Catalogue des articles parus en 1985

ÉCONOMIE ET STATISTIQUE

Catalogue des articles publiés en 1985

• Ce catalogue donne la liste de tous les articles publiés en 1 985 dans Économie et statistique, c'est-à-dire à partir du numéro 173 (janvier 1985) jusqu'au numéro 183 (décembre 1985).

92 LES DOSSIERS U ÉCONOMIE ET STATISTIQUE

93 PRODUCTION

La situation économique du pays (inflation, prix industriels, par exemple) et la vie des entreprises agricoles, industrielles et commerciales (production, bilans, coûts salariaux, etc.).

97 POPULATION ACTIVE

Tout ce qui concerne l'activité, l'emploi et les salaires.

101 SOCIÉTÉ

Démographie, santé, éducation, mobilité, familles, patrimoines, et d'une manière générale, tout ce qui a trait à la vie des Français hors de leur activité économique, sauf...

104 VIE QUOTIDIENNE

... revenus, prix, pouvoir d'achat, épargne, consommation, budgets, logement, transports, loisirs des ménages.

106 COMPTES

Comptabilité nationale (concepts et résultats), finances publiques.

108 MÉTHODES, ENQUÊTES, MODÈLES

Méthodologie, présentation des nouvelles enquêtes, modèles, nomenclatures, ouvrages.

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Les dossiers à' Économie et statistique

Certains numéros à' Économie et statistique sont plus spécialement consacrés à un thème particulier. On appelle ici la référence de ces numéros, et la rubrique dans laquelle a été classé chacun des articles qu'ils contiennent.

• Les marchés locaux du travail, n° 182, novembre 1985

En rubrique population active :

La redistribution géographique des emplois entre 1975 et 1982 (S. Mabile, H. Jayet).

Les zones d'emploi et l'analyse locale des marchés du travail (H. Jayet).

Les marchés locaux du travail en Alsace (B. Aubry).

Les marchés locaux du travail dans le Nord - Pas-de-Calais (J.-L Lhéritier).

Les marchés locaux du travail en Provence - Alpes - Côte d'Azur (A. Chauvet).

Les marchés locaux du travail en Rhône - Alpes (P. Goffinet).

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Les dossiers d'Économie et statistique

Production

La situation économique du pays (inflation, prix industriels, par exemple) et la vie des entreprises agricoles, industrielles et commerciales (production, bilans, coûts salariaux, etc.).

Taille des établissements et effets de seuil

Gérard Lang et Claude Thélot

Construire une distribution des établissements selon le nombre de leurs salariés n'est pas chose aisée. Les sources existantes souffrent en effet de plusieurs défauts, comme leurs délais de mise à jour ou la spécificité des concepts sur lesquels elles reposent. Malgré ces difficultés, il est possible de mettre en évidence un effet de seuil autour de dix et de cinquante salariés. Ainsi, la décroissance du nombre des établissements se ralentit entre huit et neuf salariés, puis s'accélère entre dix et onze, puis onze et douze salariés. Cette observation est confirmée par une analyse diachronique : les établissements ayant neuf salariés en octobre 1981 sont par exemple « trop peu nombreux » à être passés à dix salariés trois ans plus tard.

Ces effets, au demeurant assez limités, sont sans doute dus aux obligations financières et sociales auxquels sont soumis les entreprises ou les établissements qui franchissent les seuils de dix ou onze, puis de cinquante salariés. Peut-on chiffrer leurs conséquences en termes d'effectifs ? Répondre à cette question est très difficile. Un ajustement statistique, qui majore sans doute le gain net, conduit à une évaluation comprise entre 15 000 et 50 000 emplois. (Numéro 173 - Janvier 1985)

La fonction financière du crédit commercial interentreprises

Michel Dietsch

Une grande importance a été accordée au secteur d'activité et à la taille dans l'analyse du crédit commercial. De fait, le commerce emprunte plus qu'il ne prête, à l'inverse de la plupart des autres secteurs. De même la charge du crédit pèse surtout sur les entreprises moyennes, au profit des petites et des grandes.

Pourtant, la dispersion des situations est grande à l'intérieur de chaque secteur ou de chaque tranche de taille. Le crédit interentreprises semble davantage déterminé par d'autres caractéristiques, en particulier le taux de valeur ajoutée, et les risques d'illiquidité et d'insolvabilité. Globalement, les entreprises qui distribuent le crédit commercial ont une bonne situation financière, et le crédit bancaire est pour elles d'accès plus facile et de coût plus réduit. Par le jeu des délais de paiement, ces entreprises fournissent des ressources à celles qui ont des difficultés à s'en procurer, et elles assurent les risques de cette fonction d'intermédiation. (Numéro 174 - Février 1985)

Vingt ans après : les projections 1985 confrontées à la réalité

Paul Dubois

Quel sera dans vingt-cinq ans le niveau de vie des Français? Personne aujourd'hui ne se hasarderait à se poser cette question. Pourtant, au début des années soixante, le « groupe 1985 » l'avait fait, et l'INSEE avait élaboré un jeu de projections macroéconomiques pour y répondre.

Les hypothèses faites en matière de démographie ou de productivité s'avèrent proches de la réalité, de même que les résultats obtenus pour la croissance économique ou la progression de la consommation des ménages par grands postes. En revanche, l'existence d'un chômage élevé n'avait pas du tout été prévue.

Malgré cette déficience, l'expérience tend à montrer l'intérêt des projections à long terme. Mais celles-ci doivent accorder une place importante à la recherche des tensions et des déséquilibres pouvant mener à des ruptures. (Numéro 177 • Mai 1985)

1980-1983 : de grandes différences

selon les secteurs

et les entreprises dans l'industrie

Elie Messeca

Pour les entreprises industrielles, l'année 1 983 marque le début d'un redressement, après deux années de dégradation importante. Cette amélioration se fait davantage sentir dans les grandes entreprises que dans les PME, alors que celles-ci avaient mieux résisté entre 1 980 et 1 982.

Entre 1980 et 1982, comme en 1983, l'évolution de la production est très variable selon les secteurs, ainsi que le délai d'ajustement des effectifs. Ces deux facteurs ont une influence prépondérante sur les disparités des situations financières. L'examen des résultats individuels pour les entreprises de 200 salariés et plus met en lumière une très forte dispersion, quelles que soient la variable et l'année considérées. L'appartenance sectorielle n'explique qu'assez peu ces différences individuelles, et son impact tend à se réduire de 1980-1983. (Numéro 177 - Mai 1985)

93

Production

Les incidences

d'une dévaluation du franc

ont-elles varié depuis vingt ans?

Michel Catinat, Jean Pisani-Ferry et Katheline Schubert

Au cours des vingt dernières années, l'économie française s'est ouverte de plus en plus aux échanges internationaux, la structure par produits de son 'commerce extérieur s'est modifiée, son taux de couverture s'est dégradé, son endettement extérieur s'est accru. Quelles sont les conséquences de ces transformations sur les effets d'une dévaluation du franc? Le modèle DMS a été utilisé pour les évaluer à l'aide de simulations qui, en faisant abstraction des politiques d'accompagnement et des contraintes liées aux régimes successifs de change, visent à apprécier les effets « purs » d'une dévaluation.

Tout d'abord, l'idée n'est pas confirmée selon laquelle l'évolution des structures d'importation et d'exportation aurait rendu les volumes du commerce extérieur moins sensibles aux variations de prix. Ensuite, du fait de l'ouverture croissante de l'économie française, un ajustement du taux de change est devenu plus coûteux en termes d'inflation, mais plus bénéfique en termes de croissance; en outre, s'il induit, à court terme, un déficit extérieur plus important, il permet aussi un redressement plus marqué à moyen terme. Enfin, par rapport aux années soixante, le déficit des échanges extérieurs de ces dernières années réduit les effets favorables d'une dévaluation, mais le taux d'utilisation plus faible des capacités de production les amplifie.

