May Etienne. La médecine. Son passé, son présent, son avenir Paris, Payot, 1957, 1 vol. in-8°, 375 p.
Il est difficile de faire tenir en un volume maniable l'histoire d'une science aussi complexe que la médecine, car l'auteur la qualifie bien de science : « Même si elle présente encore des pentes obscures, seule la pratique médicale qui applique cette science peut être considérée comme un art ». On admirera d'autant plus de trouver dans ces pages fort denses l'essentiel du mouvement des idées, des modes d'exploration, des découvertes et inventions qui jalonnent le chemin par lequel la médecine a pris rang parmi les disciplines scientifiques. M. a le mérite de montrer l'aspect discontinu de son évolution et de son progrès, « traversés d'échecs et d'erreurs, de combats indécis et de batailles glorieuses ». Il remarque combien, plus que toute autre science, elle est liée à l'histoire des hommes, à leurs craintes et à leurs rêves, à la vie sociale tout entière. Bien qu'il rende hommage à la médecine hippocratique des anciens, dont l'honneur fut d'avoir mis l'accent sur la conscience médicale, et qui avaient observé que l'organisme de l'homme tend au rétablissement de l'équilibre compromis — notion obscurcie plus tard — M. attache la plus grande importance au domaine expérimental, et la partie la plus riche de son livre a trait à la naissance de la médecine scientifique, avec la découverte des causes des maladies, qui furent généralement isolées et décrites dans la première moitié du XIXe siècle. Trois chapitres sont consacrés à l'évolution de la thérapeutique, avec le tableau des méthodes et des techniques actuelles. Les grands problèmes morbides sont abordés — cancer, maladies cardio-vasculaires — qui se laissent le moins réduire en tant que causes de décès, alors que les maladies infectieuses sont en régression dans les pays dont le niveau de civilisation technique s'élève. La question, dans ces mêmes civilisations, de l'importance prise par la pathologie mentale, n'est pas esquivée. Par la richesse de sa documentation, souvent originale, par la facilité de sa lecture, la commodité de son index alphabétique, l'élévation de la pensée, cette histoire de la médecine comble heureusement une lacune de la bibliographie médicale. H. B.