RESUMÉN La nueva encuesta sobre la actitud de los franceses respecto a la inmigración y a los extranjeros en Francia constituye la continuation de investigaciones análogas realizadas en 1951 y en 1971 ; ella esta hecha en base a una muestra Nacionál y a sub-muestras de las aglomeraciones de Paris, Lyon y Marsella. Las preguntas se refier en a : — numero de extranjeros ; — la regla- mentación relativa a su estadía ; — su insercion en la vida económica ; — la adaptación a la vida francesa ; — las condiciones de alojamiento ; — escolaridad de los niňos ; los derechos sociales y politicos ; etc. En relación a los estudios anteriores y tomando en cuenta el aumento de la inmigración, las actitudes del público parecen mantenerse estables e incluso mejorar.
SUMMARY This is a new survey on the attitudes of the French population towards immigration and aliens in France, following similar researches in 1951 and 1971. It is based on a national sample, and three samples in the Paris, Lyon and Marseille conurbations. Questions asked related to the number of aliens, the regulations concerning their stay in France, the way in which they fitted into the economic life of the country, their adaptation to the French way of life, housing conditions, education of children, social and political rights etc. Taking account of the rise in immigration, French public attitudes have remained constant, and have even shown some improvement, when compared with previous studies. No noticeable effect is apparent on attitudes towards aliens, in areas in which the proportion of aliens is different.
Comme dans d'autres pays européens, l'immigration de travailleurs étrangers s'est accrue sensiblement en France depuis une dizaine d'années posant un certain nombre de problèmes économiques et sociaux. L'I.N.E.D. a suivi cette question de diverses façons. La Chronique de l'immigration a rendu compte surtout des mouvements quantitatifs et des questions juridiques. Un numéro spécial de Population, paru en mars 1974, a été consacré aux migrations. Dans le n° 4-5, a figuré un article sur l'immigration clandestine (lK Sur un autre plan, des enquêtes d'opinion ont été menées, en 1951 et en 1971, sur les attitudes des Français à l'égard de l'immigration et des immigrés. En 1973-1974, le département de psychosociologie a repris cette analyse. A côté d'une enquête nationale représentative, des échantillons plus nombreux ont été constitués, dans des zones à forte concentration étrangère, les agglomérations de Paris, Lyon et Marseille. MM. Alain Girard et Yves Charbit et Mlle Marie- Laurence Lamy présentent ici les résultats.

Attitudes des Français à l'égard de l'immigration étrangère. Nouvelle enquête d'opinion


ATTITUDES DES FRANÇAIS

A L'ÉGARD DE L'IMMIGRATION ÉTRANGÈRE

Nouvelle enquête d'opinion

(*) A. Sauvy et J. Houdaille : L'immigration clandestine dans le monde, Population, 197 '4, n" 4-5, p. 725-741. (2> A. Girard : Attitudes des Français à l'égard de l'immigration étrangère. Enquête d'opinion publique, Population, 1971, n° 5, pp. 827-876.

1016 ATTITUDES DES FRANÇAIS

I. — L'ENQUÊTE

L'objectif. Les pays industriels, notamment de l'Europe du Nord et de l'Ouest, ont reçu une immigration étrangère importante, en provenance de pays moins développés.

En France, le phénomène est plus ancien, mais son ampleur s'est accrue au cours des dernières années. Le nombre d'étrangers présents en France au 1er janvier 1973 était estimé à 3 706 000, soit environ 400 000 de plus qu'au 1er janvier 1971. A ce nombre, il convient d'ajouter environ 75 000 Africains noirs des Etats francophones. La progression s'est poursuivie, et l'on comptait 4 043 000 étrangers au 1er janvier 1974, soit 7,7 % de la population, un étranger pour douze Français (1). Ils représentent quelque 8 % de la population active. Leur répartition sur le sol est très inégale :ilyal0etl2% d'étrangers dans certaines régions, bien davantage dans certaines villes ou quartiers, comme dans certains secteurs d'activité.

Diverses circonstances ont placé l'immigration au premier plan de l'actualité, la presse relatant les réactions provoquées par l'application d'une circulaire ministérielle du 23 février 1972, relative notamment aux conditions de séjour, dite circulaire « Fontanet » l2', comme les manifestations survenues à Marseille à l'été et l'automne 1973. On pouvait alors se demander si les attitudes observées en 1971 n'avaient pas changé, notamment dans les grandes agglomérations urbaines à forte concentration d'étrangers.

L'enquête. Plusieurs options ont été prises, lors de la préparation de ce travail.

1°) Faire porter une investigation plus poussée dans les communes des agglomérations de Paris, Lyon et Marseille où la proportion d'étrangers dépasse la moyenne de l'agglomération, c'est-à-dire 8,5 % (Paris), 10,2 % (banlieue parisienne), 9,7 % (Lyon) et 7,3 % (Marseille).

Tous les calculs ont été faits à partir du recensement de 1968. Les chiffres et les proportions en 1974 sont sûrement plus élevés, mais la distribution de la population étrangère sur le territoire n'a pas dû sensiblement changer.

Les personnes interrogées, 600 environ par agglomération, seraient tirées au sort sur les listes électorales.

2°) Une enquête portant sur un échantillon témoin de 1 600 personnes, fondée sur le même questionnaire, serait conduite selon la

I. — L'enquête

L'objectif.

L'enquête.

ď Source : Ministère de l'Intérieur. í2> C. Gokalp. Chronique de l'immigration. Population, n° 4-5, 1973 et 1974, et A. Sauvy et J. Houdaille. L'immigration clandestine dans le monde. Cf. op. cit.

À l'égard de l'immigration étrangère 1017

méthode de l'échantillonnage proportionnel, dans l'ensemble du territoire national, à l'exclusion des zones déjà couvertes. Pour donner à cette enquête valeur nationale représentative nous y avons inclus, en proportions convenables, des questionnaires tirés au sort et remplis à Paris, Lyon et Marseille dans les conditions précédentes.

Plan de sondage 1 °) Ont été retenues toutes les com-

à Paris, Lyon et Marseille. munes ou quartiers, où la proportion

d'étrangers est supérieure à la moyenne

de l'agglomération'11. Ces communes et quartiers ont été classés, par ordre décroissant, de la proportion d'étrangers et répartis en trois strates de population française d'importance comparable. Dans chaque strate, 3 quartiers ou communes ont été tirés au sort et le nombre des personnes à interroger dans chaque quartier est proportionnel à sa population. Au total, dans l'agglomération parisienne, 27 quartiers (9 à Paris, 9 dans la proche banlieue, 9 dans la grande banlieue), et 9, dans chacune des deux autres agglomérations.

2°) Dans chaque quartier ou commune, tirage au sort d'un bureau de vote.

3°) Sur la liste électorale du bureau de vote retenu, tirage systématique d'un nombre égal d'hommes et de femmes.

En raison de l'imperfection des listes électorales, un nombre important de personnes n'ont pu être trouvées. Malgré la précaution prise de relever un nombre plus élevé de personnes que l'échantillon prévu, il a fallu, pour certains quartiers, retourner aux listes électorales et procéder à un nouveau tirage.

Au total, 1 749 personnes ont été interrogées : 595, 582, 572, respectivement, à Paris, Lyon et Marseille.

Dans l'enquête nationale, 1 671 personnes ont été interrogées, auxquelles il y a lieu d'ajouter 124 questionnaires tirés au sort dans la première étude (102 à Paris, 10 à Lyon, et 12 à Marseille), soit, au total, 1 795. Le tableau I indique la répartition des personnes interrogées dans les divers échantillons, et dans la France entière. Le tableau II donne toutes précisions sur les trois échantillons constitués dans les agglomérations de Paris, Lyon et Marseille. L'enquête s'est déroulée sur le terrain entre la fin du mois de novembre 1973 et janvier 1974.

