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II. — NOTES, DISCUSSIONS ET PRISES DE DATE.
Discussion sur l'utilisation des Hachée polies comme Dents de Her se.
M A. Hugues (Saint-Geniès-de-Malgoirès, Gard). — Dans le Folklore de France, par Paul Sébillot (T. III, La Faune et la Flore, p. 134-135), cet auteur écrit : « En Vallonie, une dent de herse, trouvée par hasard et suspendue au plafond juste au-dessus des bêtes, constitue une excellente Amulette. Il en est de même du rognon de silex ou de grès perforé; il arrête les mauvais sorts, etc. ».
La dent de herse posséderait donc les vertus de talisman, ordinairement accordées à la Hache polie !
Serait-ce là un argument en faveur de la thèse soutenue par M. Marcel Baudouin?
A des époques plus ou moins antiques, la Hache polie aurait-elle occupé la place de la dent de herse ?
En tout cas, cette dernière aurait, dans certains pays, hérité du pouvoir de la première !
M. Marcel Baudouin. — A mon sens, ce fait de Folklore, qui m'avait échappé, est des plus intéressants. Il semble bien que, désormais, il faille rendre synonymes Dents de Herse et Haches polies, pour bon nombre de pièces, qui n'ont pas été emmanchées en hache !
A noter : « trouvé par hasard ». C'est la même chose pour le Fer à cheval, etc.
Discussion sur les Trésors cachée à Veau d'Or.
M. Hugues (Gard). — La lecture des articles del' Intermédiaire des Chercheurs et Curieux et du В . S. P. F., relatifs aux Veaux d'Or cachés, m'a vivement intéressé.
A Nîmes, c'est dans le gouflre de la Fontaine, que les Romains ont précipité le Veau ďOr. — Ailleurs, dans le Gard, ce sont surtout les grands Oppidums sous les ruines desquels se cachent des trésors. Sur celui de Vid-Cioutat (vieille Cité), commune de Monteil (Gard), le Veau d'or est enterré auprès de la porte des Autrichiens. Il est fort bizarre de voir la tradition placer des Autrichiens en ce lieu !
Dans mon village de Saint-Geniès-de-Malgoirès, c'est au pied du beffroi de l'horloge que gît un important trésor (la Tour en ques-
Discussion sur l'utilisation des Haches polies comme Dents de Herse
Discussion sur les Trésors cachée à Veau d'Or
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tion se trouve placée sur un débri de rempart) ; et, à 30 mètres de là, au beau milieu d'une ferme voisine, c'est une grande Dame, ensevelie avec tous ses diamants, reconnus énormes par la tradition, qui constitue encore un nouveau trésor.
Comme M. Marcel Baudouin l'a écrit, les paysans ont vite transformé en or tout objet trouvé près d'ossements de Chrétiens.
Tous ceux du pays, me voyant fouiller les clapiers (Tumulus) des garrigues, sont persuadés que mon secret espoir est d'y découvrir un Trésor 1
M. Marcel Baudouin. — Le Veau. d'Or de Nîmes (1), qui est évidemment un faux-Dieu, a dû être censément jeté dans la Fontaine de Nîmes par des Chrétiens. Par conséquent ce Veau d'or rattache peut-être ceux des bords de l'Océan à ceux de Palestine et au Veau d'Or de la Bible, qui devait être une Statue d'un Dieu Apis (Egyptien) (2), dégénéré ou transformé par les habitants de la Judée, à l'époque dont parlent les livres saints.
De nombreuses légendes, relatives à des Trésors cachés, correspondent à des Mégalithes.
Cela tient certainement à ce qu'à un moment donné on a dû trouver par hasard, au niveau de ces monuments, des objets précieux (bijoux, parures, armes, etc.), semblant indiquer une cachette quelconque. En réalité, ces objets, de prix, provenaient du mobilier funéraire de la sépulture correspondante et avaient été mis au jour soit par une recherche particulière ; soit même par la disposition du tumulus de terre recouvrant les grosses pierres sous l'influence d'un phénomène naturel, comme les pluies ; soit par l'effondrement, spontané ou non, d'un mégalithe. Ce qui le prouve, c'est que certaines de ces légendes ont une allure relativement très moderne.
