L'ÉLEVAGE CHEZ LES BARA DU SUD DE MADAGASCAR
PAR
Jacques FAUBLÉE Assistant au Musée de l'Homme (Section d'Ethnographie).
Les notes qui suivent ont été recueillies au cours d'une mission à Madagascar, subventionnée par le Centre National de la Recherche Scientifique. Je suis resté de décembre 1938 à décembre 1939 chez les Bara vinda, une des tribus typiques de l'ensemble bara et de décembre 1939 à février 1941 ai circulé dans toute la confédération. Cet article ne concerne que les Bara vinda, mais l'élevage est analogue dans les autres ' groupes bara.
Pour les Bara, pasteurs de la savane, du parc et des lambeaux de forêts du Sud du plateau central de Madagascar, le bœuf est" non seulement l'occupation, la nourriture, la fortune des hommes mais un parent et l'offrande la plus agréable aux dieux. Dans cet article on n'envisagera les rapports du Bara et du bœuf que du point de vue matériel.
Il y a plus de deux cents ans, les Bara vinda commandés par un roi de~ famille Zafimaňeli, ont quitté l'Est de l'île plus boisé, plus humide, plus froid, surpeuplé par les migrations de combatifs voisins de l'Est : les Tanala, et de groupes dépendant des Merina.
Arrivés devant le massif de Flšalo, dure falaise rectiligne, ils ont poussé. vers le Sud-ouest mais n'ont pu refouler les Tanuši, émigrés peu avant eux. Là, entre la Malutu et l'Isalu, repoussant vers le Nord les Bara du roi SiasâmOi, ils ont fondé le pays vinda sur les rives des Sakamarekeli et Šakavata, affluents de droite du Manguki ou Unilahi, occupant les gués et la rive sud de ce fleuve.
Ces rivières sont bordées de forêts, de vraie forêt même en remontant la Sakamare. Si le Mànguki, changeant de cours à chaque crue dans son lit de sable, bordé de falaises, ne permet pas l'irrigation, Šakamare et Sakavata, naissant dans l'Isalb qui condense les pluies permettent l'irrigation des rizières. Les villages se sont groupés sur leurs bords.
Au sud de l'Unilahi et à l'est de la Sakamare s'étend l'Orumbe, « la