Quant au questionnaire, qui figure en annexe, il reprenait quelques questions posées dans des enquêtes antérieures et en comportaient d'autres, mieux adaptées aux circonstances.

Plan de sondage à Paris, Lyon et Marseille.

ai Sources: recensement de 1968, 4/4 B.I. 1968, p. 1, tableau E5 pour les agglomérations de Lyon, Marseille et la banlieue de Paris. 1/4 B.I., 1968, p. 1, tableau E 5 pour la ville de Paris.

1018

ATTITUDES DES FRANÇAIS

II n'était pas possible d'observer les attitudes différenciées, s'il s'en manifeste, à l'égard de toutes les nationalités d'étrangers. Nous avons retenu les plus représentées numériquement, ou celles dont les effectifs sont susceptibles d'augmenter, dans l'avenir. Nous avons groupé sous la

Tableau I. — Repartition des échantillons et repartition de la

POPULATION FRANÇAISE SELON DIVERS CARACTÈRES SOCIO-DÉMOGRAPHIQUES

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1020 ATTITUDES DES FRANÇAIS

rubrique, Africains noirs, les ressortissants d'Etats francophones d'Afrique, et sous la rubrique Africains du Nord, l'ensemble des Algériens, Marocains et Tunisiens.

Voici les effectifs aux 1er janvier 1973 et 1974, d'après les estimations du Ministère de l'Intérieur (en milliers).

L'ensemble de ces nationalités représente à ces deux dates environ 85 % et 83 % du total des étrangers présents en France.

II. — LES RÉSULTATS

Les réponses aux questions posées seront présentées en distinguant celles obtenues :

— dans l'ensemble de la France,

— à Paris, Lyon et Marseille, dans les trois « suréchantillons », définis plus haut,

— dans l'ensemble de ces trois agglomérations, considérées comme un tout.

1) Le nombre des étrangers. Après avoir indiqué aux personnes

interrogées la proportion d'étrangers

présents en France, soit environ 1 pour 13 Français, la première question leur demandait si elles avaient l'impression que cette proportion était la même, plus faible ou plus forte dans la commune ou le quartier où elles habitent; elles avaient ensuite à formuler une opinion relative à cette proportion d'étrangers, dans leur propre voisinage.

Après un entretien sur divers problèmes posés par l'immigration, la dernière question reprenait cette proportion d'un étranger pour 13 Français et sollicitait une opinion globale sur l'ensemble des étrangers en France : leur nombre est-il ou trop élevé ou pas trop élevé ?

Les réponses ne sont pas les mêmes dans les deux cas.

II. — Les résultats

1) Le nombre des étrangers.

A L EGARD DE L IMMIGRATION ETRANGERE

1021

a) Dans la commune de résidence.

A Paris, Lyon et Marseille, la perception sous-estime la présence étrangère, puisque la tendance dominante estime que la proportion est à peu près la même, ou plus faible (plus particulièrement à Marseille) que dans l'ensemble du pays. Un peu plus de quatre sur dix, 44 % , considèrent, à juste titre, qu'elle est plus forte.

Dans l'ensemble de la France, la perception statistique paraît plus exacte.

Tableau III

Près des deux tiers, 63 % estiment (tableau IV) que, dans leur voisinage, la proportion d'étrangers n'est pas trop élevée, contre 23 % d'avis contraire.

Même tendance, mais beaucoup moins marquée, à Paris et Marseille. Elle se renverse à Lyon : 40 % contre 47 %.

Tableau IV

Le jugement sur la proportion d'étrangers est lié à la façon dont chacun situe son quartier ou sa commune, par rapport à la moyenne dans le pays.

1022

ATTITUDES DES FRANÇAIS

En effet, dans la nation comme dans les trois agglomérations, plus de 80 % des personnes qui croient habiter un quartier où la proportion d'étrangers est inférieure à la moyenne nationale déclarent que cette proportion n'est pas trop élevée. Au contraire, 60 % environ la considèrent trop élevée, quand elles croient habiter des zones de concentration supérieure à la moyenne nationale.

Tableau V

b) France entière.

Pour la proportion globale des étrangers en France, le jugement porté en fin de questionnaire est inverse. La tendance dominante, surtout à Lyon et Marseille, l'estime trop élevée.

Tableau VT

II serait difficile d'interpréter cette différence d'appréciation, selon qu'il s'agit de la proportion d'étrangers dans la commune de résidence, ou bien dans l'ensemble de la France. Il y a en tout cas association entre les deux jugements, comme le montre le tableau VIL

À L'ÉGARD DE L'IMMIGRATION ÉTRANGÈRE

1023

Tableau VII. — Proportion d'étrangers en France

Tableau VIII. — Répartition des réponses

SELON LA PROPORTION D'ÉTRANGERS DANS LA COMMUNE DE RESIDENCE

1024

ATTITUDES DES FRANÇAIS

En dépit de cette divergence, sur les deux situations, aucune des deux appréciations ne paraît liée à la proportion réelle d'étrangers, dans les localités où demeurent les personnes interrogées. L'hypothèse selon laquelle plus les étrangers sont nombreux quelque part, et plus les locaux les estiment trop nombreux, se révèle non fondée.

L'indépendance est confirmée par le tableau VIII, qui donne les deux appréciations selon la proportion d'étrangers dans les communes de résidence, de moins de 1 % à plus de 21 %. La seule tendance manifeste est une légère augmentation des non-réponses, et une légère diminution de ceux qui estiment trop élevée la proportion d'étrangers. Nous verrons d'ailleurs que ce facteur, proportion d'étrangers dans la commune de résidence, ne joue également aucun rôle dans les autres problèmes posés par l'immigration. Ainsi, il n'apparaît pas d'effet de seuil de la densité d'étrangers en matière d'attitudes à l'égard des immigrés.

2) Les contacts avec les étrangers, a) Relations de voisinage.

Le fait essentiel est l'absence de relations avec les étrangers dans plus de la moitié des cas; à Lyon et Marseille en particulier, 62 % et

Tableau TX

Tableau X

2) Les contacts avec les étrangers,

A L EGARD DE L IMMIGRATION ETRANGERE

1025

64 % des Français n'ont jamais eu affaire à des étrangers. Rares sont ceux qui estiment mauvais ces rapports, 2 %. Mais une faible minorité et à Marseille une légère majorité les estiment indifférents.

Par bons rapports, les enquêtes entendent, soit l'existence de relations d'entraide (9 % en France et 6 % dans les trois agglomérations), soit l'aménité des contacts (47 % dans les deux cas), soit enfin l'idée que ces rapports sont aussi bons qu'avec n'importe qui (19% et 12%).

Un peu plus d'un tiers des Français, 37 %, déclarent avoir invité chez eux des étrangers et 31 % avoir été invités chez des étrangers. Ces relations réciproques semblent moins fréquentes à Lyon et à Marseille.

Tableau XI

b) Les relations de travail.

Elles sont un peu plus fréquentes que les relations de voisinage : en France comme dans les trois agglomérations, 51 % des personnes travaillent « souvent » ou « quelquefois » avec des étrangers.

62 % des personnes interrogées estiment que ces relations de travail ne sont pas différentes de celles qu'ils ont avec les Français. Par contre, environ 30 % les considèrent comme plus difficiles, ce pourcentage variant de 25 % (Paris) к 34 % (Lyon).

Fréquence des relations avec les étrangers et jugements sur ces relations sont associés. Ceux qui ont de bons rapports avec les étrangers ont aussi plus souvent des relations de travail faciles, sont plus souvent reçus par des étrangers et sont également plus souvent invités. Faits et opinions se rejoignent donc.

1026

ATTITUDES DES FRANÇAIS

Tableau XII

Tabi eau XIIÍ

3) La vie en France.

a) Opinion générale sur les étrangers.

A l'exception de Marseille, où l'opinion est moins favorable, une majorité de plus de 60 % déclare que les étrangers en France se con-

3) La vie en France.

