Dialogues d'Histoire Ancienne 24/1, 1998, 7-40
Les S ères sont les soi-disant « Tokhariens », c'est-à-dire les authentiques Arái-Kuci*
Résumés
On appelle, imprudemment1, depuis la publication de textes brillamment fournie à partir de 1908 par Emil Sieg et Wielhelm Siegling, "Tokhariens" les locuteurs de deux langues apparentées, parlées autrefois dans la partie nord (restriction à laquelle on apportera dans un instant un rectificatif) de la dépression du Tarim (le "Sin-Kiang" de l'administration chinoise).
Les documents en ces deux langues ont été relevés par une série de missions scientifiques allemandes, françaises, britanniques, russes, japonaises, plus récemment chinoises, essentiellement entre 1900 et 1915 (Paul Pelliot, Aurel Stein, Albert Grùnwedel et Albert von Le Coq, etc.). Ils consistent très majoritairement en textes bouddhistes, directement traduits du sanskrit ; et, subsidiairement, en documents privés (par exemple concernant les transactions économiques), inscriptions, graffiti, etc. Les plus anciens remonteraient au Vème siècle, les plus récents au VHIème siècle. On estime que l'on a continué à
* Bernard Sergent (CNRS). 3, rue Saint-Laurent. 75010 PARIS.
1. Cf. Meillet, 1914 ; Lévi, 1933 ; Konow, 1933 ; Bailey, 1936 ; Filliozat, 1947, 676 ; 1948 ; Tarn, 1951, 239, 515 ; Pinault, 1987, 23-25 ; Xu, 1995, 362, n. 13, fournit plusieurs références sur la dicussion (P. Pelliot, W. B. Hennin g, I. Umnyakov, Wang Ching-Ju, H. B. Bailey, W. Thomas) ; cf. aussi la note suivante.
DHA 24/1, 1998

















