Système parental et matrimonial au Nord Ambrym
Une analyse, mathématique par le Professeur Georges Guilbaud, Directeur d'Études à VÊcole Pratique des Hautes Etudes, VIe section (Sciences économiques et Sociales), suivie d'une discussion comportant la participation de M. Claude Lévi-Strauss, Professeur au Collège de France 1.
Exposé et discussion du 19 janvier 1961
II est facile de faire des exercices d'algèbre élémentaire sur les relations de parenté ; elles permettent de montrer commodément ce qu'est une relation transitive ou intransitive, ce qu'est un groupe. Mais en général on utilise les relations de parenté telles qu'on les trouve dans notre société et cela ne mène pas très loin. Heureusement les ethnologues nous ont fait connaître d'autres façons de penser et de dire la parenté ; Jean Guiart, par exemple, nous a rapporté de l'île d'Ambrym un lexique de termes de parenté. En fait dans un tel lexique, on' ne peut faire d'emblée des exercices qui supposeraient sa parfaite compréhension, puisque c'est en effet de le comprendre qu'il s'agit d'abord. Le comprendre, 'c'est pour moi essayer d'appliquer mon algèbre à ce lexique afin de voir s'il est ainsi possible de le mettre en ordre.
Nous avons donc au départ un tableau, tel qu'il est présenté, p. 301 à 304, dans le numéro de décembre 1956 du « Journal de la Société des Océa- nistes ». Nous redonnons à nouveau les généalogies et une fraction du système de parenté local (fig I).
1. Ce texte ne saurait se lire sans se référer aux deux études suivantes : Deacon, Arthur Bernard. The Regulation of marriage in Ambrym. (Journal of the Royal Anthropological Institute of Great Britain and Ireland. London, v. 57, 1927, p. 325-
342).
Guiart, Jean. Système de parenté et organisation matrimoniale à Ambrym (Journal de la Société des Océanistes. Paris, t. 12, 1956, p. 301-326).
Voir une bibliographie plus complète à la fin de l'article. Les schémas sont de la main de G. Guilbaud.

