À l'égard de l'immigration étrangère

1027

duisent normalement, ni mieux, ni moins bien que les Français. A Paris, les jugements critiques sont les plus rares (19 %) et à Marseille les plus nombreux (33 %).

Les reproches parfois adressés concernent la « moralité » et la « délinquance », ensuite des différences objectives, de culture et de genre de vie, et certaines attitudes de refus. Paris précise moins sa pensée (31 % de non-réponses) et insiste moins sur la délinquance et la moralité.

Tableau XIV

L'opinion globale est plus favorable aux Italiens, Espagnols, Portugais, puis aux Yougoslaves et Turcs, qu'aux Africains noirs et surtout aux Africains du Nord. Pour ces deux derniers groupes, l'opinion est plus souvent défavorable en France que dans chacune des trois agglomérations (voir tableau XV, page suivante).

Un fort pourcentage de personnes hésitent à se prononcer sur les Yougoslaves et les Turcs, moins nombreux.

b) Conditions de vie.

La situation des travailleurs étrangers pose un problème important aux yeux de plus de six personnes sur dix, en raison surtout de leurs conditions de vie et de travail. Certains évoquent les tensions ou les difficultés économiques que risque de provoquer leur trop grand nombre.

1028

ATTITUDES DES FRANÇAIS

Tableau XV

À l'égard de l'immigration étrangère

1029

Ceux pour qui l'importance de cette situation est exagérée justifient moins souvent leur sentiment que les autres. Ils représentent environ un quart et estiment que les étrangers ne créent pas forcément des difficultés (13 et 6 %), qu'il y a d'autres problèmes plus importants (6 et 7 %), que leurs conditions de vie et de travail ne sont pas si mauvaises (37 et 29 %) et qu'ils sont responsables de leurs propres difficultés (7 % dans les deux cas).

Tableau XVI

En fait, un tiers seulement du public estime satisfaisantes les conditions de vie des travailleurs étrangers en France. Au contraire, près de la moitié les jugent insuffisantes, 14 sur 100 très insuffisantes.

1030

ATTITUDES DES FRANÇAIS

Tableau XVIT

с) Intégration.

Une majorité, beaucoup moins nette à Marseille, estime que les étrangers vivant en France peuvent se mélanger petit à petit à la masse des Français.

Environ un tiers considère, au contraire, qu'ils restent étrangers.

Tableau XVTIT

Les raisons avancées le plus souvent pour justifier cette opinion sont relatives aux différences linguistiques, ethniques, culturelles, religieuses d'abord, mais aussi à un refus d'intégration de la part des étrangers; viennent ensuite les conditions de logement et de travail, et l'hostilité des Français.

On explique, au contraire, l'intégration progressive des étrangers par leur volonté en ce sens, par leur travail, par le mariage avec des Français. Les enfants sont aussi considérés (6 %) comme un puissant facteur d'intégration : les étrangers qui ont une vie familiale en France ont plus de chances de s'intégrer.

Ces attitudes globales doivent être très fortement nuancées selon la nationalité. En fait, certains, pense-t-on, peuvent se mélanger petit à petit à la masse des Français, mais d'autres non.

À l'égard de l'immigration étrangère

1031

Tableau XTX

L'ensemble du pays, comme les trois agglomérations, jugent l'intégration facile pour les Italiens et les Espagnols (environ 80 %), un peu moins pour les Portugais (64 et 58 %), et les Yougoslaves (41 et 35 %), difficile enfin pour les Africains du Nord (21 et 30 %), les Africains noirs (33 % dans les deux cas) et les Turcs (17 et 18 %).

Hésitation pour les Yougoslaves (environ 40 % de non réponses) et plus encore pour les Turcs (plus de 50 % de non réponses).

Lyon est dans l'ensemble plus convaincu des possibilités d'intégration et Marseille s'abstient plus souvent de répondre (tableau XX, page suivante).

d) Adaptation.

Derrière les jugements précédents se dissimule la plus ou moins grande facilité d'adaptation à la vie française.

Pour certaines nationalités, cette adaptation est facile, Italiens, Espagnols, puis Portugais, pour d'autres, elle est difficile, sinon impossible.

1032

ATTITUDES DES FRANÇAIS

Tableau XX

Pour les Yougoslaves et les Turcs, forte hésitation.

Lyon et Paris semble juger en général l'adaptation plus facile, et Marseille hésite davantage (tableau XXI).

La nationalité n'est pas la seule variable discriminante. La profession est également importante aux yeux du public : l'adaptation est surtout jugée facile pour les professions libérales et les ouvriers qualifiés, un peu moins pour les commerçants, et beaucoup moins pour les manœuvres. A Marseille, les réponses positives sont moins fréquentes, et la proportion d'indécis beaucoup plus élevée (tableau XXII).

e) Mariages mixtes.

Pour la majorité, les mariages mixtes sont une chose indifférente, et non une mauvaise chose, surtout quand un Français épouse une étrangère (70 et 65 %). Cette majorité est moins nombreuse si une Française épouse un étranger (56 et 61 %). Les deux attitudes sont liées : plus des

À l'égard de l'immigration étrangère Tableau XXI

1033

trois quarts ont la même opinion qu'il s'agisse d'un Français ou d'une Française.

La minorité hostile aux mariages mixtes est moins élevée à Paris (tableau XXIII).

Si les mariages mixtes sont une chose indifférente, c'est surtout parce que le mariage ne concerne que les individus. On s'y oppose au contraire, en principe, à cause des mésententes liées aux différences de culture, des risques de désunion, et des difficultés que peuvent ressentir les enfants.

Tableau XXII

Tablfau XXIÏI

Tableau XXIV

Tableau XXV

1036 ATTITUDES DES FRANÇAIS

Enfin, dans le cas où le mariage mixte apparaît une mauvaise chose, quand il s'agit d'une Française, l'argumentation la plus fréquente est l'obligation pour la femme, de par son statut, de « suivre son mari » et de quitter la France (tableau XXIV).

Sur ce problème à nouveau, les jugements divergent selon la nationalité des étrangers.

Un mariage mixte conclu avec un Italien ou un Espagnol est rarement considéré comme une « mauvaise chose » (dans moins de 15 % des cas) ; il l'est davantage dans le cas d'un Portugais, d'un Yougoslave ou d'un Turc (dans 6 à 29 % des cas) et plus encore quand il s'agit d'un Africain noir ou d'un Africain du Nord (dans 23 à 61 % des cas).

L'indécision est encore très forte ici, pour les Yougoslaves et les Turcs (39 à 62 %). Opinion à peu près semblable dans l'ensemble du pays et à Lyon; plus souvent favorable à Paris. Ici encore nombreuses non-réponses à Marseille (tableau XXV).

4) Le travail. Pour une forte majorité (80 %), la présence d'étrangers rend des services au pays. Cette opinion est plus répandue à Paris (84 %) et moins à Marseille (69 %).

Par services rendus, le public entend surtout (plus de 40 %) les travaux pénibles, que les Français ne veulent pas faire, et l'apport de main-d'œuvre en général, plus précisément dans les mines, le bâtiment et les travaux publics (tableau XXVI).

Dans la minorité qui considère que l'ensemble des étrangers ne rend aucun service, près de 40 % pensent cependant que certaines nationalités sont utiles au pays. Le faible nombre de réponses ne permet pas d'établir des pourcentages significatifs quant aux nationalités citées.

Si les étrangers rendent des services au pays, comme on vient de le voir, de même ils ne concurrencent pas les Français, mais occupent des emplois dont ceux-ci ne veulent pas (tableau XXVII).

Malgré cela, en cas de forte crise de chômage, on serait d'avis (plus de 60 %) de licencier d'abord les étrangers, même à valeur professionnelle égale. « Ne pas tenir compte de la nationalité », est une opinion plus répandue dans l'agglomération de Paris (voir tableau XXVIII page 1038).

