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1. L'offre d'insertion pour les chômeurs de longue durée
Les chômeurs de longue durée sont devenus la priorité des politiques de l'emploi dans la seconde moitié des années quatre-vingt. Pour ces «publics en grandes difficultés», deux grands types d'actions ont été privilégiés: des stages de formation pour agir sur l'employabilité et des contrats de travail spécifiques relevant surtout du secteur non-marchand et de l'insertion par l'économique. Instaurés en 1990, les contrats emploi- solidarité (CES) peuvent être signés par des collectivités territoriales, des établissements publics, des associations. Le dispositif a été complété en 1992 par les contrats emplois consolidés pour les personnes sans emploi à l'issue de leur CES. Les emplois-jeunes constituent aujourd'hui le troisième type important de contrats du secteur non-marchand. Dans les trois cas, la localisation des offres dépend de celles des signataires potentiels.
- Les atouts des villes
Les logiques de polarisation et de concentration des activités de services dans les grandes villes s'imposent aux activités d'insertion. Ainsi, en janvier 1995, Rennes regroupe 46% des employeurs de Contrats emploi- solidarité dans la zone d'emploi de Rennes et toutes les communes du district embauchent des personnes en contrats emploi-solidarité contre seulement 54% des communes de la zone d'emploi hors district (Eydoux, 1995). A cet avantage quantitatif, la grande ville ajoute l'atout qualitatif, c'est-à-dire la diversité de l'offre d'activités d'insertion tant dans les structures d'insertion par l'économique que dans les activités de type social ou culturel (en janvier 1995, les organismes rennais qui disposent des plus gros effectifs de CES sont la Ville de Rennes [172], le Conseil général [134], le Centre hospitalier régional [109] et le Centre hospitalier spécialisé [84]; l'Université Rennes 2 compense son sous-encadrement en personnel IATOS [279 postes] par le recrutement de plus de 100 CES). Dans les communes hors district, les principaux employeurs sont les mairies et les écoles primaires pour des activités d'entretien des locaux, de la voirie, des espaces verts ou d'espaces naturels: les mairies représentent 47% des employeurs de personnes en Contrats emploi-solidarité dans les communes de la zone d'emploi de Rennes hors district contre seulement 10% dans les communes du district.
- Les «nouveaux services», signe de vitalité des campagnes
Cette concentration urbaine de l'offre d'insertion peut paraître répondre à l'inégale densité des besoins. Les situations de chômage de longue durée n'en sont pas moins réelles en milieu rural où les acteurs de l'insertion sont, comme ceux des villes, confrontés au chômage et aux difficultés



















