Le développement actuel des études glaciologiques dans le monde

Le développement actuel des études glaciologiques dans le monde

par Ch.-P. PÉGUY

La création d'une « Commission Internationale des placiers .» remonte à 1894. Fondée sur l'initiative de F. A. Forel et de M. Hall, elle tut rattachée aux Congrès Géologiques Internationaux qui se réunissaient tous les trois ans 1. Son but était essentiellement d'étudier les variations des langues glaciaires. Par suite de diverses difficultés, la Commission des Glaciers décida de quitter le Congrès Géologique International pour se rattacher, en 1927, à l'Association Internationale d'Hydrologie Scientifique. Cette dernière, pleinement consciente des perturbations apportées à l'écoulement par les précipitations solides, venait de créer, trois ans plus tôt, une « Commission des Neiges ». Cette Commission des Neiges et la Commission des Glaciers travaillèrent alors parallèlement jusqu'à ce que l'Assemblée générale de l'A.I.H.S., tenue à Washington en 19á9, décidât de les fusionner. Là-dessus, la guerre devait retarder jusqu'à l'Assemblée suivante, tenue à Oslo en 1948, la mise en route effective de l'organisation qui est encore aujourd'hui en place 2. On retiendra enlin que l'A.I.H.S. est l'une des sept associations constituant le puissant organisme qu'est l'Union Géodésique et Géophysique Internationale.

1 Nous remercions très vivement notre ami A. Bauer, Vice-Président de l'actuelle Commission des Neiges et Glaces, d'avoir bien voulu nous fournir les éléments de ce rappel historique. 2 Les réunions plénières tenues depuis 1948 par la Commission des Neiges et Glaces, et dont les comptes rendus ont été publiés, sont les suivantes : 1948 : Oslo; 1951 : Bruxelles; 1954 : Rome; 1956 : Chamonix; 1957 : Toronto; 1960 : Helsinki. C'est le compte rendu de cette dernière assemblée qui sert d'étoffe à la présente note.

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Sur un autre plan, rappelons l'existence des Années polaires au cours desquelles à plusieurs reprises, dès la fin du siècle dernier, divers Etats s'étaient engagés à coordonner leurs recherches tant dans l'Arctique que l'Antarctique. La nécessité où sont aujourd'hui les géophysiciens de considérer tous leurs problèmes à l'échelle planétaire a amené la transformation des « Années polaires » d'autrefois en Années Géophysiques Internationales, dont les opérations sont effectuées sous le contrôle de l'Union Géo- désique et Géophysique : l'intérêt exceptionnel présenté par l'assemblée de cette Union tenue à Helsinski en juillet 1960 venait précisément de ce qu'elle suivait de près l'échéance de l'Année Géophysique 1958-1959.

Dans le cadre de cette assemblée, l'A.I.H.S. a accordé une place majeure à tout ce qui concerne l'eau sous sa forme solide 3. Le seul tome « Neige et Glace » des Procès- Verbaux d'Helsinski représente un ouvrage dense de 588 pages contenant le texte de 70 communications 4. Encore ce chiffre ne retient-il pas les communications consacrées à l'Antarctique, regroupées en un « Symposium » spécial dont les comptes rendus sont encore sous presse.

Il ne peut être question de résumer ce gros ouvrage en en suivant pas à pas le cheminement. Nous écartant délibérément du classement des communications qui y a été adopté, nous dégagerons seulement ce qui doit retenir à notre sens l'attention du géographe en regroupant les enseignements principaux autour de trois idées. Tout d'abord, les glaciologues de VAnnée Géophysique ont fourni un effort descriptif considérable : de nouveaux glaciers ont été reconnus, en U.R.S.S. et en Chine notamment; des glaciers connus ont été nouvellement cartographies; la systématisation enfin des techniques de prospection géophysique nous a révélé l'allure du soubassement de nombre d'entre eux. Il y a là tout un travail d'exploration, au sens le plus banal du terme, auquel nul géographe ne peut rester indifférent. En second lieu, on compare l'extension actuelle des glaciers, chaque fois que des documents le permettent, aux extensions qu'ils ont connues au cours des décennies ou des siècles antérieurs. C'est l'importante question des variations gla-

3 La tendance qui prévaut actuellement chez les spécialistes est en effet de définir la « glaciologie » non plus seulement comme l'étude des glaciers, mais comme celle de la glace naturelle sous toutes ses formes. Certains y incluent même la glace de l'atmosphère. 4 U.G.G.I. Assemblée générale d'Helsinski, Commission des Neiges et Glaces. Publication n° 54 de l'A.I.H.S., 588 p., 1 h.t., 1 carte "sous pochette. Gentbrugge (L.J. Tison, 61, rue des Ronces), 19(51. Nous donnerons ci-dessous les références détaillées des principales communications.

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ciaires, chapitre de la climatologie, voire de la géographie appliquée. En troisième lieu viennent les analyses fines portant sur le « bilan de masse », ou mieux encore le « bilan de radiation » des glaciers, les études du mouvement de la glace qui permettent d'enitrer dans les mécanismes liant les glaciers au climat. Chemin faisant, le géographe peut glaner dans tout ce qui touche à la genèse eit aux mouvements de la glace bien des indications éclairant l'érosion glaciaire. C'est en suivant ce plan allant du simple au complexe que nous développerons cette brève mise au point.

