MANUEL DE LA FUENTE
La guerre de l’eau à Cochabamba
Un mouvement social face à la privatisation des ressources
Dans cet article nous regarderons en premier lieu les forces très puissantes qui agissent à l’heure actuelle pour forcer les différents pays de l’Amérique Latine à tout priva¬ tiser : les entreprises et les services publics, y compris les ser¬ vices de gestion de l’eau. Nous verrons comment ces forces (les organismes internationaux, dont la Banque Mondiale ; les entreprises transnationales ; les gouvernements nationaux et régionaux et les élites locales) ont agi dans un cas particulier, celui de Cochabamba en Bolivie.
Le cas de la Bolivie met en évidence la façon d’opérer des organismes internationaux et des entreprises transnationales et montre comment les gouvernements et les élites locales, au service de ces dernières, vont à l’encontre des intérêts de leur propre population. Il nous montre aussi les limites des pro¬ cessus de privatisation. C’est pourquoi, dans un deuxième temps, nous verrons la réaction de la population qui, face à un contrat de privatisation de l’eau qui lui était très défavo¬ rable, s’est révoltée de façon extraordinaire, forçant le gou¬ vernement à rompre le contrat du service d’eau potable avec Aguas del Tunari, un consortium dirigé par Bechtel. Cette entreprise transnationale aurait fait de très gros bénéfices, en ayant le monopole du service de l’eau et la possibiüté d’impo¬ ser des tarifs à son gré. Les manifestations de la population, en particulier celles des paysans, ont forcé le gouvernement à modifier une loi sur l’eau, qui proposait d’en faire une mar¬ chandise. Ces luttes ont forcé le gouvernement à adopter une
Manuel De La Fuente est professeur à la Faculté de sciences économiques et sociologie,
Université San Simon de Cochabamba en Bolivie.
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