DHA
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1984
25 - 34
TERRE ET DÉPENDANCE EN EGYPTE ANCIENNE
Nous venons de réunir dans un ouvrage * dix-huit articles de fond revus, corrigés, mis à jour et groupés autour de trois thèmes : le régime juridique des terres ; le travail et la dépendance , les relations contractuelles.
Dans le cadre des Dialogues d'Histoire Ancienne, nous analyserons surtout les deux premiers chapitres, en insistant sur le deuxième, consacré au travail collectif et aux rapports de dépendance.
Le régime agraire (Chapitre premier, p. 1 à 14)
14).
Le régime juridique des terres apparaît, tout au long de l'histoire égyptienne, comme un système bénéficiai instauré au profit des principaux fonctionnaires (laïques et religieux) et dans lequel sont intégrés des modes de détention et d'exploitation des terres, prérogatives d'autorité s'exerçant à des degrés divers sur une sorte de «propriété réservée» , concédée par délégation de propriété d'origine royale. Les temples jouaient un rôle très important dans la distribution des domaines et dans la production agricole. Les particuliers disposaient des produits de la terre à plusieurs titres : rémunération, entretien, train de vie, dotations funéraires. Pour cela, ils jouissaient de droits plus ou moins étendus sur les terres qui leur étaient remises, percevant des revenus pour les affecter à un but particulier (ex. : exercice d'une fonction), ou exploitant des champs à leur profit, leur vie durant. Certains biens étaient appropriés de manière privative en raison de leur destination funéraire. Enfin, des responsables dans la hiérarchie agricole recevaient de petites parcelles cultivables à titre de salaire, mais cela n'est verifiable que pour le Nouvel Empire.
* Bernadette MENU, Recherches sur l'histoire juridique, économique et sociale de l'ancienne Egypte. Préface de Joseph Mélèze-Modrzejewski, Versailles 1982, in-8 , X + 349 pages. Prix : 150F.ft:anco.[La rédaction remercie vivement B. Menu d'avoir bien voulu présenter son ouvrage pour les lecteurs de notre revue.]

















