à l'écoute : l'univers sonore cTItalo Calvino

    Italo Calvino est bien connu en France, en particulier pour sa participation à l'OuLiPo dans les années soixante-dix. L'OuLiPo, c'était alors le mode le plus achevé d'écriture sous contrainte, une contrainte de style ou de forme qui libérait le talent de Calvino, qui décuplait son invention, sa joie d'écrire : raconter toutes les villes possibles {Les villes invisibles), utiliser un jeu de tarots {Le château des destins croisés), écrire un roman composé de dix débuts de roman (5/ par une nuit d'hiver un voyageur), etc.

    Parmi ces contraintes librement choisies, une pourtant ne sera pas menée à terme : un livre sur les cinq sens. Calvino avait écrit trois récits, rassemblés après sa mort sous le titre Sous le soleil jaguar. Manquent deux textes : sur le toucher, sur la vue. Ou plutôt : un seul, car la vue, l'œil, le regard, animent toute l'œuvre de Calvino, qui allait donner à son personnage le plus autobiographique le nom d'un observatoire californien : Palomar. Mais il y a trop de culture, de mémoire, de lectures dans l'œil de Calvino pour y rencontrer l'homme, trop heureux de se dissimuler dans une image, un miroir, une carte, un panorama, d'être seulement «la fenêtre à travers laquelle le monde regarde le monde » (i). Pour attraper Calvino, mieux vaut le prendre là où il ne se méfie pas : par les oreilles.

    Un roi à l'écoute est le récit-clé : il contient toutes les images, les thèmes que l'ouïe inspire à Calvino, il reprend tous les essais, passages ou récits précédents sur le même thème. Alors lisons-le — et écoutons- le, dans l'opéra composé par L. Berio (2) — en suivant le guide fourni par Calvino lui-même dans son dernier livre : 1 . Dimension de description (expérience sensible) ; 2. Dimension de récit (anthropologie, langage,

    1 Palomar, Paris, Seuil, 1985, p. 1 12. Sur l'importance du regard chez Calvino, voir P. Daros, «Petite typologie du regard», Europe, n° 815, mars 1997, p. 35-47, et D. Del Giudice, «L'oeil qui écrit», Europe, n° 815, mars 1997, p. 80-83.

    2 Bien que Calvino ait collaboré au livret, Un re in ascolto de L. Berio (1984) n'a qu'un rapport assez lâche avec le récit homonyme : Berio, lancé sur le thème de l'écoute par Calvino, repousse l'histoire

    qu'il lui propose (à peu de choses près celle qui deviendra «Un roi à l'écoute»), qu'il juge «absolu- ment intraitable musicalement», transforme le personnage du roi en directeur de théâtre assis à son bureau, à l'écoute des répétitions, adopte un livret du XVIIIe siècle tiré de La tempête de Shakespeare, et

    y intègre des fragments écrits par Calvino. (Voir «Entretien avec Luciano Berio», Contrechamps, Lausanne, n° 1, septembre 1983, p. 64).

    CC\ Uy

    LITTÉRATURE n° 1 16 - déc. 99

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