Le salaire des ouvriers français est-il affecté par la présence des travailleurs étrangers? 31 et 37% considèrent que oui. Cette opinion est davantage répandue dans les agglomérations de Lyon et Marseille (39 et 45 %). Mais la majorité est d'avis contraire : les salaires ne seraient pas plus élevés s'il y avait moins d'étrangers (tableau XXIX).

4) Le travail.

À l'égard de l'immigration étrangère

1037

Tableau XXVI

Tableau XXVII

1038

ATTITUDES DES FRANÇAIS

Tableau XXVIII

Tableau XXIX

Tableau XXX

À l'égard de l'immigration étrangère 1039

Cette réponse négative majoritaire dénote une attitude favorable à l'immigration. Ceux qui, en effet, croient que la présence des étrangers ne fait pas baisser le salaire sont plus nombreux à considérer qu'ils ne concurrencent pas les Français et à s'opposer au licenciement des étrangers, en priorité en cas de chômage; ils sont, enfin, plus nombreux à penser que les étrangers rendent des services au pays (tableau XXX).

5) Scolarité des enfants. La présence d'un nombre élevé d'étrangers

dans une commune pose le problème de la

scolarisation d'enfants d'origine linguistique et culturelle parfois très différente. Les étrangers étant en général plus jeunes que les Français, et ayant, en outre, une fécondité plus élevée, la proportion de leurs enfants d'âge préscolaire et scolaire est encore plus forte.

Première approche : Dans la commune de résidence, estimation du nombre d'enfants dans les écoles et nature des problèmes posés.

Le public hésite à se prononcer, mais pour 28 %, dans l'ensemble de la France et 50 % dans les trois agglomérations, il y a beaucoup d'écoliers d'origine étrangère : écart lié à la réalité. Pour cette partie du public, le nombre moyen d'enfants étrangers par classe est estimé à environ un tiers, 8 et 12 respectivement pour une classe de 30.

La forte proportion d'abstentions est encore plus prononcée à propos des problèmes posés par la présence de ces enfants (39 et 46 %). Pour une minorité seulement, se posent des problèmes : 14 % en France, 13, 23, 17 % à Paris, Lyon, Marseille. Les plus souvent nommés sont les retards scolaires, les problèmes linguistiques et pédagogiques, les relations avec les autres écoliers (tableaux XXXI et XXXII).

Deuxième approche : Pour 59 % au niveau national et 5 1 % dans les trois agglomérations, avec de fortes variations entre Paris, Lyon et Marseille, une classe serait gênée ou retardée, à partir d'une proportion d'étrangers, estimée respectivement à 9 ou 10 élèves sur 30.

La moitié des personnes interrogées chercheraient, s'il y avait beaucoup d'enfants étrangers, à placer leur enfant dans une autre école m. Le

5) Scolarité des enfants.

(1) En 1971, pour la France entière, les réponses étaient beaucoup plus nombreuses : 84 et 76 % à l'une et l'autre questions, mais celles-ci étaient formulées différemment : « Dans une école, à partir de quel nombre d'élèves étrangers estimez-vous qu'une classe de trente élèves est gênée ou retardée ? » (Moyenne = 8 enfants). « Si vous aviez un enfant dans une classe de trente élèves où il y a des étrangers, à partir de quel nombre d'élèves étrangers chercheriez-vous à placer votre enfant dans une autre école? ». (Moyenne = 10 enfants).

1040

ATTITUDES DES FRANÇAIS

Tableau XXXI

nombre à partir duquel cette décision serait prise, est à peine supérieur au nombre à partir duquel une classe est gênée (tableau XXXIII).

Troisième approche : solutions possibles aux difficultés rencontrées. Une forte majorité est hostile aux classes spéciales pour les enfants étrangers. A Lyon et Marseille, les partisans de cette formule sont plus nombreux.

Une majorité, un peu moins forte, ne juge pas souhaitable de donner à ces enfants un enseignement dans leur langue maternelle (58 et 59 %) (tableau XXXIV).

À l'égard de l'immigration étrangère

1041

Tableau XXXII

Tableau XXXIII

1042

ATTITUDES DES FRANÇAIS

Tableau XXXIV

6) Les droits des étrangers et la politique de l'immigration.

a) Principe de l'égalité des droits.

Sur le principe général de l'égalité des droits entre étrangers et Français, le public est partagé, maib à Lyon et Marseille, en majorité hostile.

Parmi ceux qui s'opposent à cette égalité, la tendance dominante s'y rallierait, sous la condition d'une certaine durée de séjour, fixée en moyenne à environ 10 ans (tableau XXXV).

b) Egalité devant l'impôt.

Le public ne voit pas de raisons de traiter différemment les étrangers et les nationaux du point de vue de la fiscalité (tableau XXXVI).

c) Droits dans l'entreprise.

Le droit de vote pour désigner les représentants du personnel dans les entreprises et le droit d'être élu ont été acquis récemment par les étrangers. Seule, une minorité d'environ un quart, un peu plus forte à Lyon, estime qu'une telle mesure n'était pas souhaitable (tableau XXXVII).

On soumettait ensuite au public l'exemple d'une ville de Belgique où les travailleurs peuvent, depuis peu, élire un comité consultatif auprès de la municipalité. L'hostilité radicale (« c'est une mauvaise chose ») à l'égard d'une telle initiative est faible (de 15 à 25 %); les jugements favorables l'emportent à Paris et dans l'ensemble de la France, mais non à Lyon, ni surtout à Marseille (tableau XXXVIII).

6) Les droits des étrangers et la politique de l'immigration.

À l'égard de l'immigration étrangère

1043

Tableau XXXV

Tableau XXXVI

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ATTITUDES DES FRANÇAIS

Tableau XXXVII

Tableau XXXVIII

d) Droits politiques (1).

Quant aux droits politiques, c'est-à-dire la participation des étrangers aux diverses élections, une forte majorité s'opposerait à les accorder aux étrangers, 6 à 7 sur 10 pour les élections municipales, et 7 à 8 sur 10 pour les élections législatives et présidentielles.

d) On pouvait craindre que l'ordre des questions concernant les droits dans l'entreprise et les droits politiques ait une influence sur les réponses. Aussi avait-on conçu deux questionnaires distincts, forme A et forme B, où l'ordre était inversé, et qui ont été posés chacun à une moitié des échantillons, soit : A. — Elections politiques (municipales, législatives, présidentielles), élections dans l'entreprise, expérience belge. B. — Expérience belge, élections dans l'entreprise, élections politiques (présidentielles, législatives, municipales). En réalité, l'ordre des questions exerce bien une influence, mais très légère, dont le lecteur pourra juger, et que montre le tableau qui figure page suivante). On est donc fondé à présenter les résultats en cumulant les deux sous-échantillons, comme il a été fait dans les tableaux XXXVII, XXXVIII et XXXIX.

À l'égard de l'immigration étrangère

1045

Tableau XXXIX

(1) (Suite). Nombres Droit de vote aux étrangers Election!, municipales D'accord Pas d'accord Ne se prononcent pas Elections législatives D'accord Pas d'accord Ne se prononcent pas elections présidentielles D'accord Pas d'accord Ne se prononcent pas Droit de vote dans les entrepris/ s Souhaitable Pas souhaitable Ne se prononcent pas Expérience belge Une bonne chose Une mauvaise chose Une chose sans importance Ne se prononcent pas France A 901 y, В 894 34 30 59 62 7 8 24 21 68 71 8 8 22 19 70 73 8 8 64 61 24 27 12 12 55 53 13 17 17 16 15 14 3 agglon A 821 '/, 28 64 8 21 71 8 21 72 7 67 21 12 50 19 15 16 îérations В 928 7r 17 75 8 12 81 7 1 1 82 7 60 24 11 44 21 19 17

1046

e) Naturalisation.

