Comptes rendus
Le nouveau pétrole1
Le terme de « nouveau pétrole » est entré dans l'usage depuis la « crise du pétrole » pour désigner non pas de nouvelles ressources en hydrocarbures, mais les nouvelles conditions d'accès à l'énergie pétrolière. La croissance impressionnante de la consommation d'énergie multipliée par 6 en trente ans (8 milliards de tonnes d'équivalents charbon en 1974) repose essentiellement sur l'utilisation du pétrole : « II n'y a pas dix ans que le pétrole a acquis la première place dans l'approvisionnement énergétique mondial », mais pétrole et gaz naturel représentent actuellement près des deux tiers de la consommation d'énergie. Or, les réserves de pétrole, dans les estimations les plus favorables, s'établissent à 300 milliards de tonnes, celles de charbon à près de 8 000 milliards. Seulement, l'industrie du pétrole et les industries induites ont assuré au cours des dernières décennies, et assurent encore, des activités hautement rémunératrices, des secteurs d'emploi importants (industries automobiles et industries annexes), des rentrées fiscales qui alimentent les budgets nationaux des pays producteurs et des pays consommateurs. En revanche, la consommation du pétrole impose de lourdes charges aux pays importateurs et pèsent sur la balance commerciale.
Les productions cumulées depuis le début de l'exploitation du pétrole s'élevaient, en 1973, à 42 milliards de tonnes. « Les réserves prouvées actuellement représentent un peu plus du double de la production cumulée depuis l'origine » (p. 79), mais la consommation a été multipliée par huit entre 1946 et 1976. Elle a augmenté deux fois plus vite que la consommation totale d'énergie, les Etats-Unis utilisant plus du tiers de la production mondiale de pétrole, l'ensemble des pays industriels près de 90 %.
Les coûts de production, en dépit de progrès techniques spectaculaires — mais requérant en eux-mêmes des investissements de recherche, de fabrication de matériel et de mise en oeuvre considérables — augmentent et augmentent de plus en plus vite dans les nouveaux gisements exploités
1. Michel Grenon, Le Nouveau Pétrole, Préface de Pierre Desprairies, Paris, Hachette, 1975, 315 p. + annexes, nombr. fig. et photogr.
Le nouveau pétrole Le terme de nouveau pétrole est entré dans usage depuis la crise du pétrole pour désigner non pas de nouvelles ressources en hydrocarbu res mais les nouvelles conditions accès énergie pétrolière La crois sance impressionnante de la consommation énergie multipliée par en trente ans milliards de tonnes équivalents charbon en 1974 repose essentiellement sur utilisation du pétrole II pas dix ans que le pétrole acquis la première place dans approvisionnement énergétique mondial mais pétrole et gaz naturel représentent actuellement près des deux tiers de la consommation énergie Or les réserves de pétrole dans les estimations les plus favorables établissent 300 milliards de tonnes celles de charbon près de 000 milliards Seulement industrie du pétrole et les industries induites ont assuré au cours des dernières décen nies et assurent encore des activités hautement rémunératrices des sec teurs emploi importants industries automobiles et industries annexes) des rentrées fiscales qui alimentent les budgets nationaux des pays produc teurs et des pays consommateurs En revanche la consommation du pétrole impose de lourdes charges aux pays importateurs et pèsent sur la balance commerciale Les productions cumulées depuis le début de exploitation du pétrole élevaient en 1973 42 milliards de tonnes Les réserves prouvées actuellement représentent un peu plus du double de la production cumulée depuis origine 79) mais la consommation été multipliée par huit entre 1946 et 1976 Elle augmenté deux fois plus vite que la consomma tion totale énergie les Etats-Unis utilisant plus du tiers de la production mondiale de pétrole ensemble des pays industriels près de 90 Les coûts de production en dépit de progrès techniques spectaculaires mais requérant en eux-mêmes des investissements de recherche de fabrication de matériel et de mise en oeuvre considérables augmentent et augmentent de plus en plus vite dans les nouveaux gisements exploités
COMPTES RENDUS 257
hors du Moyen-Orient. La réduction du coût de transport par oléoducs, supertankers, ne compense que pour une faible part la hausse des prix à la production. Les dépenses en capital varient dans des proportions énormes suivant les gisements : 0,05 dollar par baril dans le Moyen-Orient, 1,30 dollar aux Etats-Unis et au Canada en 1970. Les plafonds sont encore plus élevés pour l'exploitation offshore en mer du Nord. « Des études effectuées en 1973 par la Chase Manhattan Bank, qui fait autorité en matière d'investissements pétroliers, sont arrivés au chiffre de 1 000 milliards de dollars pour les besoins de l'industrie pétrolière du monde non socialiste entre 1971 et 1985, à comparer aux 220 milliards des quinze années précédentes » (p. 204).