On ne s'étonnera pas que ce soit en U.R.S.S. et en Chine que le travail d'exploration proprement dit ait été le plus diéveioppé. La contribution soviétique à l'assemblée d'Helsiiiski s'élevait d'ailleurs à seize communications. Un fil directeur est heureusement fourni par l'une d'elles, exposant le programme d'ensemble des recherches entreprises 5. Deux communications seulement sont consacrées à l'U.R.S.S. arctique — Terre François-Joseph et Nouvelle-Zemble — , une à l'Oural, où bien des géographes apprendront avec surprise "que l'on a pu y dénombrer encore 66 minuscules appareils totalisant une superficie de 16 kilomètres carrés c, douze par contre à l'Asie Centrale qui forme ainsi aujourd'hui le principal centre d'intérêt des glaciologues soviétiques. Dans les massifs du Kazakhstan, le stade de la simple enumeration des appareils a été bien dépassé, et la convergence des techniques de prospection employées a permis un contrôle tant de l'épaisseur que du débit solide des glaciers 7. Dans l'AIaitau Djungar, cette épaisseur dépasserait rarement 100 mètres. Des techniques de prospection électrique par mesure de la résistivité de la glace ont été aussi mises

5 G. A. Asviuk, Investigations glaciologiques exécutées sur le territoire de l'UJt.S.S. sous le programme de l'Année Géophysique Internationale, en 1957-1959 (Op. cit., p. 207-215). 6 L. D. Dolgushin, Main features of the Modern Glaciation of the Urals (Op. cit., p. 335-347, 4 fig.). Les glaciers de l'Oural (situés par ailleurs tous au Nord du 84° lat. N.) sont systématiquement orientés vers l'Est, ce qui trahit à leur origine une suralimentation éolienne : on évoque à leur propos ce qu'a dû être la glaciation vosgienne à certains moments du Quaternaire. 7 Bornons-nous à citer : K.G. Makarevich, Distribution of the snow on the Glaciers of the Zailiysky Alatau (Op. cíř., p. 169-182, 5 fig.); P. A. Cher- casov, Principal features of the Glaciers of the Northern Slope of the Dzungar Alatau Moutains (Op. cit., p. 233-242) ; N. N. Palgov, Thickness of the Glaciers of Kazakh S.S.R. in accordance with the calculation methods and seismic measurements (Op. cit., p. 512-519, 1 fig.).

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à l'essai8. Le fameux glacier Fedtchenko a concentré de son côté une bonne part de l'activité développée par les savants soviétiques dans le cadre de l'Année Géophysique 9. Nous aurons plus bas l'occasion d'évoquer un travail relatif au Caucase. Signalons enfin des expéditions sino-soviétiques dans le Nan Chan et le Tian Chan oriental où l'on a reconnu au total près de 3 000 km2 de glace 10.

Après l'U.R.S.S., le secteur où les géographes ont le plus à apprendre est incontestablement le Groenland. La récente Expédition Glaciologique Internationale au Groenland (E.G.I.G.) a fourni à la réunion d'Helsinski la matière de cinq communications u. Nous reviendrons plus bas sur celles de Ambach et de Bauer. Signalons simplement ici, sur le plan « descriptif », que pour le levé de deux profils transversaux de l'inlandsis, l'emploi du telluromètre pour la mesure des distances a conduit à une précision de l'ordre de 4 cm pour des visées de 10 km ! D'autre part, le haut rendement des campagnes d'été 1959 et 1960 de cette expédition n'aurait été certainement pas atteint sans un recours de plus en plus généralisé à l'emploi de l'hélicoptère 12. L'étude des glaciers marginaux du Groenland fait l'objet d'une bonne mise au point reposant sur les monographies de quatre d'entre eux 13, tandis que Budel apporte de son côté une brève contribution à la glaciation actuelle du Spitzberg u.

Dans l'Arctique Canadien, Г « Opération Hazen » eut pour objet, de 1957 à 1959, l'étude de la calotte de glace située au Nord

8 B. A. Borovinski, On the question of the Researches of the glaciers by the methods of the electrical prospect (Op. cit., p. 492-499, 3 fig.) . 9 V. Souslov, Particularités morphologiques et tendance d'extension de la glaciation du Pamir Nord-Ouest (Op. cit., p. 430-439, 7 fig.); V. A. Geordio et autres, The Fedtchenko Glacier and climate (Op. cit., p. 440-448. 2 fig.); I. S. Berzon, Sondages sismiques... et observations gravimétriques sur le glaciev Fedtchenko (Op. cit., p. 620-529, 6 fig.). 10 L. D. Dolgushin, Main particularities of glaciation of Central Asia according to the latest data {Op. cit., p. 348-358, 4 fig.). 11 A. Bauer, Précisions des mesures d'ublation (Op. cit., p. 136-143, 3 fig.) ; W. Ambach, The energy balance during a 10 day ablation period on the Greenland Ice Cap (Op. cit., p. 297-300); \V, Hofniann, Tellurometer measure- meats on the Greenland Ice Cap during the International Glaciological Greenland Expedition (E.G.I.C.) Summer 1959 (Op. cit., p. 469-473, 1 fig.); H. Malzer und D. Moller, Das Nivellement hci der Expedition Glaciologique Internationale au Groenland (sic) Summer Kampagne 1959 (Op. cit., p. 474-483, 3 fig.) ; A. Bauer, Influence de la dynamique des fleuves de glace sur celle de l'Inlandsis du Groenland (Op. cit., p. 578-584, 5 fig.). 12 La publication intégrale d*s travaux de l'E.G.I.G. aura lieu dans les années à venir dans les Meddelel&er от Groenland. 18 B. Fristrup, Studies of four glaciers in Greenland (Op. cit., p, 265-271, 5 fig.). l* J. Budel, Glaziologische Arbeiten der Deutschen Spitzbergen Expedition 1959 (Op. cit., p. 253-255).

