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Motivés, motivées, soyons motivé-e-s, par Fabien Maguin et Fred Lisak, 2002

[compte-rendu]

Année 2002 1239 pp. 145-146
Fait partie d'un numéro thématique : Africains, citoyens d’ici et de là-bas
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► "Pas d'Arabes au Capitole !" Ce slogan, lancé par des partisans du candidat Philippe Douste-Blazy en pleine campagne électorale des municipales de mars 2001, les Motivé-e-s de Toulouse ne l'ont toujours pas digéré. Un an après, dans un petit recueil de témoi¬ gnages à voix multiples, Motivés, motivées, soyons motivé-e-s, rédigé "de l'intérieur" par Fabien Maguin et Fred Lisak, leur tête de liste Salah Amokrane accuse encore le coup : "Pendant la cam¬ pagne, déjà, j'avais reçu une quin¬ zaine de lettres d'insultes ; ça ne m'était jamais arrivé. Mais cette

semaine entre les deux tours, avec ces 'Pas d'Arabes à la mairie', m'a complètement cassé. [...] On se bat depuis trente ans pour dire qu'on est français, et puis voilà. . . " Le ton est aussi à l'autocritique : "On a eu tellement peur de passer pour des communautaristes, que du coup on a oublié ce thème (la défense des immigrés) dans la campagne. On n'a pas osé, on a eu tort. " "Si on avait assumé comme les féministes ont pu le faire sur leurs propres luttes, Motivé-e-s dans son ensemble aurait porté notre parole", ajoute-t-il. "Notre" parole, c'est celle des Arabes, une

Motivés, motivées, soyons motivé-e-s

par Fabien Maguin et Fred Lisak Le Seuil, Points virgule, 2002, 190p., 6 euros

identité qui en la circonstance englobe les Kabyles, les Noirs, les immigrés, de nationalité française ou non. Comme pour vérifier si la toute récente communauté d'expé¬ rience des Motivé-e-s était capable de porter cette soudaine et forte affirmation identitaire, Salah Amokrane a insisté pour récidiver à l'occasion des législatives de 2002. Résultat : au premier tour, ils font un score non négligeable de 8 % dans une circonscription du centre-ville de Toulouse. Mais on est loin de la dynamique des muni¬ cipales, couronnée par un score de 12,38 % et l'élection au deuxième tour de quatre conseillers muni¬ cipaux d'opposition dans le cadre d'une liste de "coalition" avec la gauche plurielle. La relative discré¬ tion de cette deuxième campagne contraste avec l'irruption sur la scène politique de ceux et celles qui n'ont pas voulu être pris pour des "têtes de dindons" ou des "langoustes", comme l'ont scandé Madjyd Cherfi et le groupe Zebda dans "Allez ouste", le tube de l'entre-deux tours des municipales distribué sous forme de CD à douze mille exemplaires.

La réalité est amère : tout le monde n'a pas suivi. Au-delà des réticences à l'égard d'élections à dimension nationale et du sen¬ timent d'un certain reflux après l'euphorie, l'engagement en demi-teinte dans ces législatives témoigne d'un trouble persistant chez beaucoup à l'idée de s'iden¬ tifier pleinement à un candidat issu de l'immigration maghré¬ bine, porteur à la fois d'intérêts spécifiques et de l'intérêt général.

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