Par ailleurs, l'endettement extérieur brut de la France en devises fait qu'une dévaluation implique désormais un prélèvement supplémentaire sur le revenu national; on peut l'estimer (hors modèle) à 0,1 point de Produit intérieur brut en moyenne par an pour une dévaluation de 10% début 1983. (Numéro 178 - Juin 1985)

Une nouvelle enquête sur les consommations d'énergie dans l'industrie

Michèle Garcia, Thérèse Lehoucq et Brigitte Michel

L'industrie consomme environ 30 % de l'énergie utilisée en France. C'est donc l'un des points d'impact importants des politiques d'économies d'énergie et de substitution des énergies d'origine nationale aux énergies importées. Pour estimer les possibilités et mesurer les effets de ces politiques, il fallait mieux connaître les consommations de l'industrie.

Les résultats pour 1983 de l'enquête sur les consommations d'énergie dans l'industrie sont désormais disponibles. Ils fournissent par secteur d'activité, par région et selon la taille de l'établissement, la répartition des consommations par source d'énergie.

(Numéro 178 - Juin 1985)

La chimie : des atouts

pour surmonter une crise grave

Michel Delattre

Les deux chocs pétroliers ont créé des difficultés croissantes pour la chimie. Ils ont provoqué de fortes hausses de prix des consommations intermédiaires, qui n'ont pu être répercutées en raison de l'intensité de la concurrence. La chimie de base a été la plus touchée. Dans ce secteur, les années 1980 à 1982 sont des années de crise aiguë. L'excédent brut d'exploitation est à peine suffisant en 1982 pour payer les frais financiers liés à des dettes très lourdes.

L'année 1 983 marque le début d'une amélioration. C'est que la chimie détient certains atouts. La demande qui s'adresse à ses branches aval, parachimie et pharmacie, transformation des matières plastiques, reste dynamique, ce dont bénéficient aussi indirectement ses branches amont. Elle dispose d'une main-d'œuvre très qualifiée. Très insérée dans les échanges internationaux, elle y réalise de bonnes performances : elle procure à la France le tiers de son excédent industriel.

Cependant, depuis 1979, l'emploi diminue dans la chimie autant que dans le reste de l'industrie. Son endettement est très lourd, et ses investissements sont désormais très faibles, alors qu'ils seraient nécessaires pour moderniser et réorienter ses productions devant l'apparition de nouveaux concurrents. (Numéro 179 - Juillet-Août 1985)

Les effets sur l'emploi des nouvelles techniques de télécommunication

François Meunier et Michel Voile

La croissance économique de l'après-guerre s'est opérée dans un contexte de forts gains de productivité dans l'industrie, et d'une demande croissante en services, pour lesquels les gains de productivité demeuraient plus faibles : d'où la forte progression de l'emploi tertiaire par rapport à l'emploi industriel.

Les nouveaux moyens de communication, en accroissant la productivité dans le maniement de l'information, peuvent provoquer une rupture dans cette tendance. Quelles en seraient les conséquences sur l'emploi? A cet égard, certains jugements sont pessimistes. Il y aurait des pertes d'emploi importantes dans les services, et l'introduction des nouvelles technologies interviendrait alors au pire moment, celui où les pays occidentaux sont aux prises avec des taux de chômage très élevés.

Tout en reconnaissant les risques sur l'emploi, la présente étude défend un point de vue plus optimiste. Elle met en évidence les interactions entre la productivité du secteur industriel, le plus exposé à la concurrence étrangère, et celle des services; elle souligne les effets bénéfiques, pour la compétitivité du secteur exposé, de la diminution des coûts dans les services (Numéro 179 - Juillet-Août 1985)

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Regards sur la situation des entreprises

Michel Devilliers

La situation des entreprises s'est dégradée de façon presque continue depuis le premier choc pétrolier et jusqu'en 1 982. L'industrie est le secteur le plus touché.

Une amélioration se manifeste depuis 1 983. En particulier, la tendance à la baisse du taux de marge s'inverse, grâce au développement des exportations et au freinage des charges salariales.

Mais la situation des entreprises est encore loin d'être assainie. Elle n'est vraiment satisfaisante dans aucun secteur industriel, comme le montrent les données de bilan. Et le nombre de faillites reste élevé.

Surtout la nécessaire reprise de l'investissement est encore limitée. C'est que les obstacles sont nombreux : les chefs d'entreprise hésitent à s'endetter, leurs perspectives concernant la demande restent médiocres, et les taux d'intérêts réels sont très élevés.

(Numéro 180 - Septembre 1985)

Ruptures de croissance et progrès technique

Paul Dubois

L'année 1 974 a marqué une rupture dans la croissance française, qui s'est accompagnée d'une rupture dans la productivité du travail. Ces ruptures, qui se sont accentuées après 1 979, ont reçu des interprétations technologiques.

Pour apprécier leur validité, une analyse quantitative approfondie est nécessaire. Les évolutions récentes doivent être replacées par rapport aux évolutions de long terme, et les résultats obtenus pour la France comparés à ceux disponibles pour les autres pays développés. Les difficultés conceptuelles et statistiques amènent à adopter une démarche progressive, partant des productivités partielles du travail et du capital, pour passer à la productivité globale des facteurs puis au « progrès technique ». De nombreux éléments sont à prendre en compte : qualité de la main-d'œuvre, taux d'utilisation des facteurs, âge du capital, migrations agricoles, effets d'offre des chocs pétroliers.

Les conclusions qui se dégagent sont claires. Le rythme du progrès technique s'est à peine affaibli après 1973, un peu plus après 1979. Cet affaiblissement trouve sans doute son origine dans la fin d'une ère de rattrapage des niveaux de productivité américains. Mais il ne peut expliquer qu'une part réduite du ralentissement de la croissance. Celui-ci résulte d'un dérèglement des mécanismes de régulation internes et internationaux des économies développées, dérèglement qui a entraîné un ajustement à la baisse de l'évolution des facteurs de production et de leur degré d'utilisation.

(Numéro 181 -Octobre 1985)

Les résultats

des entreprises industrielles

en 1984

Edouard Mathieu

Les premiers résultats de l'enquête annuelle d'entreprise dans l'industrie permettent de préciser la description de la situation des entreprises industrielles en 1 984.

La part du chiffre d'affaires réalisée sur les marchés extérieurs s'accroît sensiblement pour les grandes entreprises, mais diminue pour les petites. Les PMI ont eu plus de difficultés à réagir à la réorientation rapide de la demande mondiale.

Les investissements augmentent fortement, après trois années de baisse. Il s'agit surtout d'investissements de modernisation. Les progrès de la productivité du travail sont importants, et, compte tenu du faible développement de la production, les pertes d'emploi sont élevées.

La somme des résultats nets comptables est négative pour l'ensemble des entreprises. La perte globale représente 1,1 % du chiffre d'affaires, soit 22 milliards, les dix entreprises les plus déficitaires totalisant 36 milliards de pertes.

(Numéro 181 -Octobre 1985)

L'incidence macroéconomique des dépenses d'investissement : l'exemple de la RATP

Brigitte Durand et Hervé Passeron

En dehors de leur utilité directe, les investissements des grandes entreprises publiques ont un impact macroéconomique non négligeable. Le modèle PROPAGE a été utilisé pour analyser cet impact dans le cas de la RATP.

Les simulations montrent que l'impact est sensiblement plus positif pour les dépenses d'équipement de la Régie que pour d'autres dépenses comparables. Ceci est dû au faible contenu en importations des équipements achetés par la RATP. L'achat de matériels roulant exercerait sur cinq ans un impact moins important que les autres dépenses d'équipement : extension et modernisation du réseau, amélioration de l'exploitation. Enfin, toujours sous l'angle macroéconomique, le modèle plaide pour un autofinancement de l'investissement qui mettrait à contribution les usagers.

(Numéro 181 - Octobre 1985)

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Modernisation industrielle

et politique macroéconomique :

le cas de l'automobile

Hervé Passeron et Paul Zagamé

La productivité est devenue clairement inférieure dans l'industrie automobile française à ce qu'elle est chez ses concurrentes étrangères. Ce retard' peut-il être rattrapé sans coût durable en termes d'emploi ? Afin d'apporter des éléments de réponse à cette question, le modèle PROPAGE a été utilisé pour évaluer les conséquences d'une accélération de la croissance de la productivité au cours des prochaines années.