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du lac Hazen, dans l'île d'Ellesmere, calotte culminant vers 1 800 mètres d'altitude, et sur l'un des émissaires méridionaux de cette calotte, le glacier Gilman. Une double prospection gravimé- trique et séismique a permis d'évaluer l'épaisseur de ce glacier à 760 m à 19 km de son front, et à 380 m encore à 5 km de celui-ci 1B. Le bilan de cette masse glaciaire a fait d'autre part l'objet d'une analyse fine sur laquelle nous reviendrons.

L'Alaska n'a pas fait l'objet de communication à l'Assemblée d'Helsinski. Mais nous nous en voudrions de ne pas signaler aux lecteurs de la Revue de Géographie Alpine la très belle carte de reconnaissance au 1/50 000* du Mount McKinley, établie sous la direction de Bradford Washburn et éditée avec le concours de la Fondation Suisse pour les Explorations Alpines ie. La préparation de ce travail de grande classe exigea sept expéditions sur le terrain, trois missions complètes de couverture aérienne verticale — en 1947, 1951 et 1955 — et trois années entières de restitution et de dessin. On regrettera cependant qu'aucun glacier ne figure en totalité sur ce document, le Peters Glacier et le Muldrow Glacier ayant leurs fronts à plusieurs kilomètres en dehors des bords de la feuille.

En dehors de l'Alaska, un important programme de cartographie des glaciers a été mis en route aux U.S.A. à l'occasion de V Année Géophysique 17. Cette innovation venait à son heure, car les Etats-Unis avaient accumulé dans ce domaine un retard certain par rapport aux pays alpins d'Europe. Au terme de l'Année Géophysique, la coordination de cette activité fut confiée à l'Université d'Ohio. Cela nous a valu, pour le moment, une étude d'esprit très géographique de la localisation des glaciers actuels aux U.S.A. 18. Leur étendue totale (Alaska, répétons-le, exclu) atteint 513 km2, dont près de 400 pour le seul état de Washington dans lequel, sur les chaînes les plus voisines de l'Océan, l'altitude moyenne des petits glaciers s'abaisse en dessous de 2 000 m. Sept glaciers, parmi les plus importants, ont fait l'objet de mesures numériques assez fouillées d'où paraît se détacher une tendance à la progres-

1J JR. Weber, N. Sandstrom, К. С. Arnold, Geophysical Survey on Gilman Glacier, Northern Ellesmere Island (Op. cit., p. 500-511, 6 fig.). 16 Mount McKinley, Alaska. A reconnaissance topographic map, surveyed and edited by Bradford Wasburn. Scale : 1/50 000». Contour interval : 100 feet. Berne-Zurich 1960. La carte couvre une surface carrée d'environ 35 kilometres de côté. 17 James В. Case, Glacier-mapping activities in the United States. U.G.G.I., Assemblée d'Helsinski... Neige et Glace, p. 359-365, t fig. 18 Mark F. Meier, Distribution and Variations of glaciers in the United States exclusive of Alaska (Op. cit., p. 420-429, 3 fig.).

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sion (atteignant 98 m en trois ans pour le Nisqually Glacier). Une monographie exhaustive a enfin été établie pour le Blue Glacier 19.

Pas plus que l'Alaska, le Mexique ne devait fournir cette fois l'occasion d'une contribution directe aux travaux de l'Assemblée générale de la Commission des Neiges et Glaces. Mais c'est néanmoins dans le cadre de l'Année Géophysique Internationale qu'un jeune chercheur mexicain, qui avait visité les Alpes en 1958, José L. Lorenzo, a pu établir une excellente introduction à l'étude des glaciers de son pays 20. Un inventaire exhaustif en a été établi, qui porte la surface totale englacée du pays à 11,4 km2, dont 9,5 km2 pour le seul Citlaltepetl, connaissance dont on soulignera la nouveauté en rappelant qu'un ouvrage récent parlait pour le Mexique de 3 km2 seulement de glaces 21.

Deux contributions seulement à signaler pour l'Himalaya et les Andes. L'une due aux Italiens de la récente expédition au Karakorum 22. L'objectif principal en était le fameux Baltoro qui est thermiquement lie glacier le plus puissant du monde, si l'on entend par là que la température moyenne régnant à l'altitude de son front est la plus élevée que l'on connaisse. L'autre est celle de notre compatriote Lliboutry qui décrit dans les Andes du Chili 23 de curieux appareils glaciaires paraissant résulter de l'interstrati- fication de résidus neigeux annuels et d'éboulis fins estivaux. La mécanique de la masse qui se forme ainsi peu à peu est le résultat, pour Lliboutry, de l'affouillement du sol sous-jacemt par l'eau de fonte sous-glaciaire. Cette hypothèse — qui ne vise rien de moins qu'à donner une nouvelle explication de la formation des « cirques » — ne vaut évidemment que sur terrain meuble très hétéromé- trîque.

