LE RÈGLEMENT SINO-BRITANNIQUE DE HONGKONG
Peter SLINN
Introduction
Le lundi 27 mai 1985, les gouvernements de la République populaire de Chine et du Royaume-Uni échangèrent leurs instruments de ratification de la Déclaration commune des deux gouvernements sur la question de Hong- Kong, signée à Beijing le 19 décembre 1984 (1). L'événement revêt, bien entendu, une importance politique considérable, mais il pose aussi un jalon sur la voie du développement de la pratique juridique internationale moderne. Il constitue un exemple de règlement d'un grand différend international par des moyens pacifiques, tels que prescrits par la Charte des Nations Unies (2). Trop souvent, lorsqu'ils mettent en jeu des questions d'amour-propre national et de souveraineté, de tels litiges conduisent à des conflits armés, et la récente histoire de l'affaire des Falkland/Malvinas, où le Royaume-Uni était également impliqué, n'en fournit qu'une trop parfaite illustration. L'accord revigore la conception selon laquelle des différends territoriaux touchant aux intérêts d'une petite collectivité et d'une grande puissance voisine dont celle-là se trouve séparée par un accident de l'histoire peuvent se résoudre par un transfert des pouvoirs d'administration garantissant certains droits aux habitants après sa mise à exécution. Le précédent ainsi créé peut se révéler très précieux en d'autres lieux : de toute évidence, dans le cas de Macao, mais aussi dans celui de Ceuta et Melilla, de Gibraltar, des îles Falkland et dans le cas assez différent de Taïwan, auquel songent très nettement les Chinois (3).
(*) Peter Sunn, M.A. (Oxon) Ph. D. (London), Solicitor, Senior Lecturer à la Law School of Oriental and African Studies, Université de Londres. L'auteur tient à remercier son collègue P.W. Baker pour sa lecture du projet de manuscrit et ses précieuses observations et M. LOSSON pour sa traduction.
(1) Cmnd. 9543, Her Majesty's Stationery Office, 1985 (avec le texte chinois).
(2) Art. 2, par. 3.
(3) Les précédents historiques sont moins encourageants : la « ville libre » de Dantzig créée après la première guerre mondiale et, sur une toile de fond plus vaste, les garanties accordées au Royaume de Pologne en tant que partie de l'Empire russe dans le cadre du règlement de Vienne de 1815.

