ATTITUDES DES FRANÇAIS

La tendance dominante, en particulier à Marseille et Lyon (62 et 61 %), est qu'il ne faut pas l'accorder à tous les étrangers qui la demandent. L'attitude de refus s'atténue, si l'on introduit une condition de durée de séjour, près des trois quarts des opposants fixent la durée moyenne aux environs de 8 à 10 ans.

Tableau XL

f) Immigration familiale et logement.

Une très forte majorité se dessine pour que les travailleurs mariés viennent avec leur famille; opinion un peu plus réservée à Lyon et surtout à Marseille.

En dehors des raisons d'humanité, on estime que la venue de la famille facilite l'adaptation. Certains ajoutent un argument « économique » : l'argent gagné est alors dépensé sur place.

À l'égard de l'immigration étrangère

1047

La minorité d'avis contraire se divise : les uns sont hostiles à la venue des familles, à cause des charges qui en résulteraient, et sont plutôt soucieux de ne pas voir les étrangers s'installer définitivement en France. Les autres posent le problème différemment : la décision ne regarde que les travailleurs et doit être fonction des conditions de travail et de logement.

Tableau XLI

Au reste, mieux vaut disperser les étrangers dans l'ensemble de la population, plutôt que de les grouper dans des logements construits

1048

ATTITUDES DES FRANÇAIS

spécialement pour eux. Toutefois, la tendance s'inverse à Lyon et surtout à Marseille.

Sur la priorité aux Français dans l'obtention d'un logement : l'opinion est partagée, sauf à Lyon et à Marseille, où la majorité en est partisane.

Tableau XLII

Tableau XLIII

Tableau XLIV

À l'égard de l'immigration étrangère

1049

Ceux qui sont partisans d'isoler les étrangers sont également plus favorables à l'idée de grouper les enfants d'étrangers dans des classes spéciales, comme le montre le tableau XLIII.

Une proportion importante, moins forte à Lyon et Marseille, estime que les pouvoirs publics n'en font pas assez pour les travailleurs étrangers. Une proportion sensiblement analogue considère qu'ils en font suffisamment. Dix pour cent environ jugent au contraire qu'ils en font trop.

g) Conditions de séjour.

Quoi qu'il en soit, le sentiment dominant, sept à huit personnes sur dix, est qu'il faut fixer un nombre maximal d'étrangers autorisés à travailler en France, et ceci quelle que soit la nationalité. Pour 5 à 10 % seulement, il faut laisser entrer tous ceux qui le désirent, et pour le reste (7 à 15 %) cela dépend des nationalités.

Cette dernière minorité, sollicitée de se prononcer sur les diverses nationalités, se montre plus libérales à l'égard des Espagnols et des Italiens, puis des Portugais et des Yougoslaves, moins à l'égard des Turcs, des Africains noirs et des Africains du Nord (tableau XLV).

Deux cas de rapatriement étaient envisagés : lorsque le travailleur étranger est entré sans autorisation de travail, et quand il se trouve au chômage, depuis un certain temps. A ces deux questions, les deux tiers, au moins, optent pour le rapatriement, sauf à Paris, où à la première question la majorité tombe à 52 % (tableau XL VI).

Ceux qui estiment que les étrangers ne concurrencent pas les Français sont plus nombreux à considérer qu'il n'y a pas de raison de rapatriement dans ces deux cas précis, mais restent néanmoins très minoritaires (tableau XLVI bis).

Les attitudes varient ici selon qu'on est plus ou moins favorable à une immigration de travailleurs seuls, ou de travailleurs accompagnés de

Tableau XLV

(Suite de ce tableau page suivante)

Tableau XL VI

Tableau XLVI bis

Tableau XLVII

1052 ATTITUDES DES FRANÇAIS

leur famille s'ils sont mariés. Les personnes favorables à une immigration familiale estiment plus souvent que les pouvoirs publics n'en font pas assez; elles penchent pour un accès plus large à la nationalité française, elles sont moins convaincues qu'il faudrait licencier en priorité les étrangers en cas de crise de chômage, et renvoyer chez eux les travailleurs entrés en France sans autorisation de travail (tableau XLVII).

FACTEURS DE VARIATION DES ATTITUDES

Six variables socio-démographiques susceptibles d'influer sur les opinions ont été retenues : sexe, âge, catégorie socio-professionnelle, niveau d'instruction, ascendance étrangère, pourcentage d'étrangers dans la commune de résidence.

Toutes les réponses ont été analysées selon ces variables. Leur influence n'a pas la même importance, et nous ne ferons état ici que des différences significatives (tableaux XL VIII, XLIX, L et LI).

1) Sexe. Le niveau d'abstention des femmes est généralement un peu supérieur à celui des hommes et les différences d'attitudes sont très peu marquées.

Tout en considérant un peu plus souvent qu'il y a trop d'étrangers en France, elles sont un peu plus sensibles au principe de l'égalité des droits et surtout de l'immigration familiale. Si un étranger arrive sans autorisation de travail, elles expriment un peu moins souvent la nécessité de son renvoi.

Elles estiment un peu moins l'idée qu'il y a un nombre d'enfants étrangers à partir duquel une classe risque d'être gênée. Pour les mariages et le logement, le sexe n'est un facteur discriminant qu'à Paris, Lyon et Marseille : les femmes y sont un peu plus hostiles aux mariages mixtes et à la dispersion des logements.

2) Age. Pas d'opposition marquée entre les âges; toutefois, la réserve à l'égard des étrangers se renforce à partir de 50 ans et surtout de 65 ans : conditions de vie, intermariages, droits des étrangers, immigration familiale, politique du logement, action des pouvoirs publics, renvoi en cas de crise de chômage ou d'immigration clandestine.

Enfin, les jeunes sont plus nombreux à penser que la situation faite aux étrangers pose un problème important.

Le pourcentage d'abstention croît également avec l'âge.

III. — Facteurs de variation des attitudes

1) Sexe.

2) Age.

À L'ÉGARD DE L'IMMIGRATION ÉTRANGÈRE 1053

3) Catégorie socio-professionnelle Le milieu socio-culturel, défini et niveau d'instruction. par la profession du chef de

ménage et par l'instruction, exerce une influence plus marquée.

D'une manière générale, les cadres moyens et supérieurs et les membres des professions libérales sont nettement les plus favorables à l'immigration ; viennent ensuite les employés, puis les commerçants et artisans. Les agriculteurs et les ouvriers sont les plus réticents.

Pour certaines questions, les variations observées sont faibles : mariages mixtes, impôts, classes spéciales et enseignement dans la langue maternelle, immigration familiale. L'appartenance à une catégorie socioprofessionnelle n'est guère discriminante. Par contre, pour la plupart des autres questions, l'influence est assez nette : services rendus, concurrence, contacts avec les étrangers, conduite des étrangers, conditions de vie, action des pouvoirs publics, renvoi en cas de crise de chômage, priorité dans l'attribution d'un logement, droit de vote.

Ainsi, les cadres supérieurs et moyens, les employés, les membres des professions libérales reconnaissent plus souvent les services rendus que les commerçants, artisans et l'ensemble des ouvriers. Ces derniers, plus sensibles aux divers aspects des problèmes d'emploi, sont dans l'ensemble plus réticents.

Enfin, à l'exception des commerçants, on juge à chaque fois l'adaptation à la vie française plus facile pour les étrangers exerçant la même profession que soi.

L'influence de l'instruction fait écho à celle de la profession, l'instruction des cadres et des membres des professions libérales étant plus élevée que celle des autres groupes.

Entre les niveaux extrêmes (études primaires - études supérieures), contraste frappant. Les attitudes sont toujours plus favorables parmi ceux qui ont fait des études supérieures; c'est aussi parmi ces derniers que le pourcentage d'abstentions est le moins fort.