Telle, par exemple, celle du Mégalithe de La Pierre Levée des Sept-Chemins, près Bouzon, dans les Deux-Sèvres, qui a donné lieu au dicton suivant, affirmant aux Laboureurs qu'en cherchant bien,
Entre Exoudun et Bougon, Le Veau d'Or ils trouveront.
Cette expression de Veau d'Or, appliquée à un trésor caché, est évidemment relativement assez récente.
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II n'est pas probable que ce soient des légendes de cette nature qui aient suggéré à La Fontaine la morale de sa fable du Laboureur et ses Enfants ; mais, cependant, cela ne serait pas tout à fait impos-
Fig. 1. — Spécimen des Têtes de Bœuf, qu'on trouve dans les Puits funéraires là où censément » il y a des Vaches en Or cachées. — [Puits du vieux Bram, àBretignolles, V.).
sible, au moins au dire du Dr Prouhet, car, après tout, l'idée abstraite du fabuliste a bien pu avoir pour base un fait de cette nature : une simple découverte de trésor.
[Prise de date].
M. Marcel Baudouin (Paris). — Cette note est simplement une prise de date. Elle a pour but de dater, en années, l'industrie Néolithique, la plus typique, du Grand-Pressigny (silex jaune), à l'aide de deux trouvailles absolument caractéristiques, faites par moi-même, en place, au cours de deux fouilles méthodiques, menées aussi scientifiquement que possible en Vendée.
Cette démonstration est basée, bien entendu, comme toujours (1), sur le phénomène astronomique de la Précession des Equinoxes et l'hypothèse que j'ai émise et dont je crois avoir démontré l'exactitude, relative à l'érection des Dolmens et des Menhirs sur les lignes solaires principales de l'époque d'édification de ces monuments.
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1° J'ai trouvé, en eflet, en 1915, au pied même du Menhir № I de La Pointe de la Grosse Terre, à Saint Hilaire-de-Riez (V.), sous des blocs décalage, une extrémité de pointe de Poignard, aplatie, en silex jaune- blond, taillée à la mode pressignyenne et typique. Or, astronomique- ment, ce menhir peut-être daté de 8.600 ans, car il a été érigé sur une ligne Solsticiale Sud-Lever (Brumalis),' qui présente ici 8° de Déviation précessionnelle.
2° D'autre part, j'ai recueilli, dans la Ciste des Cous, à Bazoges-en- Pareds (V.), une pointe d'Epée ou de Poignard, absolument entière, quoique cassée, en place, au milieu de l'Ossuaire. Or ce monument, qui est érigé sur la ligne Equinoxiale avec 7° de Déviation précessionnelle, date de 8.900 avant J.C. — La taille est d'ailleurs assez grossière.
Si cette pièce, qui est en silex blond de La Bonnetière est plus ou moins discutable, en raison de la belle patine blanche qui la recouvre, la première, sans patine et d'une finesse bien plus grande, est très caractéristique (1).
Il résulte donc de ces deux constatations que, dès 9.000 ans avant J. C, on taillait du silex au Grand-Pressigny suivant le type Néolithique et qu'à cette date il était déjà importé en Vendée. De plus, il est certain que la taille et l'importation durait encore au moins 6.000 ans avant J. С sur les côtes de cette région (2).
Mais, à la fin même du Néolithique robenhausien, comme au Néolithique inférieur, on constate l'absence dé ces silex dans certaines stations [en particulier celle de La Grosse Terre, voisine du Menhir indiqué]. — L'importation a donc été nulle chez ces Néolithiques, qui étaient, certainement, des Peuplades dégénérées, en voie de disparition.
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Présentation d'un Marteau-coin Néolithique à perforation incomplète.
PAR
Paul de GIVENCHY (Paris) (1).
A notre séance du 23 décembre 1915, M. le Dp Marcel Baudouin, dans une intéressante communication sur les Tarauds ou Fraises Néolithiques (voir Bulletin, 1915, pages 422 et suivantes), a insisté particulièrement sur les procédés de forage des Casse-têtes en pierre (Forage cylindrique et Forage par le procédé des Cupules biconi- ques, page 425).
C'est comme suite à ces importants renseignements sur la technique du travail de perçage de la pierre par piquage, puis par usure, que je présente aujourd'hui un grand marteau danois en pierre et en forme de coin.