Les Alpes ne devaient faire elles-mêmes l'objet, à Helsinski, que de cinq communications. On reviendra plus loin sur celles de R. Fînsterwalder et de R. Millecamps 24; retenons, sur le pdan descriptif qui est pour le moment le nôtre, le commentaire dû à

19 E. la Chapelle, Energy exchange measurements on the Blue Glacier, Washington (Op. cit., p. 302-310, 7 fig.). 20 José L. Lorenzo, Los glaciares de Mexico. Universidad Nacionál de Mexico, Institute de Geofisica, t. I. Texte espagnol de 32 p., traduction • intégrale en anglais, 8 pi. cartes, 51 pi. photos. Mexico, DF, 1959. 21 R. Flint, Glacial and Pleistocene Geology (1957). p. 51. 22 A. Desio, A. Marussi, M. Caputo, Glaciological Research of the Italian Karakorum Expedition 1953-1955 (Op. cit., p. 224-232, 5 fig.). 23 L. Lliboutry, Les glaciers enterrés et leur rôle morphologique (Op. cit., p. 272-280, 5 fig.). . 24 Voir ci-dessous.

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P. Kasser de la magnifique carte établie par nos amis suisses de la langue du glacier d'Aletsch 25 : l'échelle est ici le 1/10 000% l'équidistance des courbes de 10 mètres, le figuré de la topographie même du glacier d'une finesse jamais encore connue à ce jour. Nous reviendrons plus longuement dans cette revue sur ce document exceptionnel quand les quatre feuilles que doit comprendre l'ensemble auront été intégralement publiées. Des glaciers italiens font enfin l'objet de deux brèves notes de Lnigi Jeretti 2e et G. Aliverti 27. Mais la participation italienne aux travaux de l'Année Géophysique Internationale a été en fait beaucoup plus développée puisqu'elle a abouti à l'établissement de ce que nos voisins d'outre-Monts appellent le « cadastre » de leurs glaciers 2S : sous la direction de Manfredo Vanni, une documentation succincte, mais toujours concise, s'appuyant à la fois sur des cartons au 1/25 000e et sur des photographies, nous est donnée pour 363 glaciers du Piémont. Deux travaux du même ordre nous sont promis à brève échéance, l'un sous la direction de Giuseppe Nangerani relatif aux glaciers de la Lombardie et du groupe Ortles-Cevedale, l'autre sous celle de Giuseppe Morandini pour les glaciers italiens plus orientaux encore.

L'étude de la variation des glaciers au cours des dernières années n'a pas manqué de servir de fil conducteur à de nombreuses études.

Commençons par le commencement, c'est-à-dire reportons-nous d'abord aux études faisant était des faits les plus anciens. G. Manley a tenté de mettre en corrélation les variations historiques des glaciers alpins avec des observations météorologiques primitives effectuées près de Londres depuis 1680 et dont les données ont été

25 Aletschgletscher 1/10 000e. Stand September 1957, Blatt 3. Eidg. Landes- topographie Wabern/Bern, avec la collaboration de la division d'Hydrologie de la Technische Hochschule de Zurich. — С R. : P. Kasser, Glaziologischer Kommentar zur neuen im Herbst 1957 aufgenommen Karte 1/10 000e der Grossen AJetschgletschers (Op. cit., p. 216-223, 4 fig.). 26 L. Jeretti, Observations sur le récent retrait exceptionnel de certains glaciers dans les Alpes Occidentales Piémontaises (Op. cit., p. 392-394). Il s'agit de deux glaciers valdôtains — Grand Croux et Tza de Tzan — et du glacier de l'Agnello, dans le Massif d'Ambin. 27 G. Aliverti, à propos «les « vagues ■» des glaciers : aspects observés sur la langue et sur le front du Glacier du Lys (Mont Rose) (Op. cit., p. 574-577, 4 fig.). 28 Comitato Glaciologico Italiano. Catasto dei Ghiacciai Italiani (Anno geofisico 1957-1958), vol. II. Ghiacciai del Piemonte, 324 p., 1 carte h.t., Turin. 1961. Le volume I, paru en 1960, se bornait à un index d'ensemble et à une bibliographie.

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récemment découvertes dans une bibliothèque d'Oxford 29. La période en question présenta quelques hivers froids, mais surtout des printemps maussades et des étés frais. L'auteur présente d'ailleurs ses conclusions comme provisoires. En France, c'est Ji un historien, E. Le Roy Ladurie, qu'est revenu le mérite d'une récente mise au point des variations des glaciers du Mont-Blanc depuis 1600, dans le cadre d'une étude plus générale des récentes variations du climat 30. Par rapport aux maxima du début du xvne siècle, les glaciers du Tour, d'Argentière et des Bois avaient déjà, en 1911, reculé respectivement de 1 174, 932 et 1 480 mètres. L'auteur met en rapport les oscillations glaciaires de faible durée avec les températures de l'été, et au contraire la tendance générale au recul avec un relèvement des températures hivernales. Cette même distinction entre deux types distincts de variation des glaciers, selon les échelles de durée, se retrouve chez A. V. Shnitnikov qui voit dans les variations des glaciers de l'U.R.S.S. 31 la superposition de deux types ď « ondes », les unes dites « multisécu- laires », de l'ordre de deux millénaires (?), les autres dites « intra- séculaires », d'une amplitude moyenne de 25-35 ans. Une idée plus originale de l'auteur soviétique est que les ondes « multiséculaires » commenceraient chacune par une phase rapide de progression des , glaciers — deux à trois siècles — suivie d'une stagnation, puis d'un long et lent recul. Les deux mouvements se seraient trouvés en opposition au cours de la dernière décennie, d'où le recul relativement lent des glaciers au cours des toutes dernières années; les phases des deux cycles seraient au contraire de même sens au cours des années à venir, ce qui devrait amener le recul des glaciers à s'exacerber à nouveau.