Sans modification des comportements, les pertes d'emploi seraient importantes : les gains en compétitivité et donc en débouchés seraient insuffisants pour contrebalancer l'effet des suppressions initiales.

Toutefois, les pertes d'emploi seraient plus faibles si les profits procurés par l'accroissement de productivité étaient réinvestis dans des équipements « efficaces », destinés à la fabrication de produits actuellement peu ou pas du tout fabriqués en France, ou à la mise en place des processus de fabrication les plus modernes (robots, ateliers flexibles, ...).

Mais, de plus, la modernisation de l'automobile améliore le solde extérieur. Dans le cas d'investissements efficaces, l'utilisation des marges de manœuvre ainsi dégagées pour la politique économique globale permettrait finalement une amélioration notable de l'emploi dans l'ensemble de l'économie. (Numéro 182 - Novembre 1985)

Les comptes du secteur

public industriel de 1981 à 1983

le poids de l'endettement

Didier Castille, Denis Cavaud et Pierre Muller

Depuis les nationalisations de 1982, un grand nombre d'entreprises industrielles sont passées sous le contrôle de l'État. Des comptes de ces entreprises, par secteur d'activité, ont été établis pour 1981 (à un moment où la plupart d'entre elles étaient donc encore privées), pour 1982 et pour 1983. Les comptes pour 1984 ne seront disponibles que dans quelques mois.

Par rapport aux autres entreprises industrielles, les entreprises publiques ont sur la période 1981-1983 un taux de marge plus faible : les frais de personnel représentent donc pour elles une part plus importante de la valeur ajoutée. Leurs frais financiers sont particulièrement lourds. Ces deux facteurs sont à l'origine d'une insuffisance aiguë d'autofinancement. Compte tenu des investissements nécessaires, le besoin de financement et donc l'endettement sont très élevés. Les entreprises publiques sont ainsi, plus que les autres, victimes du « cercle vicieux » de l'économie d'endettement.

Cette description générale de la période 1981-1983 est, à quelques nuances près, valable dans tous les secteurs industriels. Elle est particulièrement vraie dans les biens intermédiaires, et notamment dans la sidérurgie, ainsi que dans l'automobile. Dans les biens d'équipement professionnel, la montée de l'endettement provient également de celle des besoins en fonds de roulement. (Numéro 183 - Décembre 1985)

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Population active

Tout ce qui concerne l'activité, l'emploi et les salaires.

La pluriactivité en agriculture

Elisabeth Reignier

Qu'appelle-t-on des pluriactifs agricoles ? D'abord, ceux qui exercent deux activités, dont l'une au moins est agricole; mais aussi, les retraités par exemple, et plus généralement les inactifs, qui ont un métier d'appoint dans l'agriculture.

Ainsi les pluriactifs n'ont-ils pas tous deux professions. Lorsque c'est le cas, ils sont plus souvent ouvrier et agriculteur, ou commerçant et agriculteur.

La pluriactivité est plutôt le fait des hommes que des femmes, et elle est favorisée par une origine agricole. Elle n'est en général pas ressentie comme un phénomène transitoire.

Enfin, elle se pratique un peu plus lorsque la production dominante de l'exploitation est végétale. (Numéro 173 - Janvier 1985)

Les conditions de travail : contraintes d'horaires et pénibilité

Jean-Louis Borkowski

L'enquête Situations défavorisées de 1 978 comportait des questions sur les conditions de travail des actifs. Les réponses obtenues font apparaître deux oppositions principales, largement indépendantes entre elles. La première a trait aux contraintes d'horaires : d'un côté les actifs qui ont un horaire standardisé de 40 heures réparties sur cinq jours, de l'autre ceux dont la durée hebdomadaire de travail est plus étendue. Salariés et indépendants se trouvent ainsi distingués. La deuxième opposition concerne la plus ou moins grande pénibilité du travail, les désagréments de l'environnement, les contraintes hiérarchiques et organisationnelles. Ces aspects différencient maintenant les salariés entre eux, selon leur niveau social; dans la liste des inconvénients proposés aux enquêtes, ce sont les ouvriers qui apparaissent comme les plus défavorisés.

(Numéro 1 74 - Février 1 985)

200 000 emplois

à nouveau perdus en 1 984

Olivier Marchand

et Elisabeth Martin-Le Goff

En matière d'offre d'emploi, 1984 prolonge 1983. La baisse des effectifs se poursuit au même rythme dans l'industrie et le bâtiment; elle est loin d'être compensée par les créations nettes d'emplois qui continuent à s'effectuer, mais de plus en plus lentement, dans les services.

Dans le même temps, la croissance de la population active reprend, après deux années de quasi-stabilité. Le nombre des demandes d'emploi en fin de mois s'accroît en conséquence de près de 300 000. Le taux de chômage au sens du Bureau international du travail dépasse sans doute les 1 0 % depuis le milieu de l'année 1 984.

Comparée à celle de ses principaux partenaires, la situation de la France apparaît déphasée depuis 1 980. En particulier, l'extension du chômage a été marquée chez nous en 1984, après avoir été à peu près contenue en 1982-1983, à l'inverse de ce qui s'est en général produit dans les autres pays de la Communauté européenne.

(Numéro 176 - Avril 1985)

Les facteurs de l'absentéisme

Daniel Depardieu et Stefan Lollivier

Les salariés s'absentent plus souvent lorsqu'ils sont peu qualifiés, lorsqu'ils ont une faible ancienneté, lorsqu'ils travaillent dans une grande entreprise. Le modèle LOGIT a permis de vérifier que ces divers effets jouent indépendamment les uns des autres, et aussi par exemple de l'âge.

Résultat plus surprenant, les salariés mal indemnisés en cas d'absence et ceux payés au rendement sont plus fréquemment absents. Ceci tient sans doute à leurs conditions de travail plus difficiles. Mais l'enquête utilisée ne fournit aucune donnée permettant de tester cette hypothèse. (Numéro 176 - Avril 1985)

Les salaires en 1 984 : une vue synthétique

Patrice Hernu

En 1984, le salaire moyen dans le secteur privé et semi-public a augmenté moins vite que les prix. Malgré cela, la variation du pouvoir d'achat du salaire moyen annuel reste positive pour la période 1980-1984 : + 1,3 %.

Bien que le SMIC continue de progresser plus vite que l'ensemble des salaires, l'éventail général ne se ferme plus depuis quatre ans, en raison de l'augmentation des effectifs des catégories les mieux payées. La hiérarchie socioprofessionnelle reste un important facteur de différenciation : le salaire d'un ouvrier spécialisé est 3,6 fois moindre que celui d'un cadre supérieur. Mais les disparités continuent de se réduire : entre 1 980 et 1984, les salaires des manœuvres augmentent de 51 %, ceux des cadres moyens de 45 %. De plus, les moyennes masquent des situations individuelles très dispersées : ainsi, 10 % des ouvriers qualifiés gagnent plus que 50 % des cadres moyens.

Tous ces résultats sont issus de l'exploitation des Déclarations annuelles de salaires, actualisée pour les années 1981 à 1984. Ils peuvent être comparés aux résultats des deux autres sources sur les salaires, les enquêtes Taux et Gains. Les différences méthodologiques provoquent des écarts parfois sensibles, qui traduisent en fait les mutations dans la composition de la population salariée. (Numéro 178 -Juin 1985)

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Population active

Le traitement

des fonctionnaires en 1 984

Gilbert Rotbart

Pour la Fonction publique, 1984 s'inscrit dans la lignée des années précédentes et consacre la désindexation des salaires par rapport aux prix. Le salaire nominal progresse en effet de 6,8% en moyenne annuelle sur 1983, alors que les prix augmentent de 7,4%. Cette tendance s'est accentuée au cours de l'année 1984, le pouvoir d'achat courant des fonctionnaires étant de 2 % plus faible en décembre 1 984 qu'en décembre 1983. (Numéro 178 - Juin 1985)

1983-1984 :

des changements dans

la nature des embauches

Daniel Depardieu

et Marie-Claire Laulhé

Dénombrer les salariés et les chômeurs ne suffit pas pour décrire le marché du travail et comprendre son fonctionnement. La connaissance de la rotation de la main-d'œuvre dans les établissements et de ses causes serait très précieuse. Un pas est fait dans cette direction grâce à une exploitation approfondie, depuis 1 983 et dans dix régions, des Déclarations de mouvements de main-d'œuvre des établissements de 50 salariés et plus.

