/306 l'empereur anastase
on élut Euphemius, un syrien d'Apamée, qui dirigeait un hospice aux environs de Constantinople. Euphème était un partisan ('(invaincu du concile de Chalcédoine. Du reste, il s'en fallait de beaucoup que les gens de Constantinople fussent, dans la question débattue, au même point que ceux d'Alexandrie. Le concile n'avait pas déposé leur patriarche ; loin de là, on y avait officiellement reconnu leur patriarcat. Si l'attachement que quelques-uns conservaient à Entyoliès,- l'influence plus lointaine des Apollinaristes, la propagande toujours active des Alexandrins, maintenaient dans la capitale quelques sympathies pour le dogme de la nature unique, l'ensemble de la population tenait pour la doctrine du gouvernement, appuyée sur les lieux par le patriarche, fomentée par quelques monastères pleins de zèle, autorisée de loin par le patronage du pape de Rome. L'Hénotique était considéré comme un document qui regardait les Egyptiens, une concession de forme qu'on faisait à ces enragés, comme, à la frontière de leur pays, on faisait aux Blemmyes la gentillesse de leur tenir ouvert un temple d'Isis1. Mais, pour les gens sages de Constantinople, la règle doctrinale, c'était toujours le concile de Chalcédoine et les déterminations du pape Léon.
Le patriarche Euphème était dans ces sentiments : il les exposa même au pape Félix et appuya cette démarche de manifestations très significatives : il refusa la communion de Pierre, effaça son nom des diptyques et menaça ses envoyés. Il parlait même de lui faire son procès, lorsque Pierre mourut à son tour. Son successeur Athanase II et les patriarches alexandrins qui vinrent après lui maintinrent exactement son attitude : acceptation de l'Hénotique pour la forme, hostilité décidée contre le concile.
On espérait à. Constantinople que le pape Félix, à qui les dispositions d'Euphème ne pouvaient qu'être agréables, se mettrait résolument de son côté et l'aiderait à lutter contre l'opposition égyp-
1 Letronne, Mévi. de V Acaâ. des inscr., t. X, p. 168: cf. Duchesne... JiJglises séparées, p. 289.

















