OUTILLAGES
Un essai de traitement sur ordinateur
des documents diplomatiques
du Moyen Age
Problèmes généraux
Le traitement automatique de l'information a fait, depuis une dizaine d'années, de considérables progrès. Cependant, si les études théoriques qu'il a suscitées se multiplient, les applications ne suivent pas la même progression, tout au moins dans le domaine des Sciences humaines. Il n'en serait pas moins injuste d'ignorer les tentatives faites en France pour exploiter divers types de documentation : tout le monde connaît maintenant le nom de Jean-Claude Gardin, dont l'intrépidité est venue à bout de bien des réticences, et qui reste l'un des guides les plus sûrs et les plus clairs de la documentation automatique.
Les théoriciens ont mis à la disposition des documentalistes de nombreux procédés d'exploitation, parmi lesquels il semble qu'on n'ait que l'embarras du choix. Il n'en est rien : les fonds documentaires, cela va de soi, ne se ressemblent pas ; ils se sont constitués lentement, à partir de sources qui leur sont propres, et à des fins précises ; ce n'est pas seulement par sa structure ou par son contenu qu'un fonds se différencie d'un autre, c'est aussi par ce qu'on en veut tirer : tel procédé d'exploitation appliqué avec bonheur à un fonds documentaire se révélera inutili-
1. Si modestes soient les débuts de cette entreprise, je ne voudrais pas manquer de témoigner ici ma reconnaissance à ceux qui ont soutenu mes premiers efforts : M. J. Le Goff et M. E. Le Roy Ladurie, pour l'accueil bienveillant qu'ils nous ont réservé dans leur revue ; M. J. Glénisson, directeur de l'Institut de Recherche des Textes, pour la confiance qu'il m'a témoignée ; M. J. Monfrin, professeur à l'École des chartes, pour l'aide patiente qu'il ne m'a jamais refusée. Mes « compagnons habituels de travail » ne m'en voudront cependant pas, je l'espère, si j'attache un prix tout particulier à la sympathie spontanée que cette entreprise a suscitée chez les « scientifiques » de l'Institut Universitaire de Calcul Automatique de Nancy, en particulier Jacques André, Jean- Pierre Chamagne, et, bien entendu, Mme M. Créhange : l'exposé de la méthode d'exploitation, qu'elle a bien voulu faire ici, montre assez le rôle déterminant qu'elle a joué dans la réalisation d'un projet qui, sans elle, fût demeuré longtemps encore du domaine de l'hypothèse ; le souci constant chez elle d'éviter une systématisation qui eût privé de la souplesse requise le fonds documentaire traité, la nécessité pour moi de présenter, au cours de nos séances de travail, des problèmes précis et bien définis, ont rendu cette collaboration « interdisciplinaire » si profitable que je ne saurais la passer sous silence.
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