Pour 1 000 travailleurs présents en début d'année, on compte, en 1984, 194 entrées, dont 55 embauches fermes. En 1983, ce dernier taux était de 73, alors que la réduction du nombre des emplois était du même ordre qu'en 1984; mais l'écart est dû en grande partie aux contrats de solidarité. Les deux années, on a recensé moins de sorties que d'entrées liées à des contrats à durée déterminée : certains de ces contrats sont transformés en embauches fermes. (Numéro 178 - Juin 1985)

Les revenus non agricoles des agriculteurs, choix ou nécessité

Éric Vert

D'après une enquête destinée à l'étude des revenus des exploitants agricoles, près d'un quart des exploitations ne procuraient aucun bénéfice, au sens fiscal, en 1979. Toutes ensemble, ces exploitations ne représentent que 5 % de la superficie utilisée et la même proportion de l'activité agricole globale (mesurée par la « marge brute standard »). L'absence de revenu agricole fiscal est donc le signe d'une activité de faible ampleur et de revenus eux-mêmes faibles. Rien d'étonnant à ce que 86 % des exploitations dans cette situation soient dirigées par des chefs percevant un revenu d'une autre nature : salaire, retraite, bénéfice non agricole. D'autres chefs perçoivent également des revenus non agricoles. Mais, surtout dans le cas d'une activité salariée, c'est plus souvent le revenu qu'elle procure qui semble déterminer le niveau de l'activité agricole, que l'inverse. Au total, ils étaient environ 500 000 (42%) dans ce cas, en 1979. Le faible rapport de leurs exploitations n'est qu'un élément parmi d'autres pour expliquer ces nombreux cumuls. (Numéro 182 - Novembre 1985)

La redistribution géographique des emplois entre 1975 et 1982

Sylvie Mabile et Hubert Jayet

Entre 1975 et 1982, l'emploi décroît dans certains départements et croît de plus de 7 % dans d'autres. Ces évolutions inégales s'expliquent pour une part par des différences dans les structures d'emploi. En particulier, les départements les plus tertiairisés sont en position favorable.

Mais c'est l'évolution des emplois industriels qui explique la plus grande partie des écarts. En effet, la répartition de ces emplois est très hétérogène et, pour un même secteur, l'évolution est souvent très différente d'un point du territoire à l'autre.

L'emploi a décru à Paris et dans la proche banlieue, alors que la structure des emplois y était très favorable. L'emploi a au contraire fortement crû en grande banlieue. La conjugaison de ces deux phénomènes montre le desserrement des emplois en Île-de-France.

Parmi les départements les plus favorisés, certains bénéficient d'un dynamisme particulier des secteurs tertiaires, les autres des secteurs industriels. Dans le groupe le plus défavorisé, tous les inconvénients se cumulent, aucun facteur ne jouant un rôle déterminant.

(Numéro 182 • Novembre 1985)

Les zones d'emploi et l'analyse locale des marchés du travail

Hubert Jayet

Jusqu'à une date récente, les diverses statistiques concernant l'emploi et le chômage n'étaient pas disponibles dans des découpages cohérents au-dessous du niveau départemental. Depuis 1 983, une division de la France en 365 « zones d'emploi » fournit un cadre commun aux études des marchés locaux du travail. Ces zones sont le fruit d'un compromis entre les réalités économiques et les contraintes administratives.

Une étude des flux d'entrée et de sortie du chômage avait fait ressortir une opposition entre régions urbaines, où le marché du travail est actif, et régions rurales, où il est stagnant. Cette opposition se retrouve entre zones d'emploi à l'intérieur de quatre régions étudiées ici, Nord - Pas-de-Calais, Alsace, Provence - Alpes - Côte d'Azur, Rhône - Alpes. Mais la prise en compte des particularités locales enrichit l'analyse. Alors qu'à Lille, Marseille ou Lyon, les sorties du chômage sont facilitées par l'existence d'un emploi tertiaire important, les sorties sont difficiles à Saint-Étienne ou à Lens, à cause d'implantations industrielles très touchées par la crise. (Numéro 182 - Novembre 1985)

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Les marchés locaux du travail en Alsace

Bernard Aubry

Longtemps épargnée par le chômage, l'Alsace, au cours des dernières années, a été touchée par une forte dégradation de l'emploi. Elle reste cependant, avec l'Île-de-France, la région la moins atteinte par le chômage. C'est dans les bassins les plus urbanisés, Strasbourg, Mulhouse, Colmar, que les taux sont les plus élevés, et la fréquence des entrées au chômage la plus forte. L'industrie, de tradition ancienne, s'est renouvelée en partie jusque dans les années quatre-vingts, en bénéficiant de la construction européenne, qui a profité aussi au secteur tertiaire. Cependant les créations d'emploi n'ont pas suffi à absorber une population active croissant rapidement. Strasbourg à dominante tertiaire, et Mulhouse à vocation industrielle sont les deux grands pôles de l'emploi. Mais de nombreuses zones comptent sur les marchés du travail extérieurs pour faciliter les sorties de chômage : le bassin de Wissembourg par exemple vit dans l'orbite de Karlsruhe où travaillent 5 000 frontaliers. (Numéro 182 - Novembre 1985)

Les marchés locaux du travail dans le Nord - Pas-de-Calais

Jean-Louis Lhéritier

Le marché du travail est plus actif dans les zones à prédominance urbaine et tertiaire. Ces deux oppositions, villes-campagnes et industrie-tertiaire, qui structurent le marché du travail dans le Nord - Pas-de-Calais, se superposent sans coïncider. La combinaison des facteurs urbain et tertiaire favorise une rotation rapide des chômeurs à Lille, capitale administrative régionale, et à Roubaix-Tourcoing. En revanche, dans de nombreuses villes liées à des concentrations industrielles et minières anciennes très touchées par la crise comme Douai, Valenciennes ou Lens, les sorties du chômage sont assez difficiles alors que les entrées sont fréquentes. L'expansion du secteur tertiaire a dynamisé certaines zones à caractère rural comme celles d'Arras et de Berck-Montreuil. A l'opposé, dans les zones rurales qui comportent un secteur industriel lourd, le marché du travail est stagnant et la durée du chômage longue. (Numéro 182 - Novembre 1985)

Les marchés locaux du travail en Provence - Alpes - Côte d'Azur

Alain Chauvet

L'opposition entre marchés du travail urbains actifs et marchés ruraux stagnants est tempérée en Provence - Alpes - Côte d'Azur par les phénomènes d'activité saisonnière liés à l'agriculture et au tourisme, et par l'importance des emplois de type administratif. Si la mobilité des chômeurs est très faible dans les départements alpins et le Haut-Var, il en va différemment dans le Vaucluse rural, où les flux saisonniers sont intenses.