A ce recul généralisé, des exceptions existent néanmoins. Au Spitzberg, les observations faites en 1958 par la « Birmingham and Exeter Universities Expedition » sur le Sefstrômbre ont montré que le recul récent du glacier succédait immédiatement à une avance rapide — de l'ordre de six kilomètres — qui s'était produite dans le dernier quart du xix* siècle 82. Au Pamir, une expé-

29 G. Manley, Meteorological factors in the great glaciers advance (1690-1720) (Op. cit., p. 383-391). 30 E. Le Roj* Ladurie, Climat et récoltes (Annales : Economie, Sociétés, Civilisations, 1960, p. 434-465, 3 hors-te*te) . 31 A. V. Shnitnikov, The present phase of intrasecular variability of Mountain glaciation in Northern Hemisphere (Assemblée d'Helsinski..., Neige et Glace, p. 449-465, 3 fig.). 32 D. L. Dineley et R. S. Waters, Notes on the recent advance and retreat of Sefstrombreen in Ekmanfjorden, Vestspitsbergen (Journal of Glaciology, I960, n° 28, p. 693-697, 3 fig.).

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dition soviétique reconnut, dans un ensemble par ailleurs en recul, trois glaciers secondaires en avance 33. Ces réactions individuelles s'expliquent sans aucun doute par des conditions locales de l'écoulement.

L'impression d'ensemble reste bien celle d'un recul plus ou moins nuancé. Elle ressort du rapport traditionnel établi cette fois encore sous la responsabilité de L. Mercanton et consacré à la variation des glaciers européens dans l'intervalle des trois ans séparant les réunions plénières normales de la Commission des Neiges et Glaces 34. 304 glaciers y ont été recensés, sur lesquels 282 étaient en retrait pour le « triennat » 1957-59. Dix glaciers •dans les Alpes 35, six en Norvège ont vu leurs fronts reculer de plus de 100 mètres pour l'ensemble de ces trois années.

Il est bien préférable, chaque fois qu'on le peut, de remplacer ces mesures de longueurs des langues glaciaires par des mesures de surfaces, ou mieux encore de volumes. L'accent fut mis là-dessus à Helsinski au cours d'une brève, mais magistrale communication de R. Finsterwalder 3e consacrée à une douzaine de glaciers autrichiens, principalement au glacier Waxegg (Zillertal), levé tous les ans par l'auteur au photothéodolite depuis 1950. Ces levés ont permis de constater qu'une dépression de plus de 20 mètres de la topographie de la langue, vers 2 300 m, se conciliait avec un gonflement du glacier de 5 à 6 m vers 2 900 m, le glacier devenant ainsi de plus en plus pentu en même temps qu'il se rétracte. Dans le même temps, le niveau des neiges persistantes se relevait de 2 785 à 2 821, soit de 36 mètres.

L'étude du bilan de masse (alimentation-ablation) a bénéficié ces dernières années de diverses améliorations techniques et a donné lieu à quelques travaux synthétiques de premier ordre.

En ce qui concerne Y alimentation, signalions l'application systématique faite au Caucase de l'analyse pollinique à la détermina-

33 V. F. Suslov. On the advance of certain glaciers of the North-Western Pamir (Journ. of Glac, 1960, n° 28, p. 768-764, 2 photos). 34 Op. cit., p. 366-378. 35 L'article cité plus haut de L. Jeretti cite des retraits dépassant 100 mètres en une seule année : en 1952 pour le glacier de Tza de Tzan, en 1954 pour celui du Grand Croux. Ces reculs accidentels laissent à l'aval des fronts nouveaux des culots de glace morte. 36 Richard Finsterwalder, On the measurement of the glacier fluctuations (Op. cit., p. 325-334, 4 fig.).

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tion des couches successives du névé 37 : les horizons de printemps se reconnaissent à la prédominance du pollen de bouleau, d'aune, d'orme et de chêne; ceux d'été sont au contraire caractérisés par du pollen de conifères. Après les horizons d'automne dont les spectres sont souvent hétéroclites, les neiges d'hiver sont enfin pratiquement dépourvues de pollen. En ce qui concerne la mesure de V ablation, qui s'effectue le long de balises implantées assez profondément dans la glace, les chercheurs s'ingénient toujours à améliorer les sondes thermiques grâce auxquelles ces balises sont en général implantées 38. Signalons encore l'usage fait par Bauer au Groenland d'une balise d'ablation ultra-légère constituée par un simple fil lesté enrobé dans la glace 39, technique qui n'est malheureusement applicable qu'aux seuls glaciers « froids » . Le contrôle hydraulique du bilan, enfin, a fait l'objet d'une communication d'un chercheur soviétique 40.