4) L'ascendance étrangère. L'ascendance étrangère est un facteur

non négligeable. C'est l'ancienneté de

l'immigration qui influe : ceux dont un des parents au moins est étranger sont nettement plus favorables que les Français de souche, et sensiblement plus que ceux dont les grands-parents ou arrière-grands-parents étaient d'origine étrangère.

A chacune de ces questions, différence d'attitude entre les deux groupes extrêmes, ceux dont un parent au moins est étranger répondent toujours plus favorablement que ceux qui n'ont pas d'ascendants étrangers dans leur famille.

3) Catégorie socio-professionnelle et niveau d'instruction.

4) L'ascendance étrangère.

1054

ATTITUDES DES FRANÇAIS

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1058 ATTITUDES DES FRANÇAIS

5) Proportion d'étrangers Nous avons vu au début, que la

dans la commune de résidence proportion d'étrangers dans la cornet réactions particulières mune de résidence n'agit pas sur le à Paris, Lyon et Marseille. jugement global porté sur la présence étrangère en France.

Un examen attentif des réponses à toutes les autres questions révèle que cette variable n'exerce à peu près aucune influence sur les attitudes. Les quelques tableaux en annexe en apportent la démonstration.

Par contre, tout au long de l'étude, des différences, en général de même sens, apparaissent entre les opinions exprimées dans l'ensemble de la France et dans les trois secteurs des agglomérations de Paris, Lyon et Marseille, où la proportion des étrangers est supérieure à la moyenne des agglomérations.

Il y a très rarement, opposition, mais presque toujours dans la France entière, et surtout à Paris les attitudes sont toujours un peu plus favorables à l'immigration et presque toujours plus réservées à Lyon et surtout à Marseille.

Des différences d'échantillonnage seraient-elles suffisantes pour expliquer ces variations ? Il ne le semble pas pour la répartition par sexe, catégorie socio-professionnelle et instruction.

La proportion de personnes âgées interrogées est un peu plus forte à Lyon et Marseille qu'ailleurs, mais l'ascendance étrangère, qui joue un rôle positif, est plus fréquente à Marseille; or c'est une des deux agglomérations où les attitudes sont les plus négatives.

Il semble donc plus vraisemblable d'imputer ces différences aux circonstances particulières dans lesquelles se trouvent les deux agglomérations de Lyon et Marseille au moment de l'enquête.

IV. — ÉVOLUTION DES ATTITUDES DEPUIS LA FIN DE LA GUERRE

Le tableau suivant rappelle les résultats observés en 1951 et 1971, pour des questions analogues.

En 1971, en dépit de l'augmentation des effectifs étrangers, l'opinion française se montrait moins réticente qu'en 1951 à l'égard de l'immigration. Ce qui frappe en 1973-74, par rapport à 1971 , c'est la grande stabilité des opinions, compte tenu en outre de quelques légères modifications de l'énoncé de certaines questions.

5) Proportion d'étrangers dans la commune de résidence et réactions particulières à Paris, Lyon et Marseille.

IV. — Évolution des attitudes depuis la fin de la guerre

À l'égard de l'immigration étrangère

1059

Cependant, en cas de crise de chômage, on pense un peu plus aujourd'hui qu'en 1971 qu'il faudrait d'abord licencier les étrangers (tableau LU).

Par contre, l'action des pouvoirs publics est jugée aujourd'hui un peu plus souvent insuffisante. L'égalité entre Français et étrangers dans l'attribution d'un logement est aussi plus souvent envisagée (tableau LUI). On pense d'ailleurs un peu plus souvent que les étrangers peuvent peu à peu se mélanger aux Français.

Tableau LII

1060

ATTITUDES DES FRANÇAIS

Tableau LUI

À l'égard de l'immigration étrangère

1061

Tableau LIV

1062 ATTITUDES DES FRANÇAIS

V. — ATTITUDES A L'ÉGARD DES DIVERSES NATIONALITÉS

Le graphique ci-contre illustre les résultats aux questions évoquant le cas des diverses nationalités étrangères.

Si l'ensemble de l'étude révèle des attitudes globales très générales, des différences très marquées apparaissent en ce qui concerne les diverses nationalités.

Les Français se prononcent moins souvent à l'égard des Yougoslaves et des Turcs, moins nombreux que les ressortissants d'autres nationalités, et qui ne viennent que depuis une date plus récente. Toutefois, les dispositions à l'égard des premiers rejoignent celles manifestées à l'égard des nationalités perçues de la manière la plus favorable.

En effet, une opposition très marquée apparaît entre d'une part Italiens et Espagnols, puis Portugais, pour lesquels peu de problèmes semblent se poser, et d'autre part les Africains noirs et les Nord- Africains.

Cette même opposition, déjà manifeste dans les études précédentes, peut être interprétée en termes de proximité géographique ou de plus ou moins grande distance culturelle.

RÉSUMÉ ET VUE D'ENSEMBLE

Cette nouvelle enquête, qui comportait une observation plus poussée dans trois agglomérations à forte concentration étrangère, confirme et précise les tendances antérieures, en particulier celles observées en 1971.

Le nombre des étrangers en France a augmenté, sans entraîner une accentuation de la réserve à leur égard : on ne surestime pas d'une manière générale leur nombre dans la commune où l'on réside.

Si les contacts sont peu fréquents, dans les relations de voisinage ou sur le lieu de travail, l'opinion à l'égard des étrangers n'est pas négative. On a tendance à penser par exemple qu'ils ne se conduisent ni mieux, ni moins bien que les Français. D'où sans doute le sentiment majoritaire que les étrangers peuvent s'adapter à la vie française, voire même se mélanger peu à peu aux nationaux, avec cependant des réserves selon les nationalités et la profession. D'où aussi l'opinion que les mariages mixtes sont une chose indifférente, avec une légère restriction pour le mariage d'une Française avec un étranger. D'où, peut-être aussi, l'opposition à des classes spéciales et à un enseignement dans la langue maternelle des enfants étrangers, bien qu'on admette que des problèmes se posent en matière de scolarité.

V. — Attitudes à l'égard des diverses nationalités

Résumé et vue d'ensemble

À l'égard de l'immigration étrangère

1063

Figure 1. — Opinion à l'égard des étrangers selon les nationalités ou groupes de nationalités (France entière).

1064 ATTITUDES DES FRANÇAIS

Une deuxième tendance est confirmée : l'immigration est considérée comme un problème important, pour deux raisons : les services rendus à l'économie du pays, les conditions de vie peu satisfaisantes des travailleurs étrangers.

Services rendus : à cette opinion très répandue (80 % des réponses) correspond l'idée que les étrangers occupent des emplois dont les Français ne veulent pas et que le niveau des salaires des ouvriers français n'est pas affecté par la présence des travailleurs étrangers. Cependant, en cas de forte crise de chômage, il faudrait d'abord licencier les étrangers.

Conditions de vie : pour la moitié des personnes interrogées, elles sont insuffisantes ou très insuffisantes. En principe, on est d'ailleurs favorable à une immigration familiale (raisons d'humanité, plus grande facilité d'adaptation) et à une dispersion des étrangers. Cependant, le public est partagé sur l'action des pouvoirs publics, et les règles d'attribution des logements sociaux.

Sur la politique de l'immigration, courant très net en faveur d'un contrôle : nombre maximal d'étrangers autorisés à travailler en France (avec de fortes variations selon la nationalité considérée), renvoi en cas d'entrée sans autorisation de travail ou de chômage temporaire. Quant aux droits des étrangers, le principe de l'égalité n'est vraiment accepté qu'en matière fiscale. Le droit de participer aux élections dans l'entreprise est reconnu mais non les droits politiques. Enfin, dans l'esprit du public, la naturalisation s'entend sous réserve d'une condition de séjour.