Les zones urbaines sont également très différenciées. A Marseille et en Avignon, entrées et sorties sur le marché du travail sont très nombreuses, pour les hommes comme pour les femmes, et à tout âge. Cependant, à Marseille, la fluidité observée à la sortie du chômage résulte autant du départ de population active hors de la zone que des facilités offertes par un marché du travail urbain. A Toulon, au contraire, la mobilité est faible, en raison de l'existence d'un important secteur protégé de l'emploi (arsenal, base navale). A Nice enfin, les sorties de chômage sont difficiles, à cause de la crise du bâtiment et de l'abondance d'une main-d'œuvre féminine qualifiée peu concernée par les emplois liés au tourisme. (Numéro 182 - Novembre 1985)

Les marchés locaux du travail en Rhône -Alpes

Pierre Goffinet

Au cours des dix dernières années, Rhône -Alpes a perdu 100 000 emplois industriels, plus que la Lorraine ou le Nord - Pas-de-Calais. Cependant, jusqu'ici, la montée du chômage a été contenue, en particulier grâce à la création d'emplois tertiaires, au rattrapage d'activités tertiaires sous-représentées, et au tourisme dans la partie alpine.

Dans les zones d'industries anciennes, en proie aux crises de reconversion, les flux d'entrée au chômage sont en croissance rapide, et les sorties de chômage difficiles. En revanche, dans l'agglomération lyonnaise ou dans les zones d'Annecy et de Vienne par exemple, la situation de l'emploi est meilleure : les taux d'inscription à l'Agence nationale pour l'Emploi sont inférieurs à la moyenne nationale, et les sorties de chômage se font aisément. L'importance du tertiaire à Lyon favorise notamment l'accès des femmes au marché du travail. (Numéro 182 - Novembre 1985)

99

Les traits majeurs du chômage depuis vingt ans

Claude Thélot

Au début des années soixante, le chômage touchait moins de 2 °/o de la population active. Aujourd'hui, le seuil de 10 °/o est dépassé. Certaines catégories d'actifs sont plus atteintes que d'autres. Ainsi, le contraste est saisissant entre l'augmentation très rapide du chômage chez les jeunes, et celle plus modérée des adultes. A la fin de 1 984, près de 24 % des jeunes actifs et 31 °/o des jeunes actives étaient des chômeurs. Une situation aussi contrastée entre les jeunes et les autres ne se retrouve, dans les pays développés, qu'en Belgique et en Italie.

La montée du chômage accuse aussi certaines inégalités sociales. Quasi nulle chez les diplômés de l'enseignement supérieur, l'augmentation du chômage est très élevée chez les actifs sans diplôme. Les ouvriers, surtout les moins qualifiés d'entre eux, sont plus touchés que les autres catégories.

En même temps que le chômage s'étend, il change de nature. Chez les jeunes, c'est la «vulnérabilité» qui s'accroît; depuis 1975, ils tombent de plus en plus souvent au chômage-. En revanche, chez les chômeurs âgés, c'est « l'employabilité » qui diminue; ils ont de plus en plus de mal à retrouver un emploi. Autre mutation : intérim, stages, contrats à durée limitée jouent désormais un rôle charnière grandissant entre emploi et chômage.

La rupture de 1 974 a eu pour effet de faire baisser sensiblement la mobilité professionnelle, notamment parmi la main-d'œuvre peu diplômée. Cela n'empêche pas qu'au cours des années récentes, une proportion croissante d'actifs désire changer d'emploi. Le motif principalement invoqué est l'insuffisance de rémunération, mais une autre raison est donnée de plus en plus souvent, la crainte de perdre son emploi actuel.

(Numéro 183 - Décembre 1985)

La croissance du chômage depuis vingt ans : interprétations macroéconomiques

Claude Thélot

Les indicateurs disponibles pour tenter de caractériser les différentes formes de chômage sont approximatifs, et leur interprétation n'est ni sûre ni simple. Ils permettent cependant d'avancer que la montée du chômage résulte de causes multiples, et que l'importance de chacune d'elles a varié au cours de ces vingt dernières années.

Durant certaines périodes, la montée du chômage paraît directement liée à une insuffisance de la demande : en 1975 et en 1981 tout particulièrement, les entreprises industrielles ne tournent pas à pleine capacité, et le chômage s'accroît rapidement.

Depuis la rupture de 1 974, la montée des incertitudes, le fléchissement de la demande et la baisse de la rentabilité ont fait chuter la croissance du capital. L'offre de travail, elle, a continué à augmenter aussi rapidement. La montée du chômage est en partie imputable à cette divergence d'évolution. Le chômage semble provenir désormais, pour une part, d'une insuffisance des capacités de production.

A tout moment, coexistent emplois vacants et chômeurs. Les uns ne conviennent pas pour les autres, ou il faut du temps pour qu'ils se rencontrent. Ainsi, en 1970-1973, alors que le rythme de croissance est très élevé, le chômage ne diminue pas. Aux restructurations intenses s'ajoutent des changements dans les aspirations de la main-d'œuvre, dus à l'arrivée des jeunes générations et de femmes de plus en plus nombreuses.

(Numéro 183 - Décembre 1985)

Emploi et chômage en mars 1985

Jean-Luc Heller

Selon les conventions du Bureau international du Travail, le nombre des chômeurs s'élevait à 2 429 000 en mars 1 985.

Les difficultés rencontrées par les jeunes pour s'insérer sur le marché du travail, ou, par les plus âgés, pour retrouver un emploi, restent très grandes. Mais c'est un noyau plus central de la force de travail, plus qualifié et plus ouvrier, qui est maintenant de plus en plus touché : celui des adultes de 25 à 49 ans, hommes ou femmes.

Nombre de chômeurs sont amenés à s'adapter à ce contexte : ils sont prêts à accepter un emploi moins qualifié, ou encore un emploi à temps partiel. Les formes d'emploi offertes évoluent rapidement, brouillant parfois les frontières établies entre emploi, chômage, inactivité. Si le temps partiel s'adresse surtout aux femmes, les contrats à durée déterminée se diffusent chez les hommes, notamment chez les ouvriers. D'autres formes particulières d'emplois, plutôt destinées aux jeunes, sont en vive augmentation. Ce sont des stages rémunérés, au premier rang desquels on trouve les travaux d'utilité collective (les «TUC»). (Numéro 183 - Décembre 1985)

100

Société

Démographie, santé, éducation, mobilité, famille, patrimoine et, d'une manière générale, tout ce qui a trait à la vie des Français hors de leur activité économique.

L'âge des Français :

contrastes régionaux

et opposition ville-campagne

Jean-Michel Durr

et Michel de Saboulin

La répartition par âge de la population n'est pas uniforme sur tout le territoire. Certaines régions sont plus «jeunes» que d'autres, parce que la fécondité y est restée relativement élevée et parce que, plus urbanisées, elles attirent les jeunes actifs. Les autres régions vieillissent à mesure que les jeunes s'en vont et que certains retraités retournent au pays. Le déséquilibre ville-campagne s'accentue. Les jeunes adultes sont sous-représentés dans les zones rurales mais aussi dans les petites villes. Dans les grandes villes, en revanche, la proportion de jeunes adultes est assez nettement supérieure à la moyenne. L'agglomération parisienne constitue un cas extrême : déficit en adolescents et en personnes âgées, excédent en adultes dans la banlieue; peu de familles, donc peu d'enfants, et beaucoup d'isolés, personnes âgées et jeunes actifs, dans la ville de Paris elle-même. (Numéro 173 - Janvier 1985)

Ménages et familles :

de nouveaux modes de vie ?

Jean-Pierre Courson et Michel de Saboulin

Depuis 1 968, la baisse du nombre de personnes par ménage s'accentue. Plusieurs modifications dans les modes de vie se conjuguent pour expliquer cette baisse. Les personnes seules sont de plus en plus nombreuses, particulièrement parmi les personnes âgées; les jeunes célibataires cherchent aussi à quitter plus tôt le domicile de leurs parents, mais les difficultés qu'ils ont à trouver un emploi les en empêchent souvent. Les familles monoparentales sont elles aussi de plus en plus nombreuses; elles se forment désormais plus fréquemment par séparation des deux conjoints qu'à la suite du décès de l'un d'entre eux. Enfin, la baisse de la fécondité provoque une diminution du nombre d'enfants par famille, et contribue, par une élévation de leur âge moyen, à un « vieillissement » des familles.

Un autre phénomène de société, le développement de l'activité des femmes, trouve une traduction concrète dans les résultats du recensement de 1 982 : les couples de deux actifs sont devenus plus nombreux que ceux où seul l'homme travaille.