Des nombreuses monographies axées sur le bilan de masse, nous ne retiendrons que celle réalisée au cours de Г « Opération Hazen », en Terre d'Ellesmere, que nous avons déjà évoquée. Des forages effectués dans la partie supérieure de la calotte, vers 1 800 m d'altitude, ont montré que des couches annuelles de glace, dues à un regel estival, se laissaient reconnaître jusqu'à une profondeur de 9,5 m correspondant à la fusion estivale de 1929 41 : au-delà de cette profondeur on n'observe plus qu'un névé indiffé- reincié, ce qui paraît impliquer que les périodes de réchauffement estival — nécessaires au regel ultérieur de l'eau — ne sont apparues dans le climat qu'à partir de 1930. La période antérieure a dû vraisemblablement connaître une longue suite d'été sans dégel, hypothèse dont il est superflu de souligner la portée. Le principal émissaire de cette calotte — le glacier Gilman — comporte, entre 1 450 et 1 200 m, une zone de transition dans (laquelle le névé comporte déjà des interstratifications de glace surimposée. A ce

37 E. S. Troshkina et J. V. Machova, Application of the Spore pollen analysis for studying the structure of glaciers of the Elbrus Mountain (Op. cit., p. 195-203, 3 fig.). 38 J. S. Stacey, A prototype hotpoint for thermal boring on the Athabaska Glacier (Journ. of Glac, 1960, n° 28, 1 fig.), et W. H. Ward, Experiences with electro-thermal ice drills on Austerdalsbre 1956-1959 (Assemblée d'Helsinski..., Neige et Glaces, p. 532-542, 9 fig.). On sait que les sondes de ce genre utilisées en France (Saint-Sorlin, Vallée Blanche) sont à circulation d'eau chaude (types Calciati, Kasser). Le chauffage électrique permet des forages plus rapides, mais l'appareillage est sensiblement plus lourd. 39 A.Bauer, Précisions des mesures d'ablation (Op. cit., p. 136-143). 40 V. L. Blinova, Application of the hydrochemical method for investigating the river run-off fed by snow glaciers (Op. cit., p. 144-151, 3 fig.). 41 G. Hatterley-Smith, Studies of englacial profiles in the Lake Hazen area of Northern Ellesmere Island (Journ. of Glacioh, 1960, n° 27, p. 610-625).

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niveau, l'alimentation correspond à un équivalent en eau de 70 à 100 mm selon les années. La glace proprement dite apparaît en dessous 'de 1 200 m; l'étude de l'ablation qui y a été menée fait apparaître une corrélation entre celles-ci et les températures maxima journalières 42. .

Le bilan énergétique du glacier est toujours plus délicat à établir que son bilan de masse. Les recherches effectuées dans cette direction se situent pratiquement à deux niveaux : tantôt l'on se trouve en face de véritables « glaciers-laboratoires », de petite taille, d'accès aisé, sur lesquels de gros movens d'investigation sont accumulés depuis déià bien des années. C'est le cas du Blue Glacier, déià cité; c'est le cas encore, en Laponie suédoise, du Karsa. qui a pu être présenté, l'an dernier, à certains des participants du XIXe Congrès International de Géographie. Se fondant sur les formules empiriques établies par Sverdrup (la part due aux radiations dans l'apport de calories mises en œuvre pour la fusion décroît de 60-75 % au printemps à 37 % pour la fin de la fusion nivale de l'été, puis augmente brusquement à nouveau quand la fusion se fait an détriment de la glace dont l'albédo est toujours plus faible"), С. С. Wallen a ainsi comparé l'ablation calculée pour les années 50 à celle des décennies précédentes 43. Pour l'ensemble de la décennie 1949-1958, le calcul donne 70 % de la fusion due à la radiation directe, 21 % à la convection et 9 % à la chaleur de condensation. Ces valeurs soulignent l'importance des facteurs cosmiques dans la fusion des glaciers de latitude déjà élevée. Tantôt c'est au cours de grosses expéditions qu'un bilan de ce tvne pent faire Tohîet d'évaluation plus ou moins prolongée. Au cours de l'EO.Ï.G., W. Ambach a pu ainsi établir pour la période du 12 au 21 juillet 1959, avec un albédo de 43 %, un bilan théorique correspondant à l'ablation de 38,4 cm de glace, l'ablation mesurée avant été de 37,4 cm 44. Sur le glacier Fedtcheriko, l'établissement de bases permanentes dans le cadre de Y Année Géophysique permit le calcul du bilan de radiations, mois par mois, de septembre 1958 à juillet 1959 45.

42 С Hattersley-Smith, .T. R. Lotz, R. B. Sagar, The ablation season on Oilman Glacier, Northern Ellesmere Island (Op. cit., p. 152-168, 10 fig.). ** C.C. Wallen, The Karsa Glacier and its Relation to the Climate of the Torne Trâsk Region (Geograf iska Annaler, 1959, p. 236-244, 6 fig.). 44 W. Ambach, The energy balance during a 10 day ablation period on thje Greenland Ice Cap (Op. cit., p. 297-300). 45 V. A. Geordio et autres, The Fedtchenko Glacier and Climate (Op. cit., p. 440-448, 2 fig.). Ces travaux sont à rapprocher de ceux relatifs à la fusion de la neige hors glacier. Voir par exemple : L. W. Gold et G. P. Williams, Energy balance during the snow melt period at an Ottawa site (Op. cit., p. 288-294, 3 fig.).

