J. LOTH
LE MONACHISME IRLANDAIS
D'APRÈS UN OUTRAGE RÉCENT
ET LE MONACHISME BRITTON
(Suite).
Le paragraphe H consacré aux travaux manuels, aux travaux intellectuels sous leurs diverses formes, à l'étude, aux productions littéraires, à l'art chrétien des monastères est de nature à donner la plus haute idée de leur importance, de l'action bienfaisante qu'iis ont exercée, en dehors du point de vue de la morale religieuse, et explique le grand rôle que le monachisme irlandais a joué sur le continent et la grande renommée qu'il s'est si justement acquise.
Le travail manuel était réservé dans l'antiquité aux esclaves ou aux classes serviles. Conformément à l'esprit chrétien, il fut au contraire en honneur dans les premiers temps de l'ascétisme et du monachisme, dans l'est', en Egypte comme dans les pays chrétiens de l'ouest; ce fut d'ailleurs une nécessité pour la subsistance des moines; c'était, de plus, considéré comme un excellent exercice ascétique. L'agriculture, tout d'abord, exigea de constants travaux. La garde du bétail dans des régions sans haies, sans barrières, fut souvent confiée à de jeunes domestiques.
Adamnan nous dit que Columcille ne passait pas une heure sans prier, étudier, écrire ou se livrer à des travaux manuels.
Quant à la formation intellectuelle des moines qui est un des traits les plus frappants du monachisme irlandais,

