(Numéro 175 - Mars 1985)

Fécondité et milieu social

Guy Desplanques

Les générations de femmes nées durant l'entre-deux-guerres ont été plus fécondes que les précédentes : leurs enfants sont ceux du baby-boom qui a suivi la seconde guerre mondiale. Par rapport aux générations précédentes, les familles sans enfant et les familles nombreuses ont régressé, au profit d'un modèle familial à deux ou trois enfants. Parmi les couples mariés dont la descendance est complète en 1 982, ceux où le mari est ouvrier ou agriculteur ont le plus d'enfants, ceux des catégories moyennes, indépendants, professions intermédiaires, en ont le moins; la fécondité est meilleure chez les cadres et les professions libérales. On retrouve ainsi la courbe en U, déjà observée pour les femmes des générations antérieures. Cette même courbe se retrouve aussi selon le milieu social d'origine des femmes et selon leur niveau de diplôme. Cependant ces divers facteurs interfèrent; en particulier, une trajectoire sociale ascendante est un facteur de réduction de la fécondité.

Le constat est différent si l'on tient compte de l'ensemble des femmes, mariées ou non. Ce sont les femmes les plus diplômées, plus souvent restées célibataires, qui sont alors les moins fécondes.

Depuis vingt ans, la fécondité a fortement chuté. Dans ce mouvement, le haut de l'échelle sociale a légèrement précédé l'ensemble de la société. Au début des années quatre-vingts, les femmes les moins diplômées restent de loin les plus fécondes, mais les comportements se sont un peu rapprochés. (Numéro 175 - Mars 1985)

Les personnes âgées,

de la vie de famille, à l'isolement

Pierre-Alain Audirac

En 1982, dix millions de personnes ont soixante ans ou plus. Cette population va s'accroître considérablement au cours des prochaines années.

Pour leur hébergement, les personnes âgées ont de plus en plus recours à des établissements spécialisés, tels qu'hospices, maisons de retraite ou logements-foyers. Toutefois, 95 % d'entre elles habitent des logements, en couple dans plus de la moitié des cas. Les femmes ayant bien plus de chances que les hommes de survivre à leur conjoint, elles sont très nombreuses à vivre seules.

Les personnes âgées qui n'appartiennent pas à un couple et sont hébergées par une famille sont le plus souvent ascendantes d'un des membres de cette famille. Mais l'isolement de la population du troisième âge s'accentue : en 1 962, les personnes seules étaient moins nombreuses que celles vivant avec des proches; en 1982, elles sont deux fois plus nombreuses. (Numéro 175 - Mars 1985)

101

Société

Accession à la propriété et « rurbanisation »

Claude Taffin

Plus d'un ménage sur deux est désormais propriétaire de son logement. Près d'un ménage sur deux habite une maison individuelle, et l'on en construit actuellement deux fois plus que d'appartements. Accession à la propriété et extension de l'habitat individuel se poursuivent tandis que la construction urbaine se ralentit. Tel sont les principaux aspects de la « rurbanisation », autrement dit de la tendance à quitter les centres urbains pour une petite ville ou une campagne proches, souvent en devenant propriétaire d'une maison individuelle. Grâce à un crédit facilité par les pouvoirs publics, les nouveaux accédants sont jeunes : 35 ans en moyenne au moment de leur emménagement; les couples avec deux enfants ou plus et les cadres, mais aussi les ouvriers, y sont surreprésentés. (Numéro 175 - Mars 1985)

Modes de garde

et scolarisation des jeunes enfants

Guy Desplanques

« Faire garder ses enfants : un casse-tête pour les parents », titrait récemment le Monde de l'éducation. En 1 982, 900 000 enfants de moins de trois ans ont une mère active salariée. Ce chiffre donne la mesure des besoins de garde, qui croissent en même temps que l'activité féminine.

Les solutions adoptées par les parents dépendent de multiples facteurs : équipements en écoles ou en crèches, milieu social, ressources, traditions familiales et régionales... En milieu ouvrier et chez la plupart des immigrés, les enfants vont souvent à l'école maternelle dès que possible, entre deux ou trois ans; et les solutions alternatives passent plutôt par la famille. Les milieux aisés scolarisent leurs enfants plus tard; auparavant ils recourent plus que les autres aux modes de garde onéreux : crèches, nourrices, gardes à domicile. En Bretagne et dans le Languedoc - Roussillon les enfants sont souvent scolarisés assez jeunes; ce n'est pas le cas en Île-de-France, région la plus équipée en crèches.

Après trois ans, les enfants vont massivement à l'école, et les disparités s'estompent. Toutefois, les enfants de cadres sont plus scolarisés que la moyenne.

(Numéro 176 - Avril 1985)

La moitié des électeurs potentiels

n'ont pas voté

aux élections de juin 1 984

Jean Morin

La participation des électeurs inscrits a été étudiée dans Économie et Statistique pour les élections municipales de 1983. La même étude est présentée ici pour les élections européennes de 1 984. L'analyse est ensuite étendue à l'ensemble des « électeurs potentiels », prenant en compte ceux qui auraient pu s'inscrire, mais ne l'ont pas fait.

(Numéro 176 -Avril 1985)

Nuptialité et fécondité des étrangères

Guy Desplanques

Parmi les femmes de 40 à 50 ans qui vivent actuellement en France, les Maghrébines se sont mariées plus tôt que les Françaises, les Espagnoles plus tard. Chez les femmes plus jeunes, les différences s'estompent ou même disparaissent. Sans que s'éteigne l'attachement au pays d'origine : les étrangères y retournent souvent pour célébrer leur mariage.

La présence étrangère relève le niveau de la fécondité d'un peu moins de 0,1 enfant par femme. Les Espagnoles et les Italiennes ont le même nombre d'enfants que les Françaises. Les Portugaises en ont davantage, et les Maghrébines beaucoup plus. Cependant dans ce domaine, comme dans celui de la nuptialité, les Algériennes se distinguent des Marocaines et des Tunisiennes : les jeunes générations se marient et ont leur premier enfant beaucoup plus tard que leurs aînées.

(Numéro 179 - Juillet-Août 1985)

Depuis 1975,

les migrations interrégionales

sont moins nombreuses

Jacques Boudoul et Jean-Paul Faur

Les changements de résidence ont été moins nombreux entre 1975 et 1982 qu'entre 1968 et 1975. En revanche, la structure par âge des migrants interrégionaux est restée la même. Ce sont toujours les jeunes adultes qui bougent le plus. Mais le départ à la retraite est l'occasion d'un regain de mobilité, souvent à destination du pays de naissance.

Les régions françaises ont un pouvoir d'attraction très inégal : sur 100 habitants du Languedoc - Roussillon en 1982, 16 s'y sont installés en 1975 ou après. Dans le même temps, 4 personnes seulement sur 100 sont arrivées dans le Nord - Pas-de-Calais. L'Île-de-France, autrefois très excédentaire dans ses échanges avec la province, est devenue fortement déficitaire. Elle conserve néanmoins un rôle majeur dans les mouvements migratoires. (Numéro 1 80 - Septembre 1985)

102

Un actif Slir deux Désormais, un actif sur deux quitte la commune où il réside pour se rendre au lieu

travaille hors de la commune c'e son trava''- La proportion n'était que de 44% en 1975. Développement d'un nouveau

„ .. , . . type d'urbanisation au pourtour des villes, augmentation sensible du nombre des

OU II reside ménages propriétaires, et sans doute aussi montée du chômage, telles sont les

principales causes de cette évolution. Les hommes effectuent davantage de déplacements Alain Lery et Christophe Terrier quotidiens que les femmes, et les femmes sans enfant plus que les mères de famille.

Ces déplacements sont plus intenses dans les départements urbains que dans les

départements ruraux; en particulier, ils concernent les trois quarts des actifs en

Île-de-France.