L'étude de facteurs de variation des attitudes révèle, comme lors des enquêtes précédentes, que seuls l'instruction et le milieu socio-professionnel, d'ailleurs liés, influent de manière sensible. Dans l'ensemble, les attitudes sont très homogènes et en particulier ne sont pas influencées par la densité des étrangers dans le milieu où l'on vit.

Les opinions sur l'immigration étrangère sont toujours plus favorables dans l'agglomération parisienne qu'à Lyon et surtout Marseille.

Alain Girard, Yves Charbit et Marie-Laurence Lamy

À L'ÉGARD DE L'IMMIGRATION ÉTRANGÈRE

1065

SECTION DE PSYCHO-SOCIOLOGIE 106 A RÉPUBLIQUE FRANÇAISE MINISTÈRE DU TRAVAIL, DE L'EMPLOI ET DE LA POPULATION INSTITUT NATIONAL D'ÉTUDES DÉMOGRAPHIQUES 27, rue du Commandeur, 75675 - Paris Cedex 14 - Tél. 336.44.45 CE QUESTIONNAIRE EST ANONYME la. Il y a en France actuellement environ 1 étranger pour 13 Français. Dans le quartier {ou la commune) où vous la proportion d'étrangers est plus faible, à peu près la même, ou plus forte qu'en moyenne en France ? 1b. Cette proportion d'étrangers dans votre quartier {ou votre commune) vous paraft-elle pas trop élevée ou trop élevée ? 2. Quelles sont les nationalités les plus nombreuses dans votre quartier {ou votre commune) ? 3a. Est-ce que dans votre immeuble d'habitation ou dans votre voisinage, vous avez affaire à des étrangers, souvent, quelquefois ou jamais ? 3b. (Si souvent ou quelquefois) Vos rapports avec eux sont-ils bons, ni bons ni mauvais, ou mauvais ? 3c. Qu'est-ce qui vous fait dire cela ? 4a. Et dans votre métier, est-ce que vous travaillez {ou est-ce que votre mari travaille) avec des étrangers, souvent, quelquefois ou jamais ? 4b. (Si souvent ou quelquefois) Est-ce que vos relations de travail {ou celles de votre mari) avec ces étrangers sont dans l'ensemble plus faciles qu'avec des Français, comme avec des Français ou plus difficiles qu'avec des Français? 5a. Vous est-il déjà arrivé d'inviter chez vous des étrangers vivant en France ? 5b. (Si oui) De quelles nationalités étaient- ils? 5c. Et avez-vous déjà été invité chez eux par des étrangers vivant en France ? 5d. (Si oui) De quelles national ités étaient- ils ? Plus faible 1 A peu près la même 2 Plus forte 3 ? 0 Pas trop élevée . . 1 Trop élevée .... 2 ? 0 Souvent 1 Quelquefois 2 Jamais 3 ? 0 Bons 1 Ni bons, ni mauvais 2 Mauvais 3 ? 0 Souvent 1 Quelquefois 2 Jamais 3 ? 0 Plus faciles qu'avec des Français .... 1 Comme avec des Français 2 Plus difficiles qu'avec des Français . 3 ? 0 Oui 1 Non 2 ? 0 Oui 1 Non 2 ? 0 6a. Dans les écoles et établissements scolaires de votre commune ou de votre quartier, d'après ce que vous savez, y a-t-il beaucoup d'enfants étrangers ? 6b. (Si oui ou non) Combien d'enfants étrangers à peu près dans une classe de 30 élèves ? 6c. Est-ce que la présence de ces enfants étrangers provoque des difficultés ? 6d. (Si oui à 6c) Quelles difficultés par exemple ? 7a. Selon vous, faudrait-il faire des classes spéciales pour les enfants étrangers ? 7b. A votre avis, est-il souhaitable ou pas souhaitable de donner aux enfants étrangers un enseignement dans leur langue maternelle ? 8a. Pensez-vous que, dans l'ensemble, les étrangers résidant en France rendent des services au pays ? 8b. (Si oui) Quels services ? 8c. (Si non) Parmi les étrangers, y en a-t-il qui rendent des services au pays ? 8d. (Si oui à 8c) Quels étrangers et quels services ? 9a. Avez-vous l'impression que, dans l'ensemble, si on les compare aux Français, les étrangers vivant en France se conduisent normalement, plutôt mieux, plutôt moins bien ? 9b. (Si moins bien) Quels reproches peut- on leur faire ? 9c. A quelles nationalités pensez-vous particulièrement ? Oui 1 Non 2 ? 0 Oui 1 Non 2 ? 0 Oui 1 Non 2 ? 0 Souhaitable .... 1 Pas souhaitable . . 2 ? 0 Oui 1 Non 2 ? 0 Oui 1 Non 2 ? 0 Normalement ... 1 Plutôt mieux ... 2 Plutôt moins bien 2 ? 0

1066

ATTITUDES DES FRANÇAIS

10a. On a beaucoup parlé ces temps derniers des travailleurs étrangers. Estimez-vous que la situation qui est faite aux travailleurs étrangers en France pose un problème important auquel il faut trouver des solutions, ou considérez-vous qu'il s'agit d'une affaire dont on exagère l'importance? 10b. Qu'est-ce qui vous fait penser cela ? 11a. Pensez-vous qu'on devrait donner aux étrangers vivant en France exactement les mêmes droits qu'aux Français ? 11b. (Si non) Devrait-on donner les mêmes droits aux étrangers qui ont vécu un certain temps en France ? 11c. (Si oui à 11b) A partir de combien de temps ? ans. 12a. D'une manière générale, pensez-vous que les étrangers vivant en France restent toujours des étrangers, ou bien qu'ils peuvent se mélanger petit à petit à la masse des Français ? 12b. Pourquoi ? 12c. Plus précisément, quels sont parmi les étrangers des nationalités suivantes ceux qui peuvent se mélanger à la masse des Français et ceux qui ne le peuvent pas ? (Une réponse par ligne). Espagnols Yougoslaves Portugais Nord-Africains . . . Italiens Africains noirs . . . Turcs Problème important Affaire dont on exagère l'importance ? Oui 1 Non 2 ? 0 Oui 1 Non 2 ? 0 Restent étrangers . 1 Se mélangent petit à petit 2 ? 0 Peuvent se r 1 1 1 1 1 1 1 nélanger Ne le peuvent pas 2 2 2 2 2 2 2 ? 0 0 0 0 0 0 0 13. A votre avis un étranger, quelle que soit sa nationalité, a-t-il plus de chances de s'adapter à la vie française .... S'il est ouvrier qualifié ? S'il est manœuvre ?...'. S'il exerce un commerce ? S'il exerce une profession libérale ? (médecin, avocat, expert-comptable, . . .) Oui 1 1 1 1 Non 2 2 2 2 ? 0 0 0 0 Actuellement, pensez-vous que les travailleurs étrangers occupent des emplois dont les Français ne veulent pas, ou au contraire qu'ils concurrencent les Français dans la recherche d'un emploi ? 15. Pensez-vous que les salaires des ouvriers français seraient plus élevés s'il y avait en France moins de travailleurs étrangers ? 16a. A votre avis, faudrait-il fixer le nombre maximum des étrangers autorisés à travailler en France, laisser entrer en France tous les étrangers qui désirent y travailler, ou cela dépend-il des nationalités ? 16b. (Si cela dépend des nationalité») Pour quelles nationalités parmi les suivantes, faudrait-il fixer un nombre maximum ? Espagnols Yougoslaves Portugais Nord-Africains . . . Italiens Africains noirs . . . Turcs Occupent des emplois dont les Français ne veulent pas 1 Concurrencent les Français 2 ? 0 Oui 1 Non 2 ? 0 Fixer un nombre maximum .... Laisser entrer . . . Cela dépend des nationalités . . . 17a. Faudrait-il renvoyer dans leur pays les travailleurs étrangers qui sont arrivés en France sans avoir d'autorisation de travail ? 17b. Et faudrait-il renvoyer dans leur pays les travailleurs étrangers qui n'ont pas d'emploi en France depuis un certain temps ? 18a. Pensez-vous que les conditions de vie des travailleurs étrangers en France sont dans l'ensemble satisfaisantes, insuffisantes ou très insuffisantes ? 18b. Et pensez-vous que les pouvoirs publics en font pas assez, comme il faut ou trop pour les travailleurs étrangers ? 19. A votre avis, est-il préférable que les travailleurs étrangers logent dans des habitations spécialement construites pour eux, ou au contraire, qu'ils soient mélangés à l'ensemble de la population ? Fixer un maximum 1 1 1 1 1 1 1 Laisser entrer 2 2 2 2 2 2 2 ? 0 0 0 0 0 0 0 Oui 1 Non 2 ? 0 Oui 1 Non 2 ? 0 Satisfaisantes .... 1 Insuffisantes .... 2 Très insuffisantes. 3 ? 0 Pas assez 1 Comme il faut ... 2 Trop. 3 ? 0 Logements spéciaux 1 Mélangés à l'ensemble 2 ? 0

