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Le nationalisme arabe

[article]

Année 1957 22-6 pp. 665-670

Metellus -. Le nationalisme arabe. In: Politique étrangère, n°6 - 1957 - 22ᵉannée. pp. 665-670.

DOI : https://doi.org/10.3406/polit.1957.2465

www.persee.fr/doc/polit_0032-342x_1957_num_22_6_2465

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avoir obtenu son indépendance en 1922, elle s'efforçait de la parachever en obtenant l'évacuation des troupes britanniques, et de récupérer le Soudan qui lui avait appartenu autrefois.

Pourtant l'idéal d'unité qui avait été celui de la révolte arabe était resté après son échec l'idéal commun, l'Egypte y étant cette fois associée ; dans chacun des nouveaux Etats, les partis qui s'étaient créés en vue de participer à la lutte pour les objectifs nationaux immédiats gardaient toujours comme but théorique lointain cet idéal unitaire. Mais cette fois, l'obstacle principal à sa réalisation était non plus les Turcs, mais les Occidentaux ; de la désillusion ressentie par les patriotes arabes était née une méfiance à l'égard de la France et de la Grande-Bretagne qui ne devait plus disparaître, mais bien plutôt s'accroître et donner naissance à une xénophobie généralisée.

En même temps les Chrétiens qui avaient été les promoteurs de la nahda par un désir d'émulation avec l'Occident (avec lequel ils entretenaient de longue date des relations) devinrent suspects aux yeux des nationalistes arabes : ceux-ci en vinrent à identifier de plus en plus leur lutte contre les puissances protectrices ou mandataires avec une attitude de défense de l'Islam contre le prosélytisme chrétien, ou ce qu'ils se plurent à appeler le matérialisme occidental. L'idéal panislamique, qui reprenait l'essentiel des thèses modernistes prêchées quelques décades auparavant par Afghani, Rachid Rida, et Mohammed Abdo, devait d'ailleurs connaître un renouveau après la première guerre mondiale, avec la création de la Confrérie musulmane par le Cheikh Banna.

Il apparut bientôt toutefois que les dirigeants des nouveaux Etats arabes étaient portés à se faire les défenseurs des intérêts particuliers de leur propre pays, et, dans les pays monarchiques, de ceux des dynasties. Il en résulta une lutte pour la suprématie entre les divers pays arabes qui ne fit que s'accentuer lorsqu'après la première guerre mondiale, la plupart des Etats arabes du Proche-Orient eurent accédé à des formes d'indépendance plus ou moins complètes ; ainsi la Ligue Arabe, au lieu de réaliser l'union de ses membres, leur servit de champ clos, Séoudiens et Egyptiens s'attachant à faire échec aux ambitions des Hachémites. Le désastre que les pays de la Ligue subirent en Palestine en 1948 sembla à tous les patriotes la conséquence de ces errements et catalysa en quelque sorte le sentiment nationaliste arabe, provoquant une série de bouleversements qui ne semblent pas encore achevés.

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