Beaucoup moins fréquents sont les déplacements d'un département à l'autre, sauf en Île-de-France, où lé taux de migration est de 40 %. Paris exerce une attraction exceptionnelle : près de 950 000 banlieusards se dirigent quotidiennement vers la capitale, tandis que les Parisiens qui font le chemin en sens inverse sont quatre fois moins nombreux.

Le cas de la Lorraine, examiné à part, montre comment les migrations alternantes s'inscrivent dans un ensemble de réactions possibles à la situation de l'emploi dans une région. (Numéro 180 - Septembre 1985)

103

Vie quotidienne

Revenus, prix, pouvoir d'achat épargne, consommation, budgets, logement, transports, loisirs des ménages.

Flux et superflu : l'échange des cadeaux en fin d'année

Nicolas Herpin et Daniel Verger

Qu'offre-t-on à l'occasion des fêtes de fin d'année ? Des jouets certes, mais aussi de l'argent liquide et plus encore des vêtements. Les cadeaux sont souvent des objets utiles, sans être pour autant des objets courants. Il en est surtout ainsi lorsque l'offreur connaît les goûts du destinataire. S'il les connaît mal, il offre des cadeaux passe-partout : des chocolats, des alcools, des fleurs ou même des bibelots.

En cours d'année aussi, l'offreur est confronté à un problème d'information. Il sait mieux ce qu'attendent les membres de sa famille, et ne leur offre pas les mêmes présents qu'à ses amis, voisins ou collègues. Les occasions particulières, comme les mariages ou les naissances, constituent, par leur définition même, des indications précieuses pour deviner ce qui a le plus de chances d'être utile au destinataire.

Le cadeau exprime les rapports entre les individus mais aussi entre les ménages. Ainsi l'échange des cadeaux de fin d'année est révélateur des relations que les couples entretiennent avec leurs familles d'origine. La symétrie est remarquable dans les échanges avec le père et la mère de la maîtresse de maison et avec ceux de son conjoint, mais des différences apparaissent en ce qui concerne les frères et sœurs.

(Numéro 173 - Janvier 1985)

La vignette : l'image

d'un parc automobile qui vieillit

Yves Dumont et Joseph Leddet

Les statistiques relatives à la vignette automobile présentent un double intérêt : d'une part elles donnent une image du parc automobile, en termes de puissance fiscale et d'âge moyen; elles concernent d'autre part une recette fiscale qui, bien que faible par rapport à d'autres impôts, n'est pas négligeable, environ 8 milliards de francs pour la vignette 1983. (Numéro 173 - Janvier 1985)

Les comportements des Français en matière d'assurances

Daniel Verger

Risque d'accident de la circulation, de vol ou d'incendie, menace sur l'emploi, le revenu ou la santé, la plupart des actions de la vie quotidienne sont soumises à une part de hasard dont les conséquences peuvent être néfastes. Face à l'incertain, au risque, la souscription d'un contrat d'assurance répond à des motivations individuelles complexes. Elle s'analyse aussi comme un fait social à la lumière des caractéristiques sociodémographiques des ménages.

Ainsi les personnes seules sont systématiquement moins assurées que les familles. Les ménages les plus aisés sont plus assurés que les ménages les plus pauvres. Et l'on s'assure le plus souvent au début et au milieu du cycle de vie. Également significative, l'opposition salariés-indépendants est d'une nature un peu différente : ce n'est pas tant l'étendue des protections que le type de protection qui diffère. Il est alors difficile de distinguer ce qui est dû à une différence de comportement ou à un simple effet de l'offre d'assurance. (Numéro 174 - Février 1985)

La taxe d'habitation : un nouvel éclairage

Hubert Neyman

La taxe d'habitation représente 1 1 % des impôts directs versés par les ménages et le quart des ressources des collectivités locales. Son mode de calcul assez complexe aboutit à une relative concentration, pour un impôt a priori non progressif : les 20 % de contribuables les plus imposés acquittent plus de la moitié du produit total de la taxe. Les différences entre contribuables tiennent bien sûr à la surface et au confort des locaux imposés mais aussi à la situation de famille et au revenu, par le jeu d'abattements et de dégrèvements pour les personnes à charge, les foyers de condition modeste et les personnes âgées. L'augmentation sensible de la taxe d'habitation avec la taille de la commune est moins attendue. Par la possibilité qui leur est offerte de moduler divers taux dans le calcul de la taxe, les grandes villes financent ainsi leurs équipements et équilibrent leurs dépenses de fonctionnement. (Numéro 174 - Février 1985)

La consommation d'alcool

en France

régresse et se transforme

Catherine Aubey et Daniel Boulet

Les modes de vie des Français, et en particulier leurs modes de consommation, ont profondément changé depuis 1950. Ainsi, le vin rVest plus considéré comme la boisson de table quotidienne. Du coup, la nature, la quantité et la qualité des boissons alcooliques absorbées à domicile ont, elles aussi, évolué : la part du vin régresse, celle de la bière progresse. (Numéro 176 - Avril 1985)

104

Vie quotidienne

L'effet redistributif

de l'impôt direct

et des prestations familiales

Geneviève Canceill

En 1 980, les 40 % de ménages les moins imposés paient 3 % de l'impôt direct et reçoivent 65 % des prestations familiales. Le bilan de ces transferts (prestations moins impôts) est favorable aux familles nombreuses : 90 % des ménages qui ont quatre enfants ou plus ont un solde positif supérieur à 8 500 F, ce qui n'est le cas que pour 10% de l'ensemble des ménages. Les ouvriers sont la catégorie socioprofessionnelle la plus aidée : ils sont bénéficiaires dans 40 % des cas. L'avantage est maximum quand le chef de ménage est âgé de 35 à 40 ans, période la plus favorable pour les prestations familiales.

Les qualités redistributrices des différents transferts sont loin d'être homogènes. L'impôt sur le revenu est très progressif, et un ménage sur trois n'en paie pas. La taxe d'habitation est acquittée par un plus grand nombre de ménages, au désavantage des personnes seules. Certaines prestations familiales, tel le complément familial ou l'allocation de logement, sont attribuées sous condition de ressources et bénéficient surtout aux ouvriers. Les allocations familiales, qui dépendent seulement du nombre d'enfants, favorisent les groupes sociaux les plus féconds, ouvriers non qualifiés et agriculteurs.

(Numéro 177 - Mai 1985}

Les revenus des ménages par catégorie sociale en 1979

Monique Gombert

Entre les revenus d'activité, constitués aux trois quarts de salaires, les disparités selon la catégorie sociale sont importantes. Les revenus du patrimoine représentent 1 2 % du revenu disponible et renforcent encore ces écarts. Au contraire, les prestations sociales, et notamment les retraites, atténuent les différences. Les impôts directs enfin, prélèvent en moyenne 8 % du revenu total, mais en réduisant sensiblement les disparités entre catégories.

De 1970 à 1979, les disparités s'atténuent légèrement entre les catégories extrêmes, salariés agricoles et professions indépendantes. Le rapport entre leurs revenus disponibles passe de 3,4 à 2,8 entre ces deux dates. La part des transferts sociaux augmente, passant de 23 % à 29 % du revenu avant impôts. Pour l'essentiel, cette croissance s'explique par celle des retraites. Parmi les ménages dont le chef est actif, les ouvriers ont un revenu qui augmente plus que la moyenne. Ceci provient à la fois d'une croissance soutenue de leurs salaires et des prestations sociales importantes qu'ils perçoivent.

(Numéro 177 • Mai 1985)

Une évaluation récente

des revenus fiscaux des ménages

Stefan Lollivier

La dernière enquête sur les revenus fiscaux des ménages portait sur les revenus de 1979. A partir de cette enquête, une actualisation à été effectuée jusqu'en 1983. Les tendances observées au cours de la décennie soixante-dix se poursuivent. Les disparités entre les revenus moyens des différentes catégories de ménages se réduisent sous l'effet des réductions des écarts individuels de rémunération, mais aussi parce que le nombre de ménages évolue de manière différente dans chaque catégorie. Cependant, cette réduction est limitée et la hiérachie de 1979 est conservée.