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Reste l'étude du mouvement — ou, comme on dit aujourd'hui, de la rhéologie de la glace. Sur l'un des émissaires de l'inlandsis groenlandais, W. S. B. Paterson a pratiqué au cours de l'été 1958 des mesures de type classique conduisant à une vitesse moyenne de 35 cm/jour pour le mois d'août 4e. A. Bauer a de son côté insisté sur les relations nécessaires entre l'émissaire et sa zone d'alimentation 47 et conclut à un renouvellement relativement rapide, à l'échelle géologique, de la masse même de l'inlandsis. Une bonne étude mécanique a été faite dans le cadre de la « Cambridge Auster- dalsbre Expedition 48. Mais l'analyse la plus fine qui ait été faite du « micromouvement » d'un glacier porte sur la Mer de Glace, à 2 km environ en amont de son front actuel, et est due à notre compatriote R. Millecamps 49 : quatre puits verticaux forés à 140 mètres de profondeur aux quatre sommets d'un carré de 10 mètres de côté isolent dans la glace, à l'origine de l'expérience, un prisme vertical droit. Dans chaque puits sont implantées de distance en distance des céramiques piezo-éleotriques émettrices d'ultra-sons. Des récepteurs judicieusement placés permettent dès lors de déceler les déformations du prisme.

Mettons à part, pour terminer ce long tour d'horizon de la production glaciologique récente, parce que d'une généralisation et d'une abstraction bien plus ample, les deux études présentées à Helsinski par Haefeli et Nye. La première F>0 se propose d'établir une théorie de l'équilibre stationnaire des grandes calottes glaciaires en empruntant les données numériques du nivellement effectué par les Expéditions Polaires Françaises. Il résulte, entre autre, de la théorie proposée, que ces grands inlandsis seraient très peu sensibles, sur leurs marges, aux variations aléatoires de l'alimentation. J. F. Nye, de son côté, étudie sur un modèle théorique de glacier de vallée la propagation des vagues cinématiques dues à d'éventuelles variations du climat B1.

N'oublions pas enfin que la glaciologie — telle surtout qu'on la conçoit actuellement — déborde de beaucoup l'étude des seuls

46 W. S. B. Paterson, Movement of the Selfstroms Gletscher. Northeast Greenland (Journ. of Glaciol, 1961, n° 29, p. 846-849). 47 A. Bauer, Influence de la dynamique des fleuves de glace sur celle de l'Inlandsis du Groenland (Op. cit., p. 578-584, 5 fig.). 48 J. W. Glen, Measurement of the strain of a glacier snout (Op. cit., p. 562-566, 1 fig.). 49 R. Millecamps, Sur une nouvelle méthode d'investigation en glaciologie (Op. cit., p. 568-573). 50 R. Haefeli, Zur Rhéologie von Eisschildern der Arktis und Antarktis (Op. cit., p. 547-562, 6 fig.). 51 J. F. Nye, The influence of climatic variations on glaciers (Op. cit., p. 397-404, 3 fig.).

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glaciers. Aussi la couverture de neige temporaire hors glacier, ou l'étude de la neige en laboratoire, ont-elles fait l'objet à Hel- sinski de tout un groupe de communications, placées tout en tête du volume des comptes rendus, et où le géographe a fort à glaner. Nous avons déjà été amenés à citer l'une d'elles, due à L. W. Gold et G. P. Williams, et portant sur le bilan énergétique de la couverture neigeuse hivernale à Ottawa. Un Finlandais, M. Seppânen, étudie l'action des divers types de boisement sur le comportement du manteau neigeux et l'évaluation des stocks d'eau correspondant52. Un Hongrois, P. Salamin, a analysé l'influence du relief sur l'accumulation et la fonte des neiges dans le cadre d'un petit bassin versant de 45 km2 des Matra, s'échelonnant en altitude de 175 à 946 m63. Des observations nivométriques y ont été répétées systématiquement en 156 emplacements déterminés à l'avance. Dans les fonds de vallées, le manteau neigeux possède à la fois une valeur en eau plus faible et une densité plus forte que sur les versants ou les plateaux. Les terrains broussailleux retiennent d'autre part, au moins jusqu'au 15 mars, un stock d'eau supérieur à la fois à ceux des prés et des forêts, tandis qu'en fin de saison froide le stock le plus important se localise sur les espaces découverts. Quant à l'influence de l'orientation sur laquelle il pourrait paraître superflu d'insister, il faut préciser que la forte valeur en eau du stock neigeux subsistant sur les versants exposés au Nord s'y accompagne d'une densité relativement faible, tandis que c'est l'inverse sur les versants exposés au midi. Au Japon, M. Shoda nous présente le nouveau laboratoire d'étude de la neige achevé en 1958 à Shiozawa pour le compte de l'Institut Technique de Recherche des Chemins de Fer : un bâtiment de 22 X H m» de deux étages, comprenant deux chambres froides ( — 50° G et — 10° C), construit en lisière d'un champ d'expérience sur lequel des observations relatives à la neige au sol se poursuivent réguliè- memt depuis 1949 64.