À l'égard de l'immigration étrangère

1067

20a. Toujours à votre avis, est-il préférable que les travailleurs étrangers qui sont mariés viennent en France avec leur femme et leurs enfants, ou sans leur famille ? 20b. Pourquoi ? Avec femme et enfants Sans leur famille . 21. Pour les étrangers de chacune des nationalités suivantes, croyez-vous que c'est une chose facile, une chose difficile, ou une chose impossible de s'adapter à la vie française ? {une réponse par ligne) Espagnols .... Yougoslaves . . . Portugais .... Nord-Africains . Italiens Africains noirs . Turcs 22. Et quelle est votre opinion sur chacune des nationalités suivantes, bonne, plutôt bonne, plutôt mauvaise ou mauvaise ? Espagnols Yougoslaves Portugais Nord-Africains . . . Italiens Africains noirs . . . Turcs 23a. Dans une classe, pensez-vous qu'il y a un nombre d'élèves étrangers au- dessus duquel la classe est gênée ou retardée ? (Si oui) A partir de quel nombre pour une classe de 30 élèves ? 23b. Si vous aviez un enfant dans une classe où il y a beaucoup d'enfants étrangers, chercheriez-vous à placer votre enfant dans une autre école ? (Si oui) A partir de combien d'enfants étrangers dans une classe de 30 élèves, chercheriez-vous à placer votre enfant dans une autre école ? Cela dépend 3 ? 0 Facile 1 1 1 1 1 1 1 Difficile 2 2 2 2 2 2 2 Impossible 3 3 3 3 3 3 3 ? 0 0 0 0 0 0 0 Bonne 1 1 1 1 1 1 1 Plutôt bonne 2 2 2 2 2 2 2 Plutôt mauvaise 3 3 3 3 3 3 3 Mauvaise 4 4 4 4 4 4 4 ? 0 0 0 0 0 0 0 Oui 1 Non 2 ? 0 Oui 1 Non 2 ? 0 24a. Pensez-vous que d'une manière générale, les mariages mixtes entre Français et étrangers sont une chose indifférente ou une mauvaise chose ? 1. Dans le cas d'un Français qui épouse une étrangère ? 1. Dans le cas d'un Français qui épouse une étrangère ? 2. Dans le cas d'une Française qui épouse un étranger ? 24b. Pourquoi ? 24c. Plus précisément, avec quels étrangers pensez-vous que des mariages mixtes peuvent être plutôt une bonne chose, et avec quels étrangers plutôt une mauvaise chose ? Espagnols Yougoslaves Portugais Nord-Africains Italiens Africains noirs Turcs rente . se ... 1e cas 1 2 0 2e cas 1 2 0 Mariage mixte bonne chose 1 1 1 1 1 1 1 Mariage mixte mauvaise chose 2 2 2 2 2 2 2 7 0 0 0 0 0 0 0 25. S'il devait y avoir un jour une forte crise de chômage en France, faudrait- il à votre avis, à valeur professionnelle égale, licencier d'abord les étrangers, ou bien licencier indifféremment des Français ou des étrangers, sans tenir compte de la nationalité ? Parmi les personnes inscrites pour obtenir un logement, faut-il à votre avis donner une priorité, à charges de famille égales, aux Français ou au contraire ne pas faire de différence ? 27. D'après vous, les étrangers devraient- ils payer les mêmes impôts que les Français ayant le même revenu, ou bien des impôts plus forts ou moins forts ? Etrangers 1 Indifféremment . . 2 ? 0 Français 1 Pas de différence . 2 ? 0 Moins forts 1 Les mêmes 2 Plus forts 3 ? 0

1068

ATTITUDES DES FRANÇAIS

28a. Est-ce que vous seriez d'accord ou pas d'accord pour qu'on donne aux étrangers résidant en France - Le droit de vote aux élections municipales - Le droit de vote aux élections législatives (élection des députés) .... - Le droit de vote aux élections présidentielles (élection du Président de la République) . . 28b. On a donné récemment aux travailleurs étrangers salariés le droit de voter aux élections pour désigner les représentants du personnel et le droit d'être élus. Estimez-vous qu'il était souhaitable de prendre cette mesure ? 28c. Dans une ville de Belgique, des élections ont été organisées parmi les travailleurs étrangers, pour qu'ils désignent une sorte de Comité, ayant seulement voix consultative sans pouvoir de décision, et qui serait en rapport avec la municipalité. Est-ce que cela vous paraît une bonne chose, une mauvaise chose, ou une chose sans importance ? D'accord 1 1 1 Pas d'accord 2 2 2 ? 0 0 0 Souhaitable 1 Pas souhaitable . . 2 ? 0 Une bonne chose. 1 Une mauvaise cho- chose 2 Unechose sans importance 3 ? 0 29. D'une manière générale, estimez-vous préférable que les travailleurs étrangers qui viennent en France ne restent que quelques années, ou s'installent définitivement ? 30a. Pensez-vous qu'on devrait donner la nationalité française à tous les étrangers vivant en France qui en font la demande ? 30b. (Si non) Devrait-on la donner aux étrangers qui ont vécu un certain temps en France ? 30c. (Si oui à 30b) A partir de combien de temps ? ans 31. Je vous disais tout à l'heure qu'il y a actuellement en France environ 1 étranger pour 13 Français. Est-ce que dans l'ensemble cette proportion vous paraît pas trop élevée ou au contraire trop élevée ? Ne restent que quelquesannées 1 S'installent définitivement 2 ? 3 Oui 1 Non 2 ? 0 Oui 1 Non 2 ? 0 Pas trop élevée ... 1 Trop élevée 2 ? 0 32. La dernière école ou le dernier éta blissement d'enseignement que vous avez fréquenté comme élève ou comme étudiant était-il un établissement : Primaire Primaire supérieur. Technique Commercial Secondaire Supérieur 33a. Avez-vous un ou plusieurs étrangers : — Parmi vos arrière grands-parents. . . — Parmi vos grands-parents — Parmi vos parents — Parmi les autres membres de votre famille 33b. (Si oui à l'une au moins des questions 33a) Donnez quelques précisions (degré de parenté, nationalité) Oui 1 1 1 1 Non 2 2 2 2 34. Homme 1 Femme 2 35. Célibataire 1 Marié(e) 2 Veuf(ve) 3 Divorcé(e) 4 36. Pas d'enfant. ... 1 enfant 2 enfants 3 enfants et plus 37. Département de naissance . 38. Année de naissance . 39. Profession très exacte : Patron 1 Salarié . 40. Profession du chef de famille s'il y a lieu : 41. Résidence habituelle : Patron . 1 Salarié 2 Nom du correspondant : Date de l'interview :

À l'égard de l'immigration étrangère 1069