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Jean Bauberot, Valentine Zuber, Une haine oubliée. L' antiprotestantisme avant le "pacte laïque" (1870-1905)

[compte-rendu]

Année 2000 66 pp. 112-113

Lafitte Maria. Jean Bauberot, Valentine Zuber, Une haine oubliée. L' antiprotestantisme avant le "pacte laïque" (1870-1905) . In: Autres Temps. Cahiers d'éthique sociale et politique. N°66, 2000. pp. 112-113.

www.persee.fr/doc/chris_0753-2776_2000_num_66_1_2206_t1_0112_0000_2

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Jean BAUBEROT, Valentine ZUBER Une haine oubliée

L' antiprotestantisme avant le «pacte laïque » (1870-1905)

Albin Michel, Coll. Sciences des religions, 2000,140 F.

C'est une face peu reluisante de notre passé que cette étude de sociologie historique met en lumière : quand les protestants

tenaient la place du bouc émissaire dans les propos de certains polémistes à la charnière des XIX' et XXe siècles. Les enseignants de l'École Pratique des Hautes Études (et chercheurs du Groupe de Sociologie des Religions et de la Laïcité, GSRL-CNRS) nous apprennent ainsi qu'a existé un « antiprotestantisme » dont ni nos livres d'histoire ni nos mémoires - y compris protestantes - n'ont gardé la trace. D'où un avant-propos en forme de justification du thème de recherche : si telle méconnaissance tient à ce que le phénomène a été circonscrit - essentiellement à des écrits journalistiques qui constituent leurs principales sources, l'hostilité contre les protestants n'en a pas moins été « significative », d'abord, et paradoxalement, en raison de sa banalisation (la fronde anti-protestante, où Daudet et Zola - futur défenseur de Dreyfus - se retrouvent aux côtés des Maurras ou Barrés, n'est pas limitée aux seules revues radicales comme L'Action française, elle se déchaîne dans les colonnes de grands quotidiens et des publications à fort tirage).

L'antiprotestantisme vient surtout révéler les bouleversements sociologiques induits par le passage du « premier seuil de laïcisation » dans lequel il s'enracine. Perçu par les protestants comme la condition d'un apaisement après les persécutions, le pluralisme inquiète chez les catholiques qui estiment leur hégémonie soumise à une concurrence déloyale eu égard à la vigueur prosélyte des protestants. Mais la « question protestante » révèle bien plus qu'une divergence d'intérêts : un conflit de représentations sur le sens de la nation, qui oppose non plus des « croyants » à des « incroyants » (contre les protestants, catholiques et libres-penseurs s'allient parfois dans un «national-catholicisme») mais, à l'intérieur même du catholicisme, « deux France » (Poulat) qui se réfèrent à la nation soit comme « fille aînée de l'Église » catholique, soit comme celle des idéaux de la Révolution. L'antiprotestantisme n'est pas seulement lié au choix protestant pour

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