En 1 982 et en 1 983, les revenus moyens des ménages de cadres ont augmenté moins vite que les prix à la consommation. Les ménages d'employés ont été à leur tour touchés par ce phénomène en 1983. (Numéro 177 - Mai 1985)

La cohabitation hors mariage un mode de vie différent?

Claire Sarma *

De plus en plus de couples choississent de vivre ensemble sans se marier. Il semble qu'il s'agisse moins souvent qu'avant d'un état transitoire. Ces couples adoptent un mode de vie spécifique. Ils accèdent moins volontiers à la propriété, ils habitent des appartements moins spacieux, plus anciens et moins confortables. Ils possèdent aussi moins souvent un réfrigérateur ou une machine à laver. En revanche ils ont plus souvent deux automobiles. Enfin ils achètent plus féquemment d'occasion les biens les plus coûteux. (Numéro 179 • Juillet-Août 1985)

Les revenus du patrimoine sont très inégalement répartis

Stefan Lollivier

La source fiscale permet l'observation des revenus que les ménages tirent de leurs patrimoines, ce qui renseigne en partie sur les patrimoines eux-mêmes. L'article considère essentiellement les revenus mobilliers et les revenus fonciers, à l'exclusion de tout revenu tiré de la mise en œuvre directe d'un patrimoine professionnel. La distribution de ces revenus est très concentrée : les 8 % qui en déclarent le plus cumulent 90 % de la masse totale. Les plus gros revenus du patrimoine sont perçus par des ménages d'indépendants et d'inactifs; dans certains cas même, la source principale de leurs revenus semble être le patrimoine. (Numéro 180 - Septembre 1985)

105

Comptes

Comptabilité nationale (concepts et résultats), finances publiques.

Les comptes prévisionnels de l'agriculture pour 1984

(estimation au 7 novembre 1984)

Récolte record, baisse des prix et problèmes sérieux de stockage pour les céréales, diminution sensible des livraisons de vins courants, instauration des quotas laitiers dans une Communauté européenne largement excédentaire, tels sont les traits marquants de la production agricole française en 1 984. Par ailleurs, les prix des engrais et des autres consommations intermédiaires s'accroissent plus fortement que celui des livraisons. Les subventions sont en nette progression, mais l'accroissement des charges sociales est plus rapide que celui des ressources aux comptes d'exploitation et de revenu. Le résultat global est une progression en francs constants du revenu brut agricole par exploitation estimée à 1,5 %, ce qui traduit au moins un certain redressement par rapport à l'année précédente. (Numéro 173 - Janvier 1985)

Commerce : concurrence accrue en 1984

L'évolution du commerce intérieur en 1 984 s'inscrit dans un environnement macroéconomique caractérisé par une reprise progressive de la production industrielle et par un tassement de consommation des ménages. C'est, mais plus accentué, le climat qui avait déjà régné en 1 983. S'y ajoute l'amorce d'une reprise de l'investissement industriel. Dans ce contexte, le commerce présente des évolutions contrastées. Le commerce de gros bénéficie dans l'ensemble d'une demande croissante. Dans le commerce de détail, l'évolution des secteurs est très inégale, reflet d'une concurrence accrue sur un marché en réduction. Au total, l'activité commerciale reste stabilisée à son niveau de 1 983. La réduction de l'emploi salarié, finalement constatée à partir des statistiques de l'UNEDIC pour l'année 1 983, se poursuit mais de façon plus modérée au cours des trois premiers trimestres de 1 984.

Les difficultés de trésorerie se maintiennent à un niveau élevé en 1984 dans le commerce de détail alimentaire et non alimentaire. Le nombre des défaillances d'entreprises (règlements judiciaires et liquidations de biens) continue à croître, en particulier dans le commerce de détail alimentaire et le secteur spécialisé en équipement de la personne. Ces défaillances traduisent les difficultés du petit commerce face à un regain de la concurrence et à la forte baisse des achats des ménages en articles d'habillement et en biens d'équipement du foyer. (Numéro 174 -février 1985)

L'année 1984 à travers les comptes nationaux

Marc Beudaert et François Nicolas

L'année 1984 marque une nouvelle étape dans le rétablissement des équilibres économiques et financiers engagé en 1 983 : le déficit du commerce extérieur se réduit à nouveau et la balance des paiements courants retrouve l'équilibre; la décélération de la hausse des prix est sensible; les comptes des entreprises continuent à se redresser; le besoin de financement des administrations diminue. Ces résultats n'ont pu être obtenus qu'au prix d'une réduction du pouvoir d'achat du revenu des ménages et d'une croissance plus faible que dans les autres pays industrialisés; le Produit intérieur brut marchand aux prix de 1 983 progresse cependant de 1 ,5 %, c'est-à-dire davantage qu'en 1 983 (+ 0,6 %). Mais cette reprise est insuffisante pour éviter une nouvelle dégradation du marché du travail. Le chômage augmente fortement en 1 984 alors qu'il avait pu être contenu en 1 983, notamment grâce à des mesures conduisant à limiter l'offre de travail.

(Numéro 178 - Juin 1985)

1984, une bonne année pour les industries agricoles et alimentaires

Denis Bresson

Pour les industries agricoles et alimentaires l'année 1 984 a été excellente pour le commerce extérieur, dont l'excédent est proche de celui de 1981; excellente aussi pour l'investissement, qui a retrouvé son niveau d'avant 1 974. Elle a été bonne pour la production qui s'est accrue, alors qu'elle avait baissé en 1983. Enfin l'emploi n'a pas diminué et la productivité se maintient. (Numéro 179 - Juillet-Août 1985)

106

Comptes

Une nouvelle approche du patrimoine en terrains

Anne Laferrère

Dans les comptes de patrimoine actuels, toutes les terres utilisées pour l'agriculture sont valorisées au prix de la terre agricole. Or certaines de ces terres, destinées à être urbanisées, ne seront jamais vendues à ce prix. Leurs propriétaires attendront de les vendre au prix du terrain à bâtir, 10 à 100 fois plus élevé.

On a donc essayé de corriger l'évaluation des terrains urbanisables, bien que les données existantes ne rendent pas l'opération aisée. Il en résulte une augmentation du patrimoine en terrains de l'ordre de 1 500 milliards de francs pour 1977, soit 20% des actifs physiques tels qu'ils avaient été estimés. (Numéro 181 - Octobre 1985)

107

Méthodes, enquêtes, modèles

Méthodologie, présentation des nouvelles enquêtes, modèles, nomenclatures, indices, ouvrages.

Le volume ménages-familles

Michel Villac

Afin de mettre à la disposition des utilisateurs, par grands thèmes, les principaux résultats du recensement de 1 982, plusieurs « volumes Bordeaux » ont déjà été publiés : « logements-immeubles », « structure de la population totale », « population active », « formation ». Un volume « ménages-familles » vient de paraître. Sa présentation a été profondément remaniée par rapport aux éditions antérieures, qui présentaient les résultats des précédents recensements. Il devrait constituer une mine d'informations, où puiseront tous ceux pour qui la famille constitue un domaine d'action ou d'étude.

(Numéro 175 - Mars 1985)

La construction d'un indice de prix pour les travaux d'amélioration de l'habitat

Marcel Costantini et Gérard Neuberg

Les travaux d'amélioration de l'habitat prennent une part croissante dans l'activité du bâtiment. Certains d'entre eux sont subventionnés par l'Agence nationale pour l'amélioration de l'habitat. L'idée est apparue d'utiliser les devis qui lui sont soumis à cet effet pour élaborer un indice de prix. Cet indice compléterait l'indice du coût de la construction, qui ne concerne que la construction neuve.

Les devis ne détaillant pas le coût de chaque prestation, une méthode spécifique a été progressivement mise au point pour les exploiter. L'étude a débouché sur un indice annuel, dont deux valeurs sont désormais connues. Quelques points doivent toutefois être encore approfondis, comme la prise en compte de l'évolution de la qualité des travaux. (Numéro 180 - Septembre 1985)

108

Méthodes, enquêtes, modèles