Or, au moment même où les compagnies pétrolières ont les plus gros besoins de capitaux pour investir dans la recherche et la mise en état de produire de nouveaux gisements, la politique des pays producteurs retient une part croissante de la valeur marchande du produit. Le chapitre X retrace les étapes successives de l'évolution du marché de production et insiste sur la rapidité avec laquelle se sont effectués les changements. Tous les Etats producteurs ont maintenant leur Compagnie nationale, et certaines d'entre elles passent à l'action extérieure au territoire national, comme la National Iranian Oil C°.
Deux chapitres du livre sont consacrés à la politique pétrolière des Etats-Unis et du Canada d'une part, aux politiques pétrolières en Europe d'autre part. Le gigantisme des cinq « majeurs » internationaux américains reste le symbole de la domination du marché mondial par les « grands américains » : Exxon, Texaco, Gulf, California Standard (Socal), et Mobil : 965 millions de tonnes produites en 1973, 70 % de la production mondiale, à tel point qu'il a réveillé l'attention du gouvernement à l'égard des sociétés monopolistiques. Afin d'échapper à la législation anti-trust, les compagnies pétrolières sont amenées à diversifier leurs activités et leurs opérations sur le marché intérieur, en modulant leurs investissements à l'intérieur du secteur énergétique ou sur le marché international, en apparaissant en partie comme des sociétés de service ou d'engineering. Le Canada, crédité de ressources importantes, encore que l'auteur émette des réserves sur certaines évaluations des possibilités d'exploitation des sables asphalti-ques, cherche à se dégager de l'emprise des sociétés américaines qui détiennent 80 à 90 % du capital des entreprises pétrolières. Le chapitre XIII, consacré aux politiques pétrolières européennes, fait une large place aux pétroles de la mer du Nord, mais les données remontent à 1973 et sont aujourd'hui dépassées.
Le livre s'achève sur l'évocation de quelques perspectives d'orientation des sociétés pétrolières appelées à jouer un jeu nouveau plus serré, et sans doute moins profitable, dans la politique de l'énergie.
Pierre GEORGE
hors du Moyen-Orient La réduction du coût de transport par oléoducs supertankers ne compense que pour une faible part la hausse des prix la production Les dépenses en capital varient dans des proportions énormes suivant les gisements 005 dollar par baril dans le Moyen-Orient 130 dol lar aux Etats-Unis et au Canada en 1970 Les plafonds sont encore plus éle vés pour exploitation offshore en mer du Nord Des études effectuées en 1973 par la Chase Manhattan Bank qui fait autorité en matière inves tissements pétroliers sont arrivés au chiffre de 000 milliards de dollars pour les besoins de industrie pétrolière du monde non socialiste entre 1971 et 1985 comparer aux 220 milliards des quinze années précéden tes 204) Or au moment même où les compagnies pétrolières ont les plus gros besoins de capitaux pour investir dans la recherche et la mise en état de produire de nouveaux gisements la politique des pays producteurs retient une part croissante de la valeur marchande du produit Le chapitre retrace les étapes successives de évolution du marché de production et insiste sur la rapidité avec laquelle se sont effectués les changements Tous les Etats producteurs ont maintenant leur Compagnie nationale et certai nes entre elles passent action extérieure au territoire national comme la National Iranian Oil Deux chapitres du livre sont consacrés la politique pétrolière des Etats-Unis et du Canada une part aux politiques pétrolières en Europe autre part Le gigantisme des cinq majeurs internationaux américains reste le symbole de la domination du marché mondial par les grands américains Exxon Texaco Gulf California Standard Socai) et Mobil 965 millions de tonnes produites en 1973 70 de la production mondiale tel point il réveillé attention du gouvernement égard des socié tés monopolistiques Afin échapper la législation anti-trust les compa gnies pétrolières sont amenées diversifier leurs activités et leurs opéra tions sur le marché intérieur en modulant leurs investissements inté rieur du secteur énergétique ou sur le marché international en apparais sant en partie comme des sociétés de service ou engineering Le Canada crédité de ressources importantes encore que auteur émette des réserves sur certaines évaluations des possibilités exploitation des sables asphalti- ques cherche se dégager de emprise des sociétés américaines qui détien nent 80 90 du capital des entreprises pétrolières Le chapitre XIII consacré aux politiques pétrolières européennes fait une large place aux pétroles de la mer du Nord mais les données remontent 1973 et sont hui dépassées Le livre achève sur évocation de quelques perspectives orientation des sociétés pétrolières appelées jouer un jeu nouveau plus serré et sans doute moins profitable dans la politique de énergie Pierre GEORGE