Cetoutilpossèdedeuxcommen- cements de perforation (dont une à peine ébauchée), qui nous renseignent de nouveau sur la façon dont s'y prenaient les hommes Néolithiques pour/o rer les pierres les plus dures.
Ce Marteau -coin, du poids total de 1 kilogr 725 gr., et d'une longueur de 0"'21, est représenté ici (Fig. 1), réduit d'un tiers. Il rappelle par sa forme les coins en fer de nos bûcherons actuels.
Le trou de perforation, qui a la forme d'un entonnoir, a un diamètre de 0m028 à l'entrée et une profondeur de 0m030. Comme
l'épaisseur du marteau à cet endroit est de 0m065, le fond de ce trou conique n'atteint donc que
Fig. 1. — Marteau-Coin Danois à perforation incomplète. — Echelle : 2/3 Gr. nat. — [Photo, et Similigravure Barret].
Présentation d'un Marteau-coin Néolithique à perforation incomplète
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la moitié, ou presque, de cette épaisseur. Là il s'arrête. Cet outil n'est donc pas percé de part en part. Et c'est ici que j'insiste sur l'intérêt que me paraît présenter cette pièce.
En effet, derrière ce marteau, sur la face opposée à celle du trou conique (par conséquent sur la face opposée à celle qui est photographiée ici), c'est-à-dire à l'endroit où arriverait l'outil de perforation, si le travail avait été continué en droite ligne pour le percer de part en part, on remarque, chose fort curieuse, un creux, une légère dépression circulaire, peu visible à l'œil, mais très sensible au toucher. Ce petit vallonnement, cupulaire au toucher, se trouvant exactement dans l'axe de prolongement du trou conique, il est tout naturel de supposer qu'il doit très probablement représenter un commencement de travail, pour perforer la pierre de ce côté, donc pour y percer également un second trou conique. Et ces deux entonnoirs se seraient rejoints par leurs extrémités.
Pour une raison que nous ne connaissons pas, l'ouvrier n'a pu continuer son travail. Il l'a interrompu, alors qu'il venait de commencer le second trou conique. Et, si l'on examine à la loupe ce début de travail, on constate que la roche, à l'endroit de cette petite dépression a été entamée par piquetage; probablement pour amorcer l'endroit du trou futur et faciliter ainsi le travail de forage par taraudage et usure. Du reste, même au toucher, on constate aussi des rugosités à cet endroit, et non pas du polissage ! Il y a eu donc là un travail de percussion, devant précéder le travail par frottement et érodage.
Voilà pourquoi j'ai cru intéressant de présenter un outil, dont la perforation entière n'a pas été menée jusqu'au bout. L'homme préhistorique, en le laissant inachevé, nous fait voir, une fois de plus, et d'une façon palpable, qu'il attaquait la pierre de deux côtés à la fois pour arriver à la percer de part en part.
Enfin ce marteau est taillé dans une roche amphibolique (composée de Feldspath et de Hornblende). C'est en somme une Diorite très pure et très bien conservée.
M. Marcel Baudouin. — J'ai pu acquérir, en 1908, à l'Ile d'Yeu (V.), la preuve absolue que la Percussion de rochers en Granite produit des Cupules, comparables à celles des Néolithiques.
Les habitants de l'île utilisent, pour enfoncer les pieux- qui servent à attacher les moutons ou les chevaux sur les falaises et dans la lande sauvage, de fragments en granite schisteux du sol.
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Or, au milieu d'eux, au point qui reçoit le choc, il se produit à la longue une Cupule, qui ne diffère absolument en rien des Cupules en verre de montre des Mégalithes, mais qui n'est jamais polie, ainsi que le sont les belles cavités du Dolmen des Landes, par exemple.
Les Cupules Néolithiques ont donc dû être produites au début par Percussion au Quartz de Filon (le Silex manque là); puis polies, avec un outil spécial. D'ailleurs j'ai trouvé, sur le sol, dans les régions à Cupules, des Percuteurs pointus et allongés, en quartz local. L'emploi de cet outil est plus probable que celui d'une tige en bois, sur lequel on frapperait
Mais, ce premier travail accompli, il a fallu continuer avec un Taraud pour obtenir les Cupules coniques, et un Lissoir ou Alé- soir, pointu également, pour polir le fond de ces dernières.
Il n'y a pas moyen de comprendre autrement la fabrication des innombrables Cupules de cette île.