Grande-Bretagne : le Racisme Institutionnel sur la Sellette
par Mogniss H. Abdallah agence IM'média
Le 6 mai 1993, le président sud-africain Nelson Mandela, auréolé par sa récente victoire sur l'apartheid, rencontre à Londres Doreen et Neville Lawrence, dont le fils vient d'être tué deux semaines plus tôt dans le quartier londonien d'Elham, lors d'une agression mani¬ festement raciste. Depuis, Stephen Lawrence est devenu une sorte d'icône de la société britannique, tout comme M. et Mme Lawrence sont devenus les symboles de parents d'une dignité exemplaire, meurtris par la disparition de leur fils.
Pour faire bonne figure, la police avait alors arrêté cinq jeunes blancs notoirement racistes, mais il était déjà trop tard. En raison des négligences initiales de l'investigation policière, le parquet avait abandonné les poursuites "faute de preuves suffisantes À la suite d'une nouvelle action en justice intentée par la famille, les meurtriers présumés devaient comparaître en avril 1996 devant l'Old Bailey, la principale cour du pays. Le juge déclara alors irrecevable le témoi¬ gnage de Duwayne Brooks, l'ami de Stephen Lawrence présent sur les lieux au moment du drame, et qui avait identifié au moins un des suspects. Ces derniers ont tous été acquittés. En vertu de la loi bri¬ tannique, ils ne peuvent plus être inquiétés. Le sentiment d'injustice atteint alors son comble.
De façon assez inattendue, M. et Mme Lawrence recevront dans ce contexte l'appui du Daily Mail, un quotidien populaire tabloïd plu¬ tôt réputé pour ses prises de positions à l'emporte-pièce sur "l'immigration prédatrice des deniers publics". L'éditorialiste du quotidien, qui connaît Neville Lawrence, prend fait et cause pour la

