La glace des mers et des lacs, sur laquelle nous ne pouvons uûus étendre ici, faisait enfin l'objet, à l'Assemblée d'Helsinski, de sept communications dont l'une au moins est d'un intérêt géographique certain : elle porte sur la durée du gel d'un lac finlan-

52 M. Seppanen, On the Influence of trees ou Accumulation of Snow in pine dominated forest in Finland (Op. cit., p. 64-68, 5 fig.)- 53 P. Salamin, Influence du relief sur l'accumulation et la fonte des neiges (Op. cit., p. 108-131, 7 flg.). 64 II serait injuste de ne pas rappeler dans cette note l'existence, en France, d'un Laboratoire pour l'étude de la neige au col de Porte (Chartreuse). La date de sa mise en service n'a malheureusement pas permis d'inclure son activité dans le cadre des réalisations de Y Année Géophysique Internationale.

ÍŽ26 .. : . ók.-p.

dais et nous montre que la « prise » du lac y a oscillé du 3 novembre. (1865; au 27 janvier (1930), tandis que la débâcle s'y est produite entre les daces extrêmes du 20 avril pour la plus précoce (1921) et du 17 juin pour la plus tardive (1867) 5б. Voilà une nouvelle contribution au chapitre de géographie générale, déjà lourd, de la variabilité actuelle de nos climats.

A côté des communications sagement écoutées, l'ordre du jour de l'Assemblée d'HelsinsJti comportait des décisions à prendre, engageant l'avenir. Parmi celles-ci figure celle d'« entreprendre de façon permanente le rassemblement des données concernant les variations des glaciers existants56». Il ne s'agit évidemment pas là d'une entreprise nouvelle, mais d'un aménagement du « relais », qu'il est devenu nécessaire de prendre, du travail considerable accompli de 1936 à 1956 par le Professeur Mercanton, à l'activité et au dévouement duquel un vibrant hommage a été rendu. La Sous-Commission créée à Hesinski s'est réunie par la première lois à Zurich les 10 et 11 avril 1961, conjointement au Bureau lui-même de la Commission des Neiges et Glaces, et complétée par quelques invités, surtout suisses 57. Les décisions suivantes ont été prises sur le plan méthodologique : exclusion du domaine d'étude de la Sous-Commission des langues d'inlandsis vrai, d'une part, et de tout glacier, même non inlandsien, vêlant dans la mer d'autre part. On convient d'appeler ce qui subsiste après cette double exclusive glacier de montagne au sens le plus large du terme. Toute étude, même sommaire, de ces glaciers doit comprendre une évaluation de leur mouvement, considéré comme fait d'observation, sans s'attacher par contre à analyser les lois de ce mouvement. Dans chaque pays, et compte tenu des possibilités matérielles offertes, une hiérarchie sera établie entre divers groupes de glaciers, de préférence trois : a) des glaciers en nombre très réduit faisant l'objet d'investigations coûteuses, mais complètes, au cours de campagnes annuelles régulières; b) un second groupe

35 H. Simojoki, Climatic Change and long Series of Ice Observations at Lake Kallavesi (Op. cit., p. 20-24, 2 fig.). 56 Une Sous-Commission des Variations des Glaciers fut élue à cet effet et se trouve ainsi composée : Président : A. Bauer (France) ; Membres : G. Asviuk (U.R.S.S.), T. J. Blachut (Canada), R. Finsterwalder (Allemagne), P. Kaseer (Sirissc), M. Meier (U.S.A.), J. F. Nye (U.K.), L. Solaini (Italie). 57 Ont participé aux séances de travail : Asviuk et Schoumsky (U.R.S.S.), Field (U.S.A.), Bauer et Péguy (France), Nye et Ward (U.K.), Morandini (Italie), Hoinkes (Autriche), Haefeli, Kasser, de Quervain, Renaud (Suisse;.

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soumis à des observations de caractère plus simple et dont la périodicité pourra n'être déjà plus annuelle; c) un troisième groupe enfin de glaciers — les plus nombreux possibles — faisant l'objet d'observations sommaires, n'exigeant pas un personnel spécialisé, mais que l'on veillera néanmoins à rendre parfaitement utilisables par un double souci de synchronisation et de standardisation. Quel que soit le degré de précision cherché, le but final que l'on se donne est toujours de confronter les variations topographiques du glacier (mesurées non seulement en surface, mais en volume) avec l'intégration des bilans annuels successifs, la considération du débit liquide de l'émissaire constituant un contrôle utile (méthode dite du «bilan hydrologique»).

La réunion de Zurich avait également pour but de préparer le « Colloque » consacré à cette question de la variation des glaciers et qui se réunira à Obergurgl (Autriche) sous la direction de notre savant collègue qu'est le Professeur H. Hoinkes, de l'Institut de Météorologie et de Géophysique de l'Université d'Innsbruck. Les divers Instituts de Géographie de France ont reçu, au début de juin, une première circulaire se rapportant à cette manifestation; les personnes qui désireraient des renseignements complémentaires devraient s'adresser au Secrétariat de la Commission Internationale des Neiges et Glaces, M. W. H. Ward, 147 Rickmansworth Road, Watford, Hertfordshire, Angleterre. On ne saurait trop souligner l'intérêt que cette manifestation présentera pour les « géographes alpins ».