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L'invention de la Bretagne

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Genèse sociale d'un stéréotype

Fait partie d'un numéro thématique : L’identité

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L INVENTION

Catherine bertho DE Lit BRETAGNE

GENESE SOCIALE DUN STEREOTYPE

La perception de la spécificité des différentes provinces françaises apparaît sous la Révolution et l'Empire, au moment où les provinces cessent d'être des entités politiques. Jusque-là, il n'y avait pas de discours cohérent et organisé sur la province et encore moins sur la région. Désormais, chaque province se voit reconnaître une histoire, avec ses monuments et ses grands hommes, une géographie, un sol, un climat et des hommes, des paysans, avec leur mode de vie (leur folklore) et les traits caractéristiques de leur race. En 1830, on peut considérer que les catégories de la description des provinces françaises sont fixées. En revanche, si le cadre est désormais au point, le contenu évolue. La représentation de la Bretagne par exemple fait toujours appel aux mêmes termes : la nature du pays, le folklore, la race celtique; mais selon les époques, la lande est sinistre ou bucolique, le costume étrange ou ravissant, le Breton sauvage ou pieux. On peut ainsi repérer des «époques» caractéristiques où, à une forme donnée de la représentation provinciale (la Bretagne sauvage de l'époque romantique par exemple) correspondent des auteurs particuliers, un type d'écrits privilégié (le roman noir), un public caractéristique, des fonctions idéologique et politique spécifiques.

Une province parmi d'autres : la Bretagne

Les représentations qui touchent à la Bretagne sont particulièrement caractéristiques des usages sociaux d'une image régionale pour trois raisons essentielles. En premier lieu à cause des Celtes : ceux-ci, ou leurs épigones, les Gaulois, font office à partir de la fin du XVIIIème siècle, d'ancêtres communs à presque toutes les populations paysannes (1) de la France. Parce qu'ils parlent breton, et parce que la péninsule a été effectivement recolonisée par des

populations celtiques au Vlème siècle, les Bretons font figure de celtes-véritables, sortes de fossiles anthropologiques arrivés intacts du fond des âges et dont les traits caractéristiques auraient gardé plus de force que ceux de leurs voisins. Une autre raison contribue à donner à l'image de la Bretagne une place particulière dans la conscience collective du XIXème siècle : la chouannerie. Les révoltes rurales qui se sont succédées à partir de 1792 ont traumatisé durablement l'opinion. Elles n'ont été le fait que d'une partie de la Bretagne mais l'historiographie banale a eu vite fait —la statistique des titres en témoigne— de créer l'image d'un grand Ouest uniformément chouan et bocager s'étendant du Mans à l'Iroise. Enfin le réel retard économique du pays a renforcé l'impression d'un monde archaïque. Le décalage est surtout sensible après 1850 au moment où l'industrialisation s'accélère dans une bonne partie de la France et où, simultanément, s'écroulent les activités économiques traditionnelles en Bretagne (toiles, cabotage, mines). L'expérience paraît soudain confirmer l'apparence.

Tout ceci cependant fonctionne plus comme amplificateur que comme déterminant véritable des caractéristiques attribuées à la province. Lorsque la province française dans son ensemble est réputée sauvage, la Bretagne paraît simplement plus sauvage (... parce que celte, archaïque, et chouanne) ; lorsque la province française tout entière est censée être catholique et conservatrice, la Bretagne est plus catholique et plus conservatrice (toujours parce que celte, archaïque et chouanne...). Cette exacerbation permanente ne doit pourtant pas masquer l'essentiel : la chronologie, le mode de formation, les fonctions assurées par l'image de la

1— Ils étaient depuis le XVIème siècle les ancêtres mythiques de la nation française. Cf. C.G. Dubois, Celtes et Gaulois au XVIème siècle, le développement littéraire d'un mythe nationaliste, Paris, Vrin, 1972. Ils deviennent au début du XVIIIème siècle, dans les controverses autour des théories de Boulainvilliers, les ancêtres du peuple français opposés aux Francs d'où serait issue la